2026 marque l’année Frida Kahlo. Une affirmation qui peut surprendre, sachant que l’artiste nous a quittés il y a septante ans. Et pourtant, elle est partout. Expositions, opéra, série dramatique en préparation : son œuvre et sa relation tumultueuse avec Diego Rivera reviennent sur le devant de la scène.
La peintre mexicaine Frida Kahlo (1907-1954) reste l’une des artistes les plus emblématiques de l’histoire. Ses autoportraits, à la fois puissants et vulnérables, explorent la douleur, l’identité et la féminité en faisant de son propre corps et de sa vie le cœur de son travail. Une œuvre indissociable de sa souffrance physique, conséquence d’un grave accident de bus dans sa jeunesse, mais aussi de sa relation intense avec le muraliste Diego Rivera, à la fois muse, partenaire et opposé.
Aujourd’hui, Kahlo incarne bien plus qu’une artiste : elle est devenue un symbole d’autonomie, de résilience et de force féminine. L’intérêt renouvelé qu’elle suscite en 2026 en est la preuve. Ce regain a été amorcé fin 2025, lorsque son autoportrait El sueño (La cama) a été adjugé 54,7 millions de dollars chez Sotheby’s à New York — un record absolu pour une artiste féminine. Une vente qui confirme le statut iconique de Kahlo et la pérennité de sa popularité.
Des expositions majeures aux États-Unis et au Royaume-Uni
Le Museum of Fine Arts de Houston a ouvert le bal avec Frida: The Making of an Icon, première grande exposition consacrée à la construction de son statut d’icône mondiale et à son influence sur toute une génération d’artistes.
Cet été, l’exposition se poursuit au Tate Modern de Londres, où plus de trente autoportraits sont réunis. On y découvre les multiples facettes de Kahlo : épouse, intellectuelle, artiste moderne et activiste politique. Vêtements, bijoux, photographies et objets personnels viennent enrichir ce portrait en offrant un regard plus intime sur la femme derrière l’œuvre.

Frida Kahlo (mexicaine, 1907–1954), Sans titre [Autoportrait au collier d’épines et colibri], 1940. Huile sur toile, montée sur panneau. Collection Nickolas Muray d’art mexicain, 66.6. Harry Ransom Center.
Série Netflix en préparation
Ce retour en force n’a pas échappé à Netflix. La plateforme a annoncé en mars une série dramatique consacrée à la relation passionnée entre Kahlo et Rivera, réalisée par Patricia Riggen et Gabriel Ripstein, et inspirée du travail de l’autrice Claire Berest. Le projet promet un récit intime et politiquement engagé, raconté du point de vue de Kahlo. La date de sortie reste encore inconnue.
Pour les plus impatients, une autre expérience est prévue sur grand écran. Le 30 mai, Kinepolis diffusera en direct depuis le Metropolitan Opera de New York El Último Sueño de Frida y Diego. Cette œuvre de la compositrice Gabriela Lena Frank, sur un livret du lauréat du prix Pulitzer Nilo Cruz, met en scène une Frida — incarnée par la mezzo-soprano Isabel Leonard — revenant du monde des morts, le temps du Jour des Morts, pour retrouver Diego, interprété par le baryton Carlos Álvarez. Les deux amants y revivent leur relation avant de se dire adieu une dernière fois.
Si l’œuvre de Kahlo continue de résonner aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Les questions d’identité, de corps et d’autonomie qu’elle explorait restent, plus que jamais, d’actualité.