Depuis cent quarante ans, le Passage du Nord voit défiler navetteurs, chineurs et amateurs de dentelle de fer. Le 21 août prochain, il connaîtra, pour la première fois, quelque chose qu’il n’avait jamais eu : des convives qui prennent le temps de s’asseoir.
Le choix du lieu n’a rien d’anodin. Le Passage du Nord porte plus d’un siècle d’histoire, bien loin d’une verrière anonyme repêchée pour l’occasion. Construite en 1881 par l’architecte Henri Rieck, cette galerie doit son existence aux grands travaux de voûtement de la Senne, qui transforment alors le centre de Bruxelles et donnent naissance aux boulevards actuels. Ses trente-deux cariatides, ses lampadaires en fonte et sa passerelle centrale viennent d’ailleurs de retrouver leur lustre d’origine au terme d’une longue campagne de restauration, dômes de toiture compris. Dresser une table unique dans cette rue couverte pensée pour qu’on la traverse sans s’y arrêter, c’est donc la détourner, pour une nuit, de tout ce pour quoi elle a été pensée.
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Aux commandes : David-Alexandre Bruno, jeune chef de l’année
Un chef qui connaît son sujet mieux que quiconque pour l’occuper une soirée. Originaire des Hautes Fagnes, il fait ses classes chez Charmes-Chambertin puis à l’Héliport, seul restaurant étoilé de Liège à l’époque, avant de rejoindre en 2013 les cuisines du Comme Chez Soi, où il reste trois ans. Direction ensuite le Beluga à Maastricht, deux étoiles Michelin, puis La Ligne Rouge, à qui il offre sa première étoile en 2018. Depuis, il a posé ses couteaux à Quartz, où sa cuisine, saluée l’an dernier comme l’une des révélations bruxelloises du guide jaune, mise sur la saison et le produit belge. Plutôt que de transposer une carte existante, il a conçu un menu pensé dès le départ pour l’atmosphère, le rythme et l’architecture si particulière du Passage.
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Le programme de la soirée
Sur le plan pratique, l’expérience se déroulera en quatre actes et démarrera à vingt heures avec un verre de bienvenue et une première rencontre avec les lieux, avant que le dîner ne s’ouvre à vingt heures quarante-cinq précises. Quatre services se succèdent ensuite, chacun accompagné d’une sélection de boissons alcoolisées et sans alcool, la musique et l’architecture évoluant de concert avec l’assiette jusqu’au dernier service.
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Le principe de +table, ne jamais dîner deux fois au même endroit
Derrière cette soirée se cache un projet porté par Julien Loriers, figure connue de l’événementiel. Sa toute première table, dressée en 2022 sur cinq soirs dans un penthouse de l’avenue de la Toison d’Or, surplombait alors l’actuel Apple Store, préfigurant ce qui deviendra la marque de fabrique du collectif : ne jamais dîner deux fois dans un lieu qui a déjà trouvé sa vocation définitive.
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+table a depuis posé sa nappe dans la centrale Volta, ancienne usine électrique de 1914 promise à devenir WATT Bruxelles, où le chef Hadrien de Vaucleroy officiait avant d’ouvrir son propre restaurant, Batch. Le collectif s’est aussi glissé dans un parking du quartier du Cinquantenaire quelques mois avant que les lieux ne se transforment en salle de sport branchée, puis plus récemment sur les quais du Port de Bruxelles, là où doit bientôt ouvrir un espace événementiel baptisé Flow. Même logique côté chefs : le collectif invite des noms sans adresse fixe à Bruxelles, qu’ils soient installés à l’étranger comme le Parisien Julien Sebbag ou qu’ils portent déjà une étoile Michelin comme Mallory Gabsi.
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Pour cette sixième escale, comptez cent cinquante euros par convive, tout compris. Les places se réservent via Eventbrite, et les informations pratiques sont disponibles auprès de l’équipe à l’adresse hello@plustablebrussels.com ou sur le compte Instagram du collectif.