Delacre & Kenzo Takada: la boîte de biscuits à croquer

Mis à jour le 11 octobre 2018 par Laurence Donis
Delacre & Kenzo Takada: la boîte de biscuits à croquer

Quand une boîte de biscuits est pimpée par le grand Kenzo Takada pour la bonne cause, impossible de résister. Le nom de la collection ? « Lost in jungle paradise ». Des écrins haute couture qu’on s’empresse de collectionner…

Si la collab’ Delacre & Kenzo Takada est née, c’est grâce à Tina Kieffer qui s’est démenée. Le genre de femme qui a eu mille vies, le role model qu’on devrait présenter à toutes les petites filles. La journaliste française a travaillé comme directrice des rédactions chez « Marie Claire » pendant dix ans, avant qu’un voyage au Cambodge ne vienne tout chambouler. Venue apporter des vêtements dans un orphelinat, elle tombe sur une petite fille malade, Chandara. Elle décide de l’adopter, alors qu’elle a déjà quatre enfants. Dans la foulée, elle quitte son job confortable et les fashion weeks pour se consacrer à l’association qu’elle a créée en 2006, Toutes à l’école. 

« Je ne pouvais pas faire les deux à 100 %. On a créé un établissement pilote près de Phnom Penh pour offrir une scolarité de haut niveau à 92 petites Cambodgiennes. Aujourd’hui, elles sont 1.300 et c’est devenu un vrai campus. On a aussi un gymnase, un centre de formation professionnel, un centre médico-social ou encore un planning familial », raconte-t-elle. « Les filles sont impressionnantes. On les voit arriver avec leur pyjama troué, elles finissent par parler français et anglais couramment, elles remportent des concours et ont une niaque incroyable. Quand elles reçoivent un Zola, elles sont ébahies. Ma fille de 16 ans, c’est quasiment impossible de lui faire lire un livre. (rires) » 

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Kenzo Takada et Tina Kieffer

Pour apporter des fonds à l’association, Tina Kieffer collabore avec Delacre depuis 2013. Chaque année, un créateur décore bénévolement la boîte de biscuits iconique. Après les éditions limitées à croquer de Christian Lacroix ou de Serge Bensimon, c’est au tour du grand Kenzo Takada de nous aiguiser l’appétit. Résultat ? Une collection canon, déclinée en dix versions. Son nom, « Lost in jungle paradise », fait référence aux débuts du styliste japonais : sa première boutique s’appelait « Jungle Jap ». « J’ai travaillé toute ma vie autour du concept de la jungle. J’ai été influencé par cette thématique lorsque j’ai vu le tableau “Le Rêve” d’Henri Rousseau », explique-t-il. « L’idée de cette collection, c’était de créer une esthétique qui a du sens mais aussi de faire rêver, voyager. » Pari réussi. Ici, léopards, éléphants et orchidées s’entremêlent dans une explosion de couleurs. 

Et rien n’a été laissé au hasard : « Les décors ont été dessinés à la main, on a retravaillé les couleurs plusieurs fois et on a modifié le placement de chaque élément pour atteindre le résultat souhaité. C’était un travail de longue haleine mais on a pris énormément de plaisir. » Kenzo Takada explique qu’il a directement accepté de participer au projet. « L’éducation est primordiale, elle ouvre toutes les portes et permet de réaliser ses rêves. C’est important d’aimer ce que l’on fait et d’établir des buts dans sa vie. J’ai grandi au Japon, dans une période très grise d’après-guerre. Les couleurs et la joie, je les trouvais dans les magazines et les films. J’ai su très jeune que j’avais un intérêt particulier pour la mode, mais ce domaine était réservé aux femmes », raconte-t-il.

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« Ça ne m’a pas empêché de persévérer. Lors de ma première année d’université, j’ai découvert que le Bunka Fashion College ouvrait ses portes aux hommes. J’ai tout de suite envoyé ma candidature, contre l’avis de mes parents, et j’ai été pris. Dès que j’avais du temps libre, je travaillais pour payer mes études. Plus tard, j’ai atteint mon objectif en venant à Paris. Je devais rester six mois, j’y suis toujours aujourd’hui... » Pour aider les Cambodgiennes à poursuivre, elles aussi, leurs rêves, on file se procurer une boîte Delacre. 100.000 euros seront reversés à l’association Toutes à l’école. Well done ! 

Infos pratiques : boîtes Delacre & Kenzo Takada disponibles d’octobre à décembre. 8,49 € pour les 400 g de biscuits, 12,99 € pour un kilo. 

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