Au cœur de la capitale française, Bazurto ne se contente pas d’être une adresse tendance: c’est une adresse qui vibre, qui crépite et qui raconte une histoire. Celle de Juan Arbelaez, chef franco-colombien au tempérament solaire, que le grand public a découvert en 2012 dans la saison 3 de Top Chef. Un passage télévisé marquant, qui a révélé un cuisinier instinctif, souriant, mais déjà profondément habité par une cuisine de feu et de partage.
Des fourneaux étoilés à une signature personnelle
Avant Bazurto, le parcours de Juan Arbelaez s’est construit entre rigueur française et racines latino-américaines. Formé dans de grandes maisons parisiennes, notamment auprès de Pierre Gagnaire, le chef a affiné une technique solide tout en cultivant une approche libre et décomplexée de la gastronomie. Après son passage remarqué sur M6, il trace sa route sans jamais se laisser enfermer dans une image médiatique, multipliant les projets personnels et les ouvertures d’adresses où l’émotion prime toujours sur le formalisme.
Bazurto est sans doute l’une des expressions les plus personnelles de son univers. Situé rue de l’Ancienne Comédie, le lieu propose une immersion directe entre Paris et Bogotá, avec le feu comme fil rouge. Le restaurant se déploie en deux espaces distincts mais complémentaires : un bar brut et vibrant, où l’on partage tapas et cocktails, et une salle plus feutrée, pensée comme un cocon pour les amateurs de viandes d’exception.
Le feu, symbole et matière première
La flamme est ici bien plus qu’un mode de cuisson : c’est une signature. Les viandes, sélectionnées avec exigence, passent par une cave de maturation avant d’être cuites à la braise. Côte de bœuf sélection Bazurto, tomahawk normand ou L-Bone maturé trois semaines : chaque pièce révèle une profondeur de goût et une puissance maîtrisée, sublimées par la cuisson au grill Josper, véritable signature de la maison. Ici, le feu ne masque rien, il révèle.
Dans l’assiette, l’esprit est au partage et à la générosité. Tostadas punchy, croquetas addictives, tartares percutants : tout invite à goûter, à échanger, à vivre le repas comme un moment collectif.
Côté bar, Bazurto revendique haut et fort son ADN latino-américain. Tequila, mezcal et pisco s’invitent dans des cocktails créatifs. Le Primavera, mariage de rhum, coco et liqueur de café, ou le Coco Cali, aux notes de vanille et de fruit de la passion, côtoient des créations plus audacieuses, comme ce cocktail à la Tequila Altos relevé de jalapeño. Des verres pensés comme des voyages, à l’image de la cuisine du chef.
Bazurto prend de l’altitude à Tignes
Fort de son succès parisien, Bazurto s’installe à Tignes et prend ici des airs de fête. On y retrouve la même énergie : une cuisine au feu, des cocktails et une ambiance chaleureuse, mais avec des plats montagnards en plus, pensée comme un refuge après-ski. Une belle manière pour Juan Arbelaez de partager son univers, avec cette fois-ci une touche alpine.
À Paris comme à la montagne, Bazurto s’impose donc comme plus qu’un restaurant: une expérience. Celle d’une cuisine sincère portée par un chef qui n’a jamais perdu de vue l’essentiel, celui du plaisir et du partage.