À Aix-en-Provence, il y a des lieux qui ne cherchent pas à être connu. Et c’est souvent les meilleurs. La Villa Gallici, par exemple, demande un peu de temps et de curiosité pour être découverte. Il faut un peu la chercher, oser s’éloigner de l’agitation du Cours Mirabeau, grimper à pied ou en voiture quelques mètres au-dessus du centre… Et là, au bout d’une allée discrète bordée de cyprès, elle est là. Comme un secret bien gardé, mais que l’on a décidé de vous partager.

Cette ancienne bastide classique du XVIIIe siècle ne laisse rien présager de ce qui vous attend à l’intérieur, et c’est tout l’intérêt. Derrière son portail en fer forgé et sa façade couleur crème, se cache une toute autre ambiance. Un monde feutré, coloré, à l’abri du bruit, baigné par la lumière du Sud et rempli de détails décoratifs qui font mouche. Ici, on vous accueille avec un sourire sincère et une boisson maison servie sur la terrasse quand il fait beau. On se sent invité, pas client.

Une décoration qui en met plein les yeux

La première fois qu’on entre dans la Villa Gallici, on se dit “waouh”, mais pas pour les raisons habituelles. Ce n’est ni minimaliste, ni design, ni épuré — au contraire. Le style est assumé, chaleureux, presque théâtral, avec des meubles Louis XV, des canapés profonds en velours, des rideaux en damas, des dorures un peu partout… Ça pourrait vite devenir trop, et pourtant, ça fonctionne. Le tout a été pensé par un trio de décorateurs passionnés (Charles Montemarco, Daniel Jouve et Gil Dez, pour les curieux), qui ont su créer une atmosphère unique, à mi-chemin entre une villa toscane, un château provençal et une maison de famille très (très) bien décorée.

Dans les chambres, même ambiance cocon avec des papiers peints magnifiques et tous différents pour garantir l’unicité de chaque pièce. Certaines donnent sur le jardin, d’autres sur la vieille ville d’Aix, mais toutes dégagent cette même sensation de confort absolu. On y trouve des lits à baldaquin, des têtes de lit tapissées, des lampes anciennes et des coussins partout. C’est beau, oui, mais surtout c’est agréable. On a envie d’y rester, de lire sur le fauteuil en rotin du balcon, de laisser son téléphone loin. Et on y dort très bien — et ça, ça compte.

Prendre le temps

Le luxe ici ne se mesure pas en étoiles ou en services tape-à-l’œil. Il est dans les petits gestes, dans l’attention portée aux détails, dans le fait de ne jamais se sentir pressé. Le petit-déjeuner, par exemple, se prend où vous voulez : en terrasse sous les platanes, dans votre chambre si vous êtes encore en peignoir, ou au bord de la piscine si vous avez déjà les pieds dans l’eau. Les viennoiseries sont croustillantes, le miel vient du coin, le café est bon, et personne ne vous regarde de travers si vous commandez un deuxième jus.

Le spa, lui, est à l’image du lieu : élégant et discret. Quelques cabines, une carte de soins signée Sothys, une atmosphère calme… Idéal pour décrocher. Et pour ceux qui aiment les plaisirs simples, il y a aussi le jardin.

Même le restaurant gastronomique, La Taula Gallici, prend son temps. Pas de grande scène ni de menu à rallonge. Juste une belle cuisine franco-italienne, des produits bien choisis et une terrasse magique à la tombée du jour. Le chef, Christophe Gavot, cuisine comme on aime : avec du goût, du soleil et beaucoup de générosité.

Si vous êtes un tant soit peu sensible aux odeurs, vous aurez sans doute remarqué dès votre arrivée une légère senteur de figue, de lavande ou de verveine. Ce n’est pas un hasard. Les parfums d’ambiance sont signés Rose et Marius, une marque locale qu’on adore et qui capture la Provence comme peu d’autres. Tout est délicat, artisanal, et sent vraiment bon (pas les fausses lavandes chimiques qu’on vous refile parfois).

Il y a des hôtels où l’on passe, et d’autres où l’on reste. Même une fois rentré chez soi. La Villa Gallici fait partie de ceux-là. Ce n’est pas seulement un beau lieu. C’est une ambiance, une parenthèse, une façon de vivre le Sud autrement. Avec lenteur, élégance et convivialité. Le genre d’endroit qui ne se raconte pas trop, parce qu’on a envie de le garder pour soi… mais qu’on partage quand même, parce que les bonnes adresses, ça se mérite.