Collectionner, c’est bien plus qu’accumuler des objets. Qu’il s’agisse d’art contemporain, de bijoux, de grands crus, de montres ou de voitures de collection, chaque pièce raconte une histoire, reflète un goût, une sensibilité, parfois même un héritage familial. Au fil du temps, ces passions deviennent souvent un véritable patrimoine.

À la Banque Puilaetco, Sophie Clauwaert accompagne les collectionneurs dans cette aventure singulière. Historienne de l’art de formation, elle conseille ses clients à chaque étape de la vie d’une collection, de l’acquisition à la transmission. Consciente qu’aucun expert ne peut maîtriser tous les domaines, elle s’appuie sur un réseau de spécialistes indépendants, de maisons de vente, de galeristes, de restaurateurs et d’institutions culturelles afin d’offrir un accompagnement sur mesure.

Pour elle, une collection ne se résume jamais à sa valeur financière. « Avant tout, il s’agit d’accompagner une passion », explique-t-elle. Si certaines œuvres ou certains objets prennent de la valeur avec le temps, leur véritable richesse réside souvent dans le plaisir qu’ils procurent au quotidien. Son rôle consiste alors à aider les collectionneurs à concilier émotion et réflexion : vérifier la provenance d’une œuvre, évaluer la cohérence d’un prix ou encore s’assurer de la fiabilité d’un vendeur. Une manière de sécuriser les coups de cœur sans en altérer la magie.

Sophie Clauwaert, conseillère en art chez Puilaetco.

Les collections, entre héritage et découverte

Toutes les collections ne naissent pas de la même histoire. Certaines se transmettent de génération en génération et constituent un véritable patrimoine familial alors que d’autres prennent forme lorsqu’une réussite professionnelle ou entrepreneuriale ouvre la voie à de nouvelles aspirations.

« Certains clients héritent d’une collection importante et s’interrogent sur la meilleure manière de la préserver ou de la transmettre à leur tour. D’autres découvrent progressivement le plaisir de collectionner et souhaitent construire un ensemble cohérent qui reflète leurs goûts, leurs valeurs ou leur sensibilité », explique Sophie Clauwaert, conseillère en art chez Puilaetco.

Dans ce parcours, l’accompagnement joue un rôle essentiel. Sophie Clauwaert guide ses clients lors de grands rendez-vous du monde de l’art, comme la BRAFA ou Art Brussels, mais aussi dans de nombreuses foires spécialisées comme Ceramic Brussels, par exemple. Ces visites permettent d’affiner les goûts, de comprendre les sensibilités de chacun et d’identifier les œuvres qui suscitent une émotion véritable.

« J’encourage toujours mes clients à acquérir ce qui les touche réellement. Une collection doit raconter une histoire personnelle. Lorsqu’on poursuit uniquement les tendances du moment, le risque de déception est souvent plus grand. »

Dans un marché où la confiance demeure essentielle, la qualité du réseau fait toute la différence. Grâce à ses contacts privilégiés avec les principaux acteurs du secteur, Sophie Clauwaert ouvre à ses clients l’accès à des opportunités, des conseils et des rencontres qui enrichissent durablement leur parcours de collectionneur.

Sophie Clauwaert, kunstadviseur bij Puilaetco. ©2024, Károly Effenberger

La montée en puissance des femmes collectionneuses

Au-delà des fluctuations du marché, Sophie Clauwaert observe une évolution plus profonde : l’affirmation croissante des femmes dans l’univers de l’art, tant comme collectionneuses que comme artistes.

Selon l’étude Art Basel & UBS Survey of Global Collecting 2024, les femmes ont consacré en moyenne 46 % de plus que les hommes à l’acquisition d’œuvres d’art et d’antiquités. Mais au-delà des montants investis, c’est surtout leur démarche qui attire l’attention. Plus exploratrices dans leurs choix, elles n’hésitent pas à découvrir de nouveaux artistes, de nouvelles esthétiques et des segments encore peu valorisés.

Cette curiosité contribue également à une meilleure visibilité des femmes artistes. Près de la moitié des œuvres présentes dans les collections féminines seraient ainsi réalisées par des artistes femmes.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large portée par les collectionneurs dits « next gen ». Souvent quadragénaires, ils affichent des comportements plus ouverts, plus éclectiques et moins guidés par les codes traditionnels du marché. La recherche de sens, d’émotion et de découverte occupe désormais une place croissante dans leurs choix.

« Nous constatons aujourd’hui davantage de diversité dans les parcours et dans les goûts. Les jeunes collectionneurs, et particulièrement les femmes, abordent souvent la collection avec beaucoup de curiosité et une réelle liberté de regard. Cette ouverture contribue à faire évoluer le marché et à révéler de nouveaux talents », observe Sophie Clauwaert.

©Peter Miranda – Unsplash

Quand le numérique redessine le marché

Le marché de l’art connaît lui aussi sa transformation digitale. Réseaux sociaux et plateformes spécialisées jouent désormais un rôle majeur dans la découverte, l’échange et l’acquisition d’œuvres.

« Les jeunes générations s’informent énormément via Instagram et appartiennent souvent à des communautés de collectionneurs très actives », explique Sophie Clauwaert. « Un collectionneur présent à une foire en Corée peut aujourd’hui partager instantanément ses découvertes avec son réseau et susciter l’intérêt d’acheteurs partout dans le monde. »

Cette circulation accélérée de l’information favorise l’émergence de nouvelles tendances et offre une visibilité inédite à de nombreux artistes. La pandémie de Covid-19 a encore accéléré le phénomène. Les achats en ligne se sont fortement développés, notamment pour l’art contemporain et les artistes émergents, tandis que certaines œuvres particulièrement visuelles ont trouvé un nouvel écho dans l’environnement numérique.

Pour autant, les galeries, les foires et les rencontres demeurent irremplaçables. Le numérique n’a pas remplacé l’expérience physique ; il l’a enrichie en ouvrant l’accès à un marché plus international, plus fluide et plus connecté.

La valorisation du geste et du savoir-faire

Si la peinture reste aujourd’hui l’un des segments les plus recherchés, Sophie Clauwaert observe également un intérêt croissant pour la sculpture, la céramique, le mobilier et les arts décoratifs.

« Les collectionneurs sont souvent sensibles au caractère tangible de ces œuvres. Elles témoignent d’une maîtrise technique, d’un savoir-faire et d’un travail de la main qui créent un lien particulier avec leur propriétaire. »

Cette valorisation du geste artisanal traduit une aspiration plus large : comprendre l’histoire qui se cache derrière une œuvre, son processus de création et le savoir-faire de son créateur. Au-delà de l’objet lui-même, c’est toute une démarche artistique qui est mise en lumière.

Car au fond, une collection réussie ne se mesure pas uniquement à sa valeur marchande. Elle reflète avant tout une sensibilité, une histoire personnelle et un regard singulier sur le monde. C’est cette rencontre entre émotion, expertise et vision à long terme qui lui confère toute sa richesse patrimoniale.

Cet article a été rédigé en étroite collaboration avec Puilaetco.