A quoi ressemble un orgasme vaginal ?

Mis à jour le 14 mai 2018 par Elisabeth Clauss
A quoi ressemble un orgasme vaginal ?

 

Prendre son pied, c’est prendre le contre-pied du cliché éculé qui veut que l’orgasme féminin n’existe pas vraiment. Une découverte (ré)jouissante…

Il y a eu le discours des féministes radicales qui, dans les années 60-70, ont avancé l’idée que la jouissance des femmes était uniquement clitoridienne, et donc totalement indépendante de l’intervention masculine. Avant cela, Freud disait le contraire : le vrai plaisir ne pouvait provenir que du vagin. Sans pénétration, point de salut.

On préfère l’avis d’Elisa Brune, journaliste scientifique et romancière belge, spécialiste des questions de la sexualité et du désir : « Devoir se situer dans un camp, ça empêche les gens de penser. Ma position, si l’on peut dire, est de ne pas prendre position. Ni féministe, ni conservatrice, je m’intéresse au ressenti. »

Depuis une cinquantaine d’année, l’orgasme vaginal est devenu un Graal. Et c’est ça le problème. De nombreuses femmes se pensent immatures ou incomplètes si elles ne l’atteignent pas. Or, estime Elisa Brune, « l’orgasme vaginal, on le rencontre généralement après 40 ans. L’âge où l’anxiété diminue, où l’on se détend psychologiquement de la performance physique, familiale, professionnelle. Je pense d’ailleurs qu’il y a deux orgasmes vaginaux. L’un qui vient du point G, et l’autre qui part du fond du vagin, là où il rebique derrière le col de l’utérus. »

On ne met pas toujours le doigt dessus, mais les filles ont d’ailleurs des érections, qui sont invisibles. Le clitoris peut atteindre 12 centimètres de long en érection, mais tout ça se passe à l’intérieur du corps. La pointe qui dépasse, ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Le reste englobe le vagin. Une notion pénétrante…

Certaines femmes parlent aussi d’états de « faim vaginale » : une sensation précise, dans le ventre, qui appelle la pénétration. D’après les témoignages recueillis par Elisa Brune* et pas mal de gynécologues, au moment du cycle où les œstrogènes (la progestérone et la testostérone – oui, nous en fabriquons aussi) s’activent (les seins deviennent alors douloureux) ou quand on prend de la testostérone, on peut retrouver cette même sensation. « Les médecins que j’ai interrogés témoignent que l’effet secondaire avéré de la testostérone, c’est l’envie d’être pénétrée. C’est un phénomène qu’on observe chez les femmes ménopausées, qui enregistrent une baisse drastique des hormones féminines. De nombreuses femmes racontent d’ailleurs qu’elles ont découvert le plaisir vaginal après leur ménopause. »

Rassurez-vous, pour ne pas attendre jusque-là, il existe des exercices qui favorisent la réceptivité. « Autostimuler son vagin avec le doigt, c’est la meilleure façon de commencer, explique Elisa Brune.Tellement de femmes ont l’habitude de se masturber clitoridiennement qu’elles négligent leur vagin. Le point G (sorte de petit rond râpeux sur la face antérieure du vagin), c’est le carrefour de rencontre entre les tissus érectiles du clitoris et la paroi vaginale. Or il est rarissime que les femmes aillent jusque-là, puisque l’extérieur est suffisant. Pour moi, l’un des facteurs d’accès à l’orgasme vaginal, c’est l’exploration. » En route !

À lire pour en savoir plus. « Le Secret des femmes » et « Le Salon des confidences, le désir des femmes et le corps de l’homme », d’Elisa Brune (Èditions Odile Jacob) ou le très pratique « Osez découvrir le point G » d’Ovidie (La Musardine), avec des exercices façon coaching.

* Pour participer à son enquête : www.elisabrune.com

1/
 sexo2

  • Et eux, ils en disent quoi ?

Tanguy, 39 ans

« Comme j’étais curieux du phénomène des femmes fontaines, j’ai voulu apprendre à localiser le point G. Je me suis documenté, j’ai lu des livres, j’ai regardé des vidéos sur internet. D’après ce que j’ai appris, les femmes sont toutes potentiellement des femmes fontaines, mais beaucoup de femmes se retiennent. »

Éric, 45 ans

« Honnêtement, quand je fais l’amour à une femme, si je veux être sûr
de mon coup, je stimule son clitoris, avec le doigt ou avec la langue. »

Clément, 48 ans

« Un orgasme vaginal, c’est une progression, comme un morceau
de musique qui monte crescendo. Alors qu’un orgasme clitoridien,
c’est un climax, une explosion. »

2/
sexo

  • Elles l’ont trouvé ou elles le cherchent encore…

Marie, 33 ans

« J’ai commencé à coucher à 14 ans et demi. J’ai eu mon premier orgasme à 15 ans, et rapidement, mon premier orgasme vaginal. Ça m’est arrivé en amazone, et c’était une sensation beaucoup plus forte que d’habitude. Dans la foulée, j’ai découvert que j’étais une femme fontaine.  À l’époque, stressée, j’ai arrêté de boire du jus d’orange pressée, car je croyais que c’était trop diurétique. »

Alexandra, 38 ans

« Pour moi, il n’y a pas de mauvais coup, il n’y a que des mauvais couples. »

Laure, 34 ans

« C’est simple, j’ai des orgasmes chaque fois. Uniquement clitoridiens, mais sous toutes les coutures, dans toutes les positions. Sauf par l’arrière, parce que s’il n’y a pas de frottement, il n’y a pas d’orgasme. J’en déduis donc que les orgasmes vaginaux que j’ai l’impression d’avoir pendant la pénétration sont en réalité clitoridiens. »

Lola, 41 ans

« Entre l’orgasme vaginal et clitoridien, la jouissance n’est pas la même. La première fois que j’ai eu un orgasme vaginal, sans frottement avec le clitoris, je suis devenue incontrôlable. À mon avis, toutes les femmes sont fontaines. Pour l’orgasme vaginal, la meilleure position, c’est clairement de chevaucher l’homme à califourchon. »

Anne, 52 ans

« J’ai des orgasmes pendant la pénétration, mais honnêtement, je ne sais pas d’où ça vient. »

Catherine, 50 ans

« Pour moi, l’allumage se fait par le clitoris. Le corps central de ma fusée orgasmique, c’est le point G. Puis je ressens un tremblement plus profond : ça commence par un frémissement, puis la diffusion s’étend à la partie antérieure du vagin. Je jouis neuf fois sur dix. Grâce, il faut le dire, à un partenaire qui ne me connaît pas que jusqu’au bout des doigts. »

Cécile, 33 ans

« J’ai eu ma première expérience sexuelle à 18 ans. Au bout de deux ans de relation, j’ai ressenti mon premier orgasme vaginal. L’orgasme clitoridien est pour moi mécanique et très localisé, contrairement au vaginal pour lequel il faut se laisser aller, être en confiance, avoir l’esprit libre ou alcoolisé… L’orgasme vaginal touche tout le corps, il est diffus et bien plus intense.  J’ai les jambes qui flanchent, parfois des larmes, et selon mon mari, lorsque c’est le cas j’ai une odeur spéciale, encore plus excitante. Ça, je ne m’en aperçois pas, mais en tout cas, c’est difficile à simuler ! »

Asia, 23 ans

« Chez moi, l’orgasme clitoridien est très localisé, fort et fulgurant.  Après, j’ai envie qu’on me fiche la paix. Parce que si on continue de me toucher, ça me fait mal. Finalement, c’est un peu comme un orgasme de mec. »

Hélèna, 45 ans

« L’orgasme purement dit, avec un sexe d’homme, ça ne m’est presque jamais arrivé. Mais avec un doigt à l’intérieur et l’autre à l’extérieur, pour une double stimulation du clitoris et du point G, ça, oui. Pour moi, la taille du sexe est très importante. On a réussi à leur faire
croire que la taille ne comptait pas, pour ménager leur susceptibilité, mais c’est faux. »

Rebecca, 41 ans

« Je suis tout à fait clitoridienne. Je n’ai jamais cherché mon point G. Je pense que c’est une légende. En fait, je m’en fiche, de l’orgasme vaginal. Le plaisir que j’ai avec le pénis me convient très bien. L’orgasme, c’est autre chose, que je dissocie du rapport sexuel, et que je peux faire toute seule, bien plus efficacement. »

Margaux, 39 ans

« À une époque, je buvais beaucoup d’alcool. Tous les jours. J’ai arrêté il y a quelques mois. Et je me rends compte que mes sensations ont changé. Je pense que mon alcoolisme bloquait la machine. D’accord, j’étais désinhibée, mais éteinte. Dès que je me suis sevrée, j’ai retrouvé des sensations normales. L’alcool avait fait bugger la transmission entre mon cerveau et mon corps. »

Lucia, 37 ans

« J’ai appris à comprendre mon corps et, surtout, à différencier ce que je ressentais de ce que je pensais devoir ressentir pour être comme tout le monde. J’ai exploré, j’ai lu, des livres qui allaient de la littérature érotique aux exposés scientifiques. Avec le temps, mes barrages ont fini par céder. Connaître sa physiologie, ça permet de maîtriser sa sexualité. Le jour où
j’ai trouvé mon point G, ça a changé ma vie. »