À deux mois de sa sortie, son teaser a même dépassé les 15 millions de vues en une semaine. Publié en 2018, le roman de Valérie Perrin s’est écoulé à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde et a déjà connu une seconde vie sur scène, avec plus de 600 représentations annoncées pour son adaptation théâtrale. Le 9 décembre prochain, il arrivera pour la première fois au cinéma.
Le pitch ? Violette Toussaint, la quarantaine, est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Dans sa loge, elle écoute les visiteurs, sert du café, recueille les chagrins et mène une existence en apparence tranquille au milieu des morts. Jusqu’à l’arrivée de Julien Seul, policier venu déposer les cendres de sa mère sur la tombe d’un homme qu’elle aimait. En remontant le fil de cette histoire, il finit aussi par réveiller celle de Violette, bien moins paisible qu’elle n’en a l’air.
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Jean-Pierre Jeunet, mais sans refaire Amélie Poulain
C’est l’une des premières raisons pour laquelle le film est tant attendu : Jean-Pierre Jeunet n’avait plus sorti de long métrage au cinéma depuis… treize ans. Depuis L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet en fait. Entre temps, il a bien réalisé BigBug pour Netflix, mais Changer l’eau des fleurs consacre son vrai retour en salles.
Un choix de réalisateur plutôt logique, puisque chez l’autrice Valérie Perrin comme chez Jeunet, on trouve le même goût pour les personnages un peu de traviole, pour les petits détails qui finissent par raconter une vie entière et cette façon de distiller de la fantaisie là où on ne l’attend pas. Un cimetière, du deuil, un enfant disparu, difficile de faire plus léger.
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Le réalisateur a d’ores et déjà prévenu qu’il ne comptait pas nous pondre un remake du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Il a plutôt évoqué une émotion proche d’Un long dimanche de fiançailles, portée par une identité visuelle forte destinée à donner corps à l’univers du roman. Présenté en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême, le film a justement été saluée pour son esthétique, la profondeur de ses personnages et la bande originale orchestrale signée Saycet.
Comment Leïla Bekhti a décroché le rôle
Pour la petite anecdote, c’est en regardant Leïla Bekhti dans Hot Ones que Jeunet l’a choisie pour le rôle de Violette. Kyan Khojandi lui demande alors de réciter une recette de lasagnes tout en pleurant sur commande. Elle s’exécute.
Le choix est moins absurde qu’il n’y paraît. Violette est précisément un personnage construit sur ce grand écart permanent entre quotidien trivial et douleur intime, capable de parler de fleurs ou de café tout en portant un passé beaucoup plus lourd. Bekhti est entourée d’un casting suffisamment costaud pour entretenir l’attente : Matthias Schoenaerts, Melvil Poupaud, Anouk Grinberg, Alban Lenoir, Sergio Castellitto, mais aussi la jeune Élodie Batard Gaultier. Pour le public belge, la présence de Schoenaerts ajoute évidemment un petit intérêt maison.
Un teaser déjà vu plus de 15 millions de fois
Selon StudioCanal, le premier teaser a dépassé les 15 millions de vues sur les réseaux sociaux en une semaine, ce que le distributeur présente comme le meilleur lancement jamais enregistré pour le teaser d’un film français. Une donnée purement promo, certes, mais suffisamment inhabituelle pour montrer que le public est déjà là, deux mois avant la sortie.
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Le film bénéficie surtout d’un avantage que toutes les adaptations de best-sellers n’ont pas : son matériau semble taillé pour son réalisateur. Changer l’eau des fleurs est un récit sur le deuil, les secrets, les secondes chances, traversé par beaucoup d’humour et une obsession pour les petites choses qui permettent de continuer à vivre.
Reste évidemment le piège classique : comment condenser plus de 500 pages sans transformer le roman en résumé illustré ? Jeunet l’assume lui-même : le cinéma va forcément perdre une partie du récit, mais peut aussi gagner beaucoup ailleurs. Ne reste plus qu’à attendra la sortie en salle le 9 décembre.