I porn you : qu’est-ce qui excite les belges sur les sites X ?

Publié le 23 mai 2018 par Eloïse Pirard
I porn you : qu’est-ce qui excite les belges sur les sites X ?

Catégories les plus suivies, mots clés les plus recherchés, temps de consommation, chaque année, le site pornographique Pornhub publie ses statistiques. Hantai, Milf, Teen, qu’est-ce qui fait bander/mouiller le monde et les Belges ? Décryptage avec une sexologue. 

Fantasme de seconde zone ou pratique tendance ? Mater ce qu'on a pas à la maison ou retrouver des scénarios familiers ? Qu'est-ce qu'on cherche sur les sites pornos et pourquoi ? Entretien avec Charlotte Ledent, sexologue et créatrice d'Eva Luna Love Shop pour nous aider à y voir plus clair.

“Lesbienne” est le terme le plus recherché au monde depuis trois ans, pourquoi ?

Sans doute parce que c’est un type de porno un peu plus soft qui attire aussi bien les hommes que les femmes. On aura une approche plus érotique et sensuelle que purement pornographique. Je pense aussi que les femmes en regardent pour se permettre de mieux connaître leur corps, savoir comment se toucher et se caresser. Mais soyons claires, cela dépend de ceux qui sont aux commandes de la vidéo. Lesbien ou lesbienne ne veut pas dire grand-chose si ce sont les mêmes grosses machines qui réalisent le porno dit “classique”.

Les deux autres termes les plus recherchés dans le monde sont Hentai (mangas pornographiques) et MILF (mother I’d like to fuck), ça signifie quoi ?

Pour le Hentai, je pense que ce qui attire, c’est la manière dont s’est raconté. Il y a une vraie histoire et un scénario bien ficelé qui se perd aujourd’hui dans le porno classique. Il ne faut pas non plus oublier que nous sommes dans une aire du gaming. On joue énormément sur les zones floues qui entourent le virtuel et le réel.

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Concernant les MILF, il faut déjà se dire que c’est un phénomène de mode. Ensuite, il faut savoir que les femmes sont à l’apogée de leur sexualité vers l’âge de 35 ans. Elles sont plus épanouies, plus expérimentées, et ça peut attirer les plus jeunes en quête d’apprentissage.

Chez les Belges, le top 3 des mots-clés les plus recherchés est : French, Françaises et step mom (belle-mère). Qu’est-ce que cela dit de notre sexualité ?

La plupart des vidéos présentent des filles de l’Est. Même dans le porno amateur on entend surtout des gens qui parlent anglais ou d’autres langues slaves. Mais on préfère toujours écouter des insultes cochonnes et autres échanges un peu vulgaires dans notre langue maternelle.

Concernant la step mom, on passe de “Je hais ma belle-mère” à “je veux sauter ma belle-mère”. (rires) Je pense que si elles sont dans une situation de soumission ou à l’inverse de domination, on tombe dans ces jeux de violence, mais tournée vers l’érotisme. La sexualité est une forme d’agressivité donc pourquoi pas... ?

Dans les cinq catégories les plus suivies par les Belges, on retrouve de nouveau lesbienne, MILF, mature, mais aussi anal et gros seins.

C’est le même schéma pour MILF, mature et step mother. On voit bien que les femmes d’un certain âge attirent de plus en plus. Elles sont expérimentées et ce sont elles qui dominent généralement. Elle gère et il se laisse faire.

Quant à la catégorie anale, elle est plus facilement explicable et m’étonne un peu moins. Depuis quelques années, il y a une décontraction liée à cette pratique chez les femmes, mais encore plus chez les hommes. Aujourd’hui, ils acceptent et souhaitent même prendre du plaisir de ce côté-là. On parle de plus en plus de la prostate d’un point de vue médical, mais aussi érotique. Les tabous diminuent. Ce n’est plus réservé “aux gays”.

Et puis "gros seins" c'est juste un vieux fantasme très répandu...

Le trafic en Belgique se répartit en 27% de femmes et 73% d’hommes. Cela signifie que nous les nanas, on aime moins le porno ?

C’est clairement lié à ce qui est proposé. 99% du contenu relayé sur les sites pornos est fait pour et par des hommes. Ce sont des gros plans, des rythmes frénétiques et peu de mise en scène... Je pense que si on proposait des vidéos plus subtiles et plus centrées sur le désir féminin il y aurait beaucoup plus de femmes intéressées.

Et demain ?

Selon Valérie L’Heureux, sexothérapeute, il y aura de plus en plus de virtuel : “Nous ne sommes plus du tout dans une société basée sur l’échange interpersonnel. On est déconnecté de l’autre. En revanche, on est de plus en plus branché avec soi-même et avec les gadgets. On va être énormément influencé par les poupées-robots et les objets connectés par exemple. Ils vont peut-être remplacer le plus vieux métier du monde !

NoFap, certains disent stop:

On les appelle les fapstinents ou encore les fapstronautes. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, ils ont décidé d’arrêter de se masturber. Exit les sites pornographiques, les magazines érotiques et même les rêves coquins. Ensemble, ils disent non à l’addicition et au plaisir individuel. Regroupée sur la plateforme NoFap, cette petite communauté témoigne des bienfaits de l’abstinence et soutient ses membres en cas de pulsion. Leur slogan : Get a new grip on life!

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