1. L’élection « historique » de Claudia Sheinbaum au Mexique

Le Mexique entre dans l’histoire avec l’élection de Claudia Sheinbaum, première femme à accéder à la présidence. Scientifique de 61 ans, ancienne maire de Mexico et proche du président sortant Andrés Manuel López Obrador (AMLO), elle a remporté haut la main l’élection avec près de 60 % des voix. Portée par la popularité d’AMLO et son parti de gauche Morena, elle hérite d’un pays économiquement stable mais confronté à des défis majeurs : violence endémique, narcotrafic, inégalités sociales et féminicides.

Symboliquement, son élection marque un tournant pour les droits des femmes dans un pays où les féminicides restent alarmants (10 par jour en 2023). Elle promet des parquets spécialisés et un changement des mentalités.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Gobierno de México (@gobmexico)

2. La France inscrit l’IVG dans la Constitution

Le 4 mars 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire explicitement dans sa Constitution l’interruption volontaire de grossesse (IVG). L’IVG est légalisée en France depuis l’adoption de la « loi Veil » du 17 janvier 1975 – reconduite définitivement par la « loi Pelletier » du 31 décembre 1979. Mais sa mention dans la loi fondamentale compliquerait les tentatives de la supprimer ou de lui porter gravement atteinte. « C’est symbolique, reconnaît l’Elysée, mais c’est extrêmement fort. C’est un combat qui a énormément de valeur aussi dans le débat international. »

3. La réforme sur l’avortement validée en Espagne

Le Tribunal constitutionnel espagnol a infligé un revers au parti d’extrême droite Vox en validant, ce mardi 18 juin, une réforme clé sur l’avortement. Cette décision, adoptée par sept voix contre quatre, permet aux adolescentes de 16 et 17 ans d’interrompre une grossesse sans l’accord parental, une mesure symbolique pour les droits des femmes.

La réforme va plus loin : elle supprime le délai de réflexion de trois jours et l’obligation d’informer sur les aides à la maternité. Elle impose aussi aux hôpitaux de disposer de services d’IVG et encadre la clause de conscience des soignants. Une victoire pour le gouvernement de Pedro Sánchez, mais aussi pour les féministes espagnoles, qui voient dans cette décision un pas de plus vers l’égalité.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Les Glorieuses (@les_glorieuses)

4. Le travail du sexe décriminalisé en Belgique

Le 1er décembre, la Belgique a tourné une page en matière de droits des travailleur.euse.s du sexe. Une nouvelle loi est entrée en vigueur, fruit de années de lutte menée par des associations comme Utsopi, Violett et Espace P. Objectif ? Protéger ces professionnel.le.s des violences et discriminations qu’iels subissent trop souvent, tout en leur ouvrant enfin les portes de la sécurité sociale. Une avancée majeure, mais pas sans limites.

Décriminaliser le travail sexuel, c’était déjà un premier pas franchi en 2022, sur les conseils de l’ONU. Car oui, la criminalisation ne fait qu’aggraver les risques : violences policières, difficultés à se loger, exposition accrue aux meurtres… Pourtant, décriminaliser ne suffit pas. La nouvelle loi permet désormais aux travailleur.euse.s de signer des contrats avec des établissements agréés, leur donnant accès à l’assurance santé, aux allocations chômage, aux congés payés, voire à une pension. Une révolution ? Pas pour tout le monde. Les indépendant.e.s, eux, restent sur le carreau, privé.e.s de ces protections.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Slate France (@slatefrance)

5. Vers une parité politique en Afrique

L’Afrique accélère la cadence en matière de représentation politique féminine. En 2024, le Ghana a élu Jane Naana Opoku-Agyemang, première vice-présidente de son histoire. La Namibie a fait encore plus fort : Netumbo Nandi-Ndaitwah est devenue présidente, tandis que Saara Kuugongelwa-Amadhila reste Première ministre. Rwanda, toujours en tête, affiche un Parlement composé à 60 % de femmes, fruit d’une politique de quotas efficace. Mais les obstacles demeurent : financements inaccessibles, sexisme, harcèlement.

Au Kenya, se lancer en politique est encore un parcours du combattant pour les femmes. En Tanzanie, l’élection présidentielle d’octobre 2025 verra pour la première fois deux femmes s’affronter. Enfin, le Ghana a adopté une loi historique pour atteindre 30 % de femmes en politique d’ici 2030. Des avancées majeures, mais à ce rythme, selon l’ONU, la parité au sommet du pouvoir reste un mirage… pour encore 130 ans.