L’époque où on courait sociabiliser en night-club est en train de se faire coiffer au poteau par les running clubs qui se multiplient, et par le spinning ou le Reformer, qui sont les nouveaux rendez-vous autour du flipper. En 2024-25, on a observé une hausse de 38% du « social running » (le jogging organisé en groupes), tandis que la Gen Z opère un basculement dans le « social wellness ». Selon une étude menée par Fédération Française d’Athlétisme, 40% des coureurs ont moins de 35 ans. Sur le podium des motivations, entre le dépassement de soi et une meilleure santé, on trouve l’envie d’être ensemble.

Entraînés à se faire des amis

Alexandre de Vaucleroy et Antoine Derom ont inauguré leur premier club Animo à Bruxelles, juste avant le confinement. Formés à la finance et très sportifs, les deux entrepreneurs, qui avaient eux-mêmes moins de 30 ans, ont tout de suite constaté un fort engagement pour la dimension sociale et communautaire de leur concept, de la part d’une clientèle jeune (25-35 ans). En six ans seulement, Animo a ouvert quatre adresses différentes et complémentaires dans la capitale, avec toujours un espace café et/ou restauration, soit intégré, soit mitoyen. Antoine analyse : « notre communication se faisant majoritairement en anglais, nous attirons énormément d’expatriés, qui ont parfois du mal à se recréer un cercle. Par exemple pendant les cours de Ride, on demande aux participants de faire des « high five » à droite et à gauche. Ça crée des liens, qu’ils renforcent ensuite en prenant un shake ensemble. Les gens commencent à se suivre sur les réseaux sociaux, ils se coordonnent pour assister aux mêmes cours, et on finit par voir dans leurs stories qu’ils sont partis ensemble en vacances ! »

ANIMO STUDIOS

ANIMO STUDIOS

Au Mix, à Bruxelles, qui propose piscines et spa en plus d’équipements ultramodernes, la sociologie révèle aussi un public jeune qui vient pour l’effort et reste pour le réconfort, prolongeant la journée par affinités.

Des concepts qui font des petits

Fondé il y a une dizaine d’années par Tiffany Stevens et David Box, The Brick s’apprête à ouvrir son cinquième club à Anvers. Tiffany en explique la genèse : « Nous voulions créer un lieu où l’on se sente chez soi, pas seulement pour s’entraîner, mais aussi pour se détendre, dans un esprit “salon” et “hôtel de charme”. Nous avons vu naître de nombreuses amitiés, des mariages et même des bébés The Brick ! » Selon la même intention d’intégrer tous les domaines de la vie à son activité sportive, chaque David Lloyd dispose d’un espace coworking. Celui d’Uccle, très familial, s’apprête d’ailleurs à inaugurer un nouvel espace de travail entièrement dédié. Ici, le padel et le tennis fédèrent des groupes qui se forment organiquement avant de s’organiser en ligne pour jouer ensemble.

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DAVID LLOYD CLUB

Des clubs qui fleurissent comme des feuilles de matcha

A Bruxelles, un deuxième studio Skult centré sur la pratique du Reformer a été inauguré en début d’année. Des clubs ouvrent partout, chacun cultivant sa communauté, important facteur de rétention de la clientèle. Xavier Peirels, Wellbeing Supervisor chez Aspria, souligne que dans le « business club » du quartier européen, les adhérents, âgés en moyenne de 45 ans, viennent des bureaux alentours plutôt en début de journée ou entre midi et deux, tandis qu’à La Rasante, l’ambiance est plutôt familiale, surtout le week-end. « Les gens sont beaucoup plus qu’avant en quête de nouvelles amitiés. Le Covid été un déclencheur, et l’envie de rester en bonne santé a engendré une nouvelle dynamique, à tous les niveaux de la société ».

Nos cœurs privilégient-ils désormais le cardio aux palpitantes conversations en terrasse ? Vivre mieux en luttant contre l’isolement, à chaque catégorie de groupes sportifs, ses objectifs.