Conçu par l’entreprise pharmaceutique américaine Eli Lilly, ce traitement, qui se prend sous forme d’injection une fois par semaine, intrigue les scientifiques par son mode d’action inédit et ses premiers résultats. pour l’instant, cette molécule est encore en phase de test et non disponible en pharmacie. Le moment parfait pour poser les choses à plat, et regarder ce que dit vraiment la science, avec un peu de recul et beaucoup de prudence.
Comment ça marche ? La stratégie des “trois hormones”
Pour comprendre ce traitement, il faut savoir que notre corps produit naturellement des hormones pour réguler l’appétit, la sensation de satiété et la façon dont nous brûlons l’énergie. Alors que les traitements actuels imitent une seule hormone (comme l’Ozempic) ou deux hormones (comme le Mounjaro), le rétatrutide va plus loin en imitant trois hormones en même temps :
- Le GLP-1 : il diminue l’appétit et aide à réguler le sucre dans le sang.
- Le GIP : il agit lui aussi sur la satiété et le sucre.
- Le glucagon : c’est la nouveauté de ce produit. Cette hormone augmente la dépense énergétique du corps et pousse l’organisme à brûler ses graisses stockées, notamment celles logées dans le foie.
En combinant ces trois actions, le médicament cherche à la fois à réduire la sensation de faim et à forcer le corps à brûler plus de calories.
Que disent les premières études ?
Les résultats des essais cliniques menés jusqu’ici proviennent de recherches menées sur plusieurs centaines de patients et publiées dans des revues médicales réputées. Parmi les premiers résultats ? Une étude datant de 2023 et menée sur 338 adultes souffrant d’obésité ou de surpoids (mais sans diabète) a montré qu’après 48 semaines de traitement à la dose la plus forte, les participants avaient perdu en moyenne 24,2 %de leur poids de départ.
Une nouvelle étude menée fin 2025 sur 445 personnes souffrant d’obésité et d’arthrose du genou a montré quant à elle une perte de poids moyenne de 28,7 % après 68 semaines de traitement. Les participants ont également rapporté une diminution très nette de leurs douleurs aux genoux.
Sur le diabète de type 2, une autre étude a montré une perte de poids de 16,8 % chez des patients diabétiques, en plus d’une nette amélioration de leur taux de sucre dans le sang. D’autres recherches sont toujours en cours pour voir si ce traitement peut aider à soigner d’autres problèmes de santé liés au poids, comme le foie gras ou l’apnée du sommeil.
Quels sont les effets secondaires observés ?
Comme tous les médicaments de cette famille, le rétatrutide entraîne des effets indésirables, souvent liés à la digestion, qui font l’objet d’une surveillance attentive. Parmi eux, et les plus fréquents : les troubles digestifs. Dans les études, les nausées ont touché environ 43 % des patients à la dose maximale. Les vomissements (21 %) et les diarrhées (33 %) sont aussi courants. Ces effets apparaissent surtout au début, lorsque l’on augmente progressivement les doses, et restent généralement légers à modérés.
Au effet secondaire, une sensation cutanée bizarre (la dysesthésie). Environ 21 % des patients prenant la dose maximale ont ressenti de légers picotements, engourdissements ou sensations de brûlure sur la peau. Cet effet n’est pas propre au rétatrutide, on le retrouve aussi avec d’autres traitements similaires à forte dose.
Les médecins ont également noté une légère accélération des battements du cœur (environ 6 à 7 battements de plus par minute), qui finit par s’estomper avec le temps. En raison des différents effets secondaires listés, environ 18 % des participants de l’étude sur l’arthrose ont préféré arrêter le traitement en cours de route.
Quand le rétatrutide sera-t-il disponible ?
À l’heure actuelle, le rétatrutide est un médicament expérimental. Cela signifie qu’il n’est pas approuvé par les autorités de santé et qu’il est impossible de se le faire prescrire.
Le laboratoire Eli Lilly prévoit de déposer son dossier de demande d’autorisation auprès des autorités américaines (la FDA) à la fin de l’année 2026. Si le dossier est accepté, le médicament pourrait commencer à être disponible aux États-Unis d’ici 2027 ou 2028. Pour l’Europe et la France, le calendrier est souvent un peu plus long en raison des examens supplémentaires de nos agences de santé et des discussions sur le prix de remboursement.
Aussi, parce que ce médicament fait parler de lui, certains sites internet frauduleux en profitent pour vendre de faux produits sous des noms comme “peptides de recherche”. Les autorités sanitaires rappellent qu’il est extrêmement dangereux d’acheter ces produits en ligne. N’étant pas contrôlés, ils peuvent être totalement inefficaces ou, pire, contenir d’autres substances comme de l’insuline mal dosée, ce qui peut provoquer des malaises graves. Pour toute démarche de perte de poids, il est indispensable de consulter son médecin et de s’en tenir aux traitements officiellement autorisés et contrôlés.