Cinq ans séparent « Aloha » de « Dreama », un quatrième album prévu pour le 27 mars 2026, qui nous dévoile une Typh Barrow plus « independant woman » que jamais, bien décidée à « lâcher les chiens » et à prouver au monde entier, si c’est encore nécessaire, que devenir maman n’empêche en rien de gérer une carrière.
Telle une version décuplée d’elle même, plus sereine et plus intrépide, plus puissante et sensuelle aussi, cette nouvelle Typh revient en véritable guerrière, brûlant d’une passion que la maternité a ravivée. Sur ce roller coaster qu’est la vie et qui a donné chair à ce disque exalté, notre star de la soul accueille avec joie toutes les sensations fortes… Prête à montrer enfin qui elle est vraiment.
Tu peux nous expliquer ce drôle de titre, « Dreama » ?
C’est une contraction entre « Dream » et « Drama », bref c’est un peu à l’image de ces deux dernières années que j’ai passées loin des médias. De cette petite pause que j’ai décidé de prendre suite à la naissance de mon petit bonhomme. Parce qu’une naissance, c’est un énorme chamboulement dans une vie… Mais c’est aussi une renaissance aux niveaux professionnel et personnel. Autrement dit, ça a été à la fois deux années de rêve, mais en même temps deux années assez intenses. Parce que cette transformation s’accompagne forcément de beaucoup de bonheur, mais aussi de beaucoup de remise en question…
La musique reste mon fuel, ma passion, et ce serait réducteur de dire que ces deux années se sont résumées à devenir maman
C’est bizarre mais la maternité a eu un effet sur ma propre confiance et sur mon estime de moi, alors que j’ai trouvé ça absolument miraculeux de pouvoir donner la vie, et que je m’épanouis terriblement dans ce rôle de maman. Mais pour moi, ce n’était pas une fin à tout prix, d’avoir un enfant. C’est un tsunami dans une vie. Le rythme de vie change. Les priorités changent. Le corps change. Le mental change. Le sens des responsabilités change… Et il fallait que ma vie professionnelle puisse refléter cette nouvelle version de moi-même, en fait. Et donc je me suis entourée d’une nouvelle équipe, j’ai changé ma manière de travailler, de composer, parce que j’avais envie de sortir un album qui soit à l’image de cette nouvelle version de moi-même.

Top en organza frangé, Elisabetta Franchi. Collants rouges, Falke. Escarpins laqués, Christian Louboutin. Bague Le Pavé et Bague Double en argent, Dinh Van
Dans quelle mesure le fait de devenir maman influe sur l’inspiration ?
Ben c’est du pain bénit ! C’est-à-dire qu’un artiste a besoin de vivre des choses pour pouvoir composer, pour nourrir son inspiration, et si faire un enfant n’est pas inspirant, je ne sais pas ce qui l’est ! Tout l’album a été composé pendant ma grossesse et juste après, mais je ne voulais pas non plus en faire un album qui ne parle que de ça. Il n’y a que deux chansons qui parlent de maternité, parce que même si le centre de mon monde a changé, ma vie ne se résume pas uniquement à ça. La musique reste mon fuel, ma passion, et ce serait réducteur de dire que ces deux années se sont résumées à devenir maman… D’ailleurs j’ai sorti « Close To Me » comme premier single parce que je n’avais pas envie d’aller là où on m’attendait : c’est une chanson qui parle de sensualité, de féminité, de la façon dont tu dois te réapproprier ton corps. Parce qu’on pense souvent que devenir maman fait passer la femme au second plan.
Alors que ça la rend plus puissante, non ? C’est ce qu’on ressent à l’écoute du disque. Cette puissance dans la joie et dans l’affirmation.
Je parlais de renaissance, mais c’est vraiment ça. Dans le sens ou j’ai voulu aller vers une production plus affirmée. Plus audacieuse. Plus riche. Même si on garde toujours le côté organique, piano-voix, parce que ça reste quand même mon ADN. J’ai vraiment eu envie d’aller vers quelque chose de plus émancipé. De plus produit. Par exemple, c’est moi qui ai fait toutes les voix gospels sur l’album. Tous les interludes qui ont ce côté presque cinématographique à la Woodkid. Cet album je l’ai pensé comme une expérience immersive.

Nuisettes frangées et top frangé, Manon Schied. Pantalon blanc, MaxMara. Boucles d’oreilles et bagues, Masté. Bague cubes, Nisa Chevenement, chez Collectors Gallery. Bague Le Pavé et Bague Double, Dinh Van. Mules crème, Maison Natan.
Il y a trois ans tu faisais ta première couv’ du ELLE et tu allais fouler pour la deuxième fois la scène mythique de Forest National (le 28 avril 2023, NDLR)… C’est à ce moment-là que tu as annoncé publiquement ta grossesse. C’était programmé ?
Pas du tout. Et c’est d’ailleurs ce que raconte « Miracle »… Tu ne sais pas ce qui va se passer. Je suis quelqu’un de très secret : tant que je n’ai pas les choses en main, je préfère ne rien annoncer. Et donc quand il a été question de Forest National, j’étais enceinte de quatre mois et demi : ça commençait à se voir… Et je n’avais pas envie que cette décision de l’annoncer m’échappe. Et donc je me suis dit « Quoi de mieux comme occasion que de l’annoncer lors d’un moment aussi fort que ce concert ? » Jusqu’à la dernière minute je me suis dit « Si je ne le sens pas, je ne le dis pas », et puis finalement le moment était tellement beau… Ça faisait sens, quoi.
Et le fait d’avoir fait deux fois Forest National, ça change aussi quelque chose au niveau de la confiance en soi ?
Je ne vais pas dire que ça ne change rien, parce que c’est quand même la concrétisation d’un rêve de gosse… Mais au niveau de la confiance en soi, certainement pas. Par contre, rester deux ans loin des médias ça m’a fait du bien c’est sûr, mais en même temps, c’était angoissant. T’es pleine de doutes, tu te dis « Tiens, est-ce que le public sera encore là à mon retour ? Est-ce qu’il va aimer cette nouvelle version de moi ? » Et puis tout va tellement vite, aujourd’hui, avec les réseaux sociaux… Il y a quand même beaucoup de questionnements ! Mais en même temps, c’est une nécessité, un besoin… En fait, c’est un métier où on se remet tout le temps en question de toute façon. Tu as des boosts de confiance en toi sur des « achievements » pareils, mais après tu restes qui tu es. Sauf qu’après tout ce qui m’est arrivé ces deux dernières années, j’ai vraiment envie de prendre la vie comme elle vient, de juste m’inscrire dans l’instant présent, et de profiter de la joie qui m’est donnée.

Robe-gift en papier métalisé, Adrien Van Nuffel D’Heynsbroek. Bague Le Pavé et Bague Double en argent, Dinh Van. Bracelet manchette et bague cubes, Nisa Chevenement chez Collectors Gallery.
La sortie de l’album « Dreama » est prévue le 27 mars 2026. En concert au Forum de Liège (les 7 et 8 avril), au Théâtre royal de Mons (les 14 et 15 avril), au Cirque Royal de Bruxelles (les 21 et 22 avril), à la Maison des Métallos à Paris (le 28 avril) à la Rockhal au Luxembourg (le 5 décembre).