On revient à la genèse du fantasme de des îles : le silence, le vent, la mer turquoise sans jet-ski et la possibilité de boire un coup avec les gens du coin sans résa préalable. Mais où dénicher ce genre d’endroits ? On sélectionné dix pépites européennes isolées, farouchement indépendantes et écologiquement en avance sur leur temps.

1. Alicudi (Italie) : l’anti-Panarea

Dans l’archipel des Éoliennes, tout le monde se rue sur Panarea pour faire la fête ou sur Stromboli pour regarder le volcan cracher. Alicudi, elle, s’en fiche royalement. C’est l’île la plus occidentale, la plus isolée et la moins peuplée de la bande. Ici, zéro marina, zéro voiture, aucun feu de circulation et quasiment pas de commerces. Le relief volcanique est si abrupt que l’île ne se pratique qu’à pied, en grimpant d’anciens chemins muletiers et d’infinis escaliers de pierre. L’office de tourisme sicilien la résume parfaitement : on y vient uniquement pour la mer, la marche et le silence absolu.

Où ? Archipel des Éoliennes, Sicile.

2. Tilos (Grèce) : la pionnière

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Rabih Maftoum (@rabih_maftoum)

Loin des cartes postales des Cyclades, Tilos réserve une proposition bien plus stimulante qu’un décor blanc et bleu. Certes, l’île aligne des criques désertes, des villages endormis et des sentiers de randonnée bordés de thym. Mais sa véritable prouesse est politique et environnementale : Tilos est devenue la première île de Méditerranée à atteindre une quasi-autonomie énergétique grâce au solaire et à l’éolien, en plus d’être un laboratoire du zéro déchet. De quoi découvrir à quoi ressemblera le tourisme insulaire de demain.

Où ? Archipel du Dodécanèse, entre Rhodes et Kos.

3. Lastovo (Croatie) : l’Adriatique sans la cohue

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Visit Croatia (@visit.croatia)

Il faut mériter Lastovo. Située très loin des côtes croates, elle demande un long trajet en ferry depuis Split qui décourage la majorité des touristes pressés. Tant mieux pour nous. Entourée de 46 îlots et récifs protégés au sein d’un parc naturel, cette île couverte de forêts a conservé un charme intouché. On y vient pour plonger depuis les rochers dans une eau cristalline, explorer d’anciens tunnels militaires désaffectés ou admirer des villages de pierre aux cheminées insolites (les fumari).

Où ? Au large de la Dalmatie du Sud.

4. Graciosa (Portugal) : les Açores version douce

Deuxième plus petite île des Açores avec un peu plus de 4 000 habitants, Graciosa est classée Réserve de biosphère par l’UNESCO. Contrairement aux reliefs dramatiques et à la fréquentation en hausse de São Miguel, Graciosa offre un paysage apaisé : collines douces, moulins à vent aux toits rouges d’inspiration flamande, vignobles ceinturés de pierres noires et villages calmes. Son joyau caché ? La Furna do Enxofre, une cavité volcanique souterraine nichée au cœur d’une caldeira.

Où ? Archipel des Açores (groupe central).

5. Inishbofin (Irlande) : la bouffée Atlantique

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Visit Galway (@visitgalway)

On embarque à bord du ferry à Cleggan et, trente minutes plus tard, le continent s’efface. Inishbofin (“l’île de la vache blanche”) combine tout ce qu’on aime dans l’Ouest irlandais : de grandes plages de sable fin, des falaises découpées battues par la houle, une gastronomie tournée vers la mer (mentions spéciales pour les pince de crabe fraîches) et toute une culture musicale. Le soir, la communauté se retrouve d’ailleurs au pub pour des sessions de musique traditionnelle improvisées qui durent jusqu’au bout de la nuit.

Où ? Au large du Connemara, comté de Galway.

6. Eigg (Écosse) : l’île qui appartient à ses habitants

Sous ses airs de décor de conte nordique dominé par la silhouette rocheuse de l’An Sgùrr, Eigg cache une histoire fascinante. En 1997, fatigués par les négligences des propriétaires terriens successifs, ses habitants se sont cotisés pour racheter leur propre île via un community buy-out historique. Aujourd’hui, Eigg gère son propre réseau électrique vert indépendant (solaire, éolien, hydroélectricité) et abrite une communauté ultra-dynamique, créative et soudée.

Où ? Archipel des Small Isles, au sud de Skye.

7. Træna (Norvège) : l’esprit arctique au bout du monde

Posé au milieu de la mer de Norvège, Træna est l’un des plus anciens sites d’occupation humaine du pays, où l’on pêche depuis des millénaires. L’archipel se compose de milliers d’îlots dont seule une poignée est habitée (Husøy étant la principale). Le décor éblouit : des cabanes de pêcheurs rouges (les rorbuer), des pics rocheux abrupts surgissant des eaux froides et la lumière surnaturelle des nuits d’été nordiques. Le must ? Chaque été, l’archipel accueille le Trænafestivalen, un festival de musique qui transforme son bout de rocher en scène culturelle vibrante.

Où ? Côte du Helgeland, à proximité du cercle polaire arctique.

8. Utö (Finlande) : la vie face à la Baltique grise

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par JONI ILMANEN (@picturesbyjoni)

C’est l’île habitée la plus méridionale de Finlande. Étendue sur à peine 80 hectares de rochers nus balayés par le vent, Utö s’articule autour de son phare historique (qui abrite même une petite chapelle à son sommet) et d’une ancienne station de pilotes maritimes. Une poignée d’habitants y vit à l’année face à la mer Baltique. Le quotidien y est réglé par les arrivées du bateau de ravitaillement, les bains dans une mer glacée suivis du sauna traditionnel et le rythme des saisons.

Où ? Archipel de Turku, mer Baltique.

9. Ruhnu (Estonie) : le secret le mieux gardé des Baltiques

Isolée en plein milieu du golfe de Riga, Ruhnu est plus proche des côtes lettonnes que du continent estonien. Son histoire est singulière : l’île a été pendant des siècles le refuge des “Ruhnu Swedes”, une communauté suédophone qui y vivait en quasi-autarcie avant la Seconde Guerre mondiale. On y trouve la plus ancienne construction en bois conservée d’Estonie (une petite église datant de 1644) ainsi qu’une plage de sable au son grinçant caractéristique (Limo beach).

Où ? Golfe de Riga.

10. Schiermonnikoog (Pays-Bas) : la Hollande sauvage et iodée

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Visit Netherlands (@visitnetherlands)

Oubliez les canaux d’Amsterdam. Schiermonnikoog est la plus petite et la plus préservée des îles frisonnes néerlandaises. Presque toute l’île est classée Parc National : d’immenses plages de sable blanc qui semblent s’étendre à l’infini, des dunes sculptées par le vent, des marais salants peuplés de milliers d’oiseaux migrateurs et des forêts de pins. La circulation automobile y est strictement interdite pour les visiteurs : tout le monde se déplace à vélo ou à pied.

Où ? Mer des Wadden, Frise.