« Nown » : le joli projet qui montre Bruxelles vue par 5 femmes

Publié le 24 juillet 2019 par Elisabeth Debourse
« Nown » : le joli projet qui montre Bruxelles vue par 5 femmes

À travers le projet « Nown », une dizaine de locaux, réfugiés et demandeurs d’asile capturent l'atmosphère de Bruxelles et leur quotidien. Leur travail fera bientôt l’objet d’une exposition photo, dont voici quatre instantanés de femmes en exclusivité.

Et si le regard que l’on portait sur notre quotidien changeait d’âges en époques ? Le filtre de la jeunesse serait-il rose et celui de la maturité en sépia ? Avec quelle optique vit-on ce qui nous entoure ? Et Bruxelles immortalisée, c’est proche ou c’est loin ? Ce sont les questions qu’ont dû se poser en amont de leur projet Sara, Philippine, Chloé et Marine, les quatre jeunes femmes à l’initiative de « Nown ». Des humains et des appareils photo jetables, voilà les conditions de ce travail photographique communautaire qui a débuté en janvier 2019.

À l’époque, elle décident de mettre en place un atelier photo avec comme unique consigne de photographier leur quotidien bruxellois. Le leur et celui d’une demi-douzaine d’autres participants bénévoles, locaux, réfugiés ou demandeurs d’asile. Tous se sont croisés à un moment ou un autre à l’ASBL Singa, créatrice de liens citoyens à Bruxelles. Chacun s’est aussi muni d’un carnet pour documenter ces instantanés de vie. « C’est impressionnant d’observer la diversité de nos vies. Et pourtant, on se retrouve toujours un peu dans le quotidien des autres, même ceux qui viennent d’arriver », raconte Sara, l’une des instigatrices de Nown.

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« Enfant, il était difficile de voyager depuis mon pays. Toute ma famille se cotisait alors pour m’offrir un appareil jetable et j’étais leur ambassadrice au travers de mes photos. Depuis, j’ai gardé ce regard de ‘détective’ à Bruxelles, j’y scrute chaque détail amusant, chaque recoin caché. »
 — Aga, 35 ans.

« On est allées de surprise en surprise ». Il y a eu les photos emplies d’humour, d’émotion ou d’honnêteté, puis celles qu’elles n’ont pas compris. Comme le travail de cette dame, qui ne leur rapportait que des clichés de ciel. « Et puis un jour, elle nous a expliqué qu’elle avait connu la guerre pendant des années. Pour elle, voir un ciel sans bombes, c’était magnifique. »

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Le ciel sans bombe de Raissa, 55 ans.

« Ça nous a mené à de belles conversations. Les photos peuvent parfois avoir l’air anodines, mais ce n’est souvent pas le cas », poursuit Sara. Parce qu’il y a ceux qui capturent la vie d’un centre fermé, et ceux de leur appartement douillet, entourés de leur famille. Ceux qui ont 18 ans et ceux qui en ont 60. Et pourtant, « peu importe d’où on vient, on est tous là, en même temps », se réjouit Marie.

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Aujourd’hui, la petite équipe souhaite pérenniser ce « maintenant » et « ici » ensemble, et le partager avec d'autres. Pour cela, Nown a lancé en juillet une campagne de crowdfunding avec un objectif modeste, mais indispensable pour continuer à faire vivre le projet : 4 400 euros et encore une dizaine de jours pour financer le matériel et le développement des photos, et à terme, organiser une exposition au Recyclart. 47 personnes ont déjà participé à la collecte. Et vous ?

En attendant de voir toutes leurs images exposées, cinq participantes de "Nown" nous ont confié leur quotidien, à découvrir dans cet article, en exclusivité.

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« Il y a quelques mois, j’ai décroché le job de mes rêves à la VUB. J’aime y photographier mon quotidien. » — Pauline, 27 ans.
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« Mon quotidien est rythmé par la tradition, les rituels. Chaque objet a sa place et sa symbolique. J'aime tous ces moments de préparatifs, de célébration. » — Simin, 45 ans.
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« J’ai toujours été une personne très sensible. Au travers de mes photos, j’essaye d’exprimer les différentes émotions qui m’animent au quotidien: la joie, la peine, l’angoisse,… la nostalgie. » — Marine, 25 ans.

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