C’est un mardi soir comme un autre, et vous voilà de nouveau sur Tinder. Une main dans un paquet de chips, l’autre scrollant inlassablement les visages d’inconnu.e.s à la pelle. Parfois, ça matche. Souvent, ça lasse. Et si le problème n’était pas tant l’app que la solitude du geste ? Tinder semble en tout cas avoir flairé le filon. Après avoir intégré la famille dans l’expérience avec « Share My Date » ou permis aux ami.es de vous suggérer des crushs avec « Matchmaker », l’appli lance une nouvelle fonctionnalité : Double Date. L’idée ? Matcher… mais à deux, voire trois.
Swiper, c’est mieux à deux ?
Le principe est simple : vous formez un binôme avec votre BFF, puis vous matchez ensemble avec d’autres duos. Une sorte de blind date croisé 2.0. L’interface ne change pas radicalement, mais l’approche, elle, est plus décomplexée, moins anxiogène. Fini les silences gênants et les conversations qui tournent à l’entretien d’embauche. « Le dating, ça devrait être fun », clame ainsi Tinder dans son communiqué. Et de fait, le duo transforme l’interaction : on s’amuse, on se protège, on partage.
Derrière cette nouvelle option, un constat : la Gen Z n’aime pas dater seule. Plus de la moitié des utilisateur.ices de l’app ont moins de 25 ans, et parmi celles et ceux qui ont testé Double Date, près de 90 % avaient moins de 29 ans.
@beachybrisket #tinder ♬ original sound – 💅🏻
Dating doudou ou stratégie d’engagement ?
Ce retour du collectif dans la rencontre n’est pas anodin. Il résonne avec une époque qui, entre crise sanitaire et fatigue émotionnelle, est en train de replacer l’amitié au centre du jeu. En allant en double date, on se sent moins vulnérable et exposé.e.On évite les silences pesants, les dangers potentiels, les attentes floues. Bref, on partage l’expérience au lieu de la subir. Et les conversations s’enchaînent : +35 % de messages envoyés par rapport aux chats classiques.
Bien sûr, Tinder ne fait pas uniquement ça par bonté d’âme. Derrière cette promesse de dating plus doux, on perçoit surtout une tentative pour relancer l’engagement sur une app qui peine parfois à se renouveler. En 2025, le swipe fatigue. Les utilisateur.ices désertent et les likes stagnent. Double Date s’inscrit alors comme une tentative de réactivation. Preuve en est, près de 15 % des personnes qui ont testé la fonctionnalité étaient des ancien.nes inscrit.es revenu.es pour l’occasion.
@livgpickfordx @doubbleapp is here to save us all from the date anxiety🙌🏼 Get tagging your besties #dating #firstdate #relatable #fyp ♬ original sound – Liv Pickford
Alors, bonne ou mauvaise idée ?
Reste que cette socialisation du dating soulève aussi des questions. Est-ce vraiment plus simple d’être deux ? Que se passe-t-il si l’un.e est intéressé.e et l’autre pas ? Comment gérer les tensions, les déséquilibres, les jalousies même ? On se souvient des dîners « bring your single friend » où les rôles sont mal distribués. Et puis, que reste-t-il de la magie de la rencontre quand elle est orchestrée en groupe, comme une sortie au karaoké ?
Bien qu’elle interroge notre capacité à affronter l’inconfort de la rencontre, la fonctionnalité Double Date semble cocher toutes les cases d’une époque qui mise sur le collectif, la sécurité et la viralité des expériences. À tester pour ne pas mourir bête donc.