Ils viennent de Namur, d’Anvers, de Bruxelles. Ils font de la pop, du rap ou de l’instrumental. Ils ne se connaissaient pas. BASE les a réunis autour de Camille Yembe avec une idée : créer un morceau ensemble, sans mode d’emploi. De cette rencontre est né Tout est facile. Un titre collectif qui raconte une génération habituée à se frayer son propre chemin.
« Une génération qui fait avec ce qu’elle a. » En quelques mots, Lesley, auteure-compositrice-interprète et rappeuse originaire de Namur, résume assez bien l’esprit de la Génération Débrouille. Pas une génération qui prétend que tout est simple. Mais une génération qui compose avec les moyens du bord, teste, recommence et finit souvent par inventer sa propre manière de faire. Dans la musique, cette débrouillardise est devenue presque une seconde nature. Originaire de Bruxelles, Bruant en sait quelque chose. Le trio instrumental, formé autour d’Antoine, Baptiste et Carla, mélange électronique et rock. Mais aujourd’hui, être musicien ne signifie plus seulement faire de la musique. « On doit être compositeur, manager, booker, communicant… tout ça en même temps », raconte Antoine. Dix années de conservatoire ne préparent pas forcément à faire du contenu sur les réseaux sociaux ou à négocier une date. « Si on veut en vivre, on doit forcément devenir artiste-entrepreneur. » C’est précisément cette capacité à s’adapter que BASE a voulu mettre au centre de son initiative Génération Débrouille. L’idée : ne pas simplement raconter une génération inventive, agile et habituée à trouver ses propres solutions, mais lui donner un terrain concret pour créer, se rencontrer et gagner en visibilité. La marque a donc choisi de transformer son rôle de facilitatrice de connexions en véritable dispositif artistique : lancer un appel ouvert, faire émerger de nouveaux talents et provoquer une collaboration qu’ils n’auraient probablement jamais pu organiser seuls. Résultat : plus de 700 artistes répondent à l’appel. Trois projets sont retenus : Lesley, RAPHA et BRUANT. Leur point commun ? Peu de choses sur papier. Et c’est tout l’intérêt. Ils rejoignent Camille Yembe en studio avec deux jours devant eux pour créer l’hymne de la Génération Débrouille.

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La débrouille comme capacité à créer des opportunités
Les premières heures tâtonnent. RAPHA s’en souvient. Un premier morceau est travaillé presque toute la journée avant que le groupe se rende à l’évidence : ce ne sera pas celui-là. Il faut repartir à zéro. « On a commencé le deuxième morceau vers 19 heures. Et là, tout est devenu limpide. » Chez BRUANT, même souvenir d’ascenseur émotionnel. Des essais. Des erreurs. Des questions. Comment préserver son identité lorsque six personnes viennent d’univers différents ? Comment ne pas fabriquer un morceau tiède à force de vouloir satisfaire tout le monde ? « Ça ne s’est pas fait en dix minutes », reconnaît le groupe. Mais personne ne pousse derrière la porte du studio. « On nous disait : prenez votre temps, essayez, trompez-vous. » Pour Camille Yembe, le risque est réel. Elle est la tête d’affiche du projet, celle pour qui plus de 700 artistes ont postulé avec l’espoir de partager un morceau avec elle. En acceptant la campagne, elle choisit pourtant de sortir de son cadre habituel et de créer avec des talents qu’elle ne connaît pas encore. Sa principale crainte ? L’humain. « Faire une chanson avec quelqu’un, c’est très intime. Parfois, humainement, ça ne passe pas. » Il fallait donc accepter de lâcher prise, de confronter son univers à ceux des autres et de faire confiance à la rencontre. Puis quelque chose s’aligne. Lesley trouve sa place dans l’écriture, RAPHA apporte sa couleur pop et anglophone, BRUANT installe sa matière instrumentale. « Le meilleur moment, c’est quand j’ai commencé à voir que tout s’emboîtait », raconte Camille. Puis le cercle s’élargit encore. Plus de mille voix viennent rejoindre le morceau. Le public n’est plus spectateur : il entre littéralement dans la chanson.

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Le titre ? Tout est facile. Plus qu’un son, l’hymne de la Génération Débrouille
Camille sourit. « Quand on écoute le morceau, il raconte tout sauf que tout est facile. » Le titre dit plutôt l’envie d’avancer malgré les obstacles. « Parfois, il faut savoir prendre des risques pour obtenir ce que l’on veut vraiment. » Elle en sait quelque chose. Avant de vivre de sa musique, Camille enchaîne les petits boulots. Le jour où elle quitte le dernier, son patron la raccompagne jusqu’à la grille et lui dit : « T’es folle. » Deux ans et demi plus tard, elle vit de son art. C’est aussi ce qui l’a convaincue de participer au projet BASE. « J’ai été cette personne qui aurait voulu avoir ce genre d’opportunité. » Aujourd’hui, elle peut à son tour ouvrir une porte. Pour Lesley, ce type d’initiative permet justement « d’aller toucher quelque chose de plus grand » sans perdre son identité. Au fond, Tout est facile raconte que la débrouille, ce n’est pas réussir seul. C’est savoir saisir les opportunités, provoquer les rencontres, tenter, se tromper et finir par trouver le bon accord.
La chanson est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Plus d’informations sur base.be/toutestfacile.
Cet article a été rédigé en étroite collaboration avec BASE.