Il y a dans nos sacs un objet que l’on sort des dizaines de fois par jour, sans jamais vraiment le regarder. Parfaitement fonctionnel, parfaitement optimisé, parfaitement interchangeable : le smartphone, devenu le grand invisible de notre quotidien.

À une époque où l’on choisit ses sneakers, son parfum ou son bullet journal avec soin, il est presque étrange que l’objet que l’on tient le plus souvent en main soit aussi peu pensé pour plaire.

La marque londonienne Nothing a décidé de s’attaquer à ce paradoxe en s’inspirant davantage de la culture visuelle que des codes traditionnels de l’électronique. Créatifs, fashionistas, avant-gardistes,… elle commence à s’imposer comme la prochaine pièce à connaître, bien au-delà des cercles tech. On était à Londres pour le lancement de ses nouveaux Phone (4a) et Headphone (a) et pour saisir pourquoi les taste makers commencent à s’y intéresser autant que les geeks.

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Pourquoi cette jeune marque attire tant les regards

Ces derniers mois, elle a multiplié les passerelles avec l’univers de la mode et des communautés créatives. Elle a notamment collaboré avec le créateur de contenu mode Lyas autour de ses événements La Watch Party, ces soirées culte qui réunissent les passionnés de défilés quand les portes des shows leur restent fermées. Lors de la présentation haute couture de Dior en janvier 2026, Nothing a fourni du merchandising aux étudiants présents : des t-shirts portant la phrase « I went to Lyas watch party and left with Nothing » ; un jeu de mots qui dit tout sur l’état d’esprit de la marque. Dans la salle, certains sièges dissimulaient également des casques audio, glissés là comme un clin d’œil pour les plus attentifs d’entre eux.

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Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large portée par Charlie Smith, Chief Brand Officer de Nothing et ancien de Loewe, (ce qui explique sans doute pourquoi la marque parle autant le langage de la mode que celui de la tech). L’objectif : positionner Nothing à l’intersection de la technologie, de la musique et de la mode.

Ce dialogue avec l’univers fashion ne date d’ailleurs pas d’hier : lors de la Fashion Week de Londres 2022, Nothing s’était déjà associée au designer Chet Lo pour dévoiler ses écouteurs Ear (stick) dans le cadre du défilé printemps-été 2023. L’accessoire technologique apparaissait aux côtés de silhouettes inspirées de références culturelles hybrides, tandis que des sacs en édition limitée conçus pour transporter le Phone (1) accompagnaient la présentation (pas vraiment le comportement d’une marque tech ordinaire).

Dans cette logique, Nothing traite le smartphone comme une maison de mode traiterait une nouvelle pièce de collection ; un mouvement qui correspond aussi à l’ambition revendiquée par la dernière campagne de la marque, “Fanatics“, réalisée par Max Vitali. On y découvre une galerie de personnages passionnés par l’art sonore, la création d’univers ou encore les décimales infinies du nombre π. Le message qui accompagne cette campagne résume l’approche de Nothing en une phrase : “Nothing is designed for a generation bored with conformity”. Autrement dit : une génération qui ne cherche plus seulement un appareil performant, mais aussi (et surtout) un objet capable de refléter un état d’esprit.

 

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La transparence, ou comment Nothing a construit sa signature design

Lors de la présentation des nouveaux produits à Londres, nous avons pu échanger avec Adam Bates, Head of Design de Nothing. Pour lui, la différence la plus immédiate entre les produits de la marque et les autres smartphones reste la transparence du design. Car là où la plupart des fabricants dissimulent soigneusement l’architecture interne de leurs appareils, Nothing choisit au contraire d’en laisser apparaître une partie sous le verre (pas si anodin qu’il n’y paraît).

 

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Bates souligne également que la taille encore relativement compacte de l’entreprise lui permet de conserver une liberté créative que les grandes marques ont parfois plus de mal à maintenir. « Nous sommes suffisamment petits pour nous autoriser des marges de manœuvre que les grandes marques ne prennent plus », nous a-t-il confié. Lorsque nous lui demandons quelles étaient les priorités au moment de concevoir les nouveaux smartphones et le casque, il résume la méthode en trois principes : ne pas regarder les autres smartphones pour éviter de reproduire les mêmes codes, chercher une forme de “magie” dans le design, et surtout travailler avec une équipe où les inspirations viennent de milieux totalement différents.

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Chez Nothing, ces références peuvent d’ailleurs surgir de partout. La mode et la musique bien sûr, mais aussi le graphisme des années 1970, la ligne de métro de New York ou encore le programme Apollo de la NASA. Une règle non écrite : regarder partout, sauf dans le rétroviseur.

Phone (4a) et Headphone (a) : les nouveaux objets tech signés Nothing

C’est dans ce contexte que Nothing vient de présenter la série Phone (4a). Le Phone (4a) Pro adopte un boîtier monocoque en métal usiné et affiche un profil de 7,95 mm (le plus fin jamais conçu par la marque). Il bénéficie d’une protection IP65 contre la poussière et l’eau. Côté couleurs, le 4 (a) est disponible en noir, silver, rose et bleu ; et le 4 (a) Pro en noir, silver et rose. L’interface Glyph (ce système lumineux qui transforme les notifications en signaux visuels) gagne en précision et en luminosité sur les deux modèles. Côté photo, le Pro intègre un téléobjectif périscopique 50 mégapixels et un zoom jusqu’à 140x (de quoi rivaliser avec des appareils deux fois plus chers). Les deux smartphones tournent sous Android 16, avec des outils IA intégrés pour organiser et anticiper les usages du quotidien. Prix : à partir de 369 € pour le Phone (4a), 499 € pour le Pro. Le casque Headphone (a), lui, tient jusqu’à 135 heures sans recharge et se décline en rose, jaune, blanc et noir à 159 €.

 

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À de tels prix, Nothing ne joue pas dans la cour des ultra-premium. Ce qui est précisément le point : proposer des smartphones qu’on a envie de montrer autant qu’utiliser, sans avoir à justifier la dépense. Ce n’est pas révolutionnaire. Mais dans l’univers du rectangle noir, c’est, à sa façon, une petite rébellion.