À la pointe sud-est de la péninsule Arabique, là où le désert rencontre l’océan Indien, se cache une destination hors du temps. Oman, qui ne s’est ouvert au tourisme international qu’il y a une vingtaine d’années, demeure le secret le mieux gardé du Moyen-Orient. Un Sultanat plus sûr, plus contrasté et plus verdoyant qu’on ne l’imagine, et qui dévoile son visage le plus radieux précisément au cœur de l’été belge.
Le Sultanat, dix fois plus vaste que la Belgique, est certes dominé par le désert, mais il est sculpté, au nord, par les monts Hajar dont les cimes culminent à trois mille mètres. C’est précisément cette symbiose entre désert, mer et montagnes qui fait d’Oman une terre d’une diversité surprenante, révélant ses trésors au fil de l’ascension.
Mascate, entre mer et montagne
Un périple à Oman commence à Mascate, une capitale à première vue très différente de ses voisines arabes. Ici, point de gratte-ciel : les maisons basses d’un blanc immaculé préservent la vue imprenable sur les montagnes et la mer environnantes. Dans le Vieux Mascate, ceint de remparts séculaires, se dressent les forts Al Mirani et Al Jalali ainsi que le palais du sultan, Al Alam. Le quartier de Muttrah doit son charme à sa corniche longue de trois kilomètres et à son souk vibrant d’activité. Entre les étals de tapis et de bijoux, on peut y dénicher le traditionnel khanjar, ce poignard recourbé qui orne le drapeau omanais. La Mascate moderne est quant à elle dominée par la Grande Mosquée du Sultan Qaboos, un chef-d’œuvre architectural abritant un immense lustre Swarovski et le deuxième plus grand tapis persan tissé à la main au monde, également accessible aux non-musulmans.
La Montagne Verte
Sur le plateau du Jebel Akhdar — la Montagne Verte — les familles perpétuent chaque printemps la cueillette de milliers de roses de Damas pour produire la célèbre eau de rose. Les pétales sont distillés des heures durant, selon un rite ancestral, dans des chaudrons en cuivre placés au-dessus d’un feu de bois, jusqu’à l’obtention de ce précieux liquide limpide. Cette eau de rose se retrouve ensuite dans les desserts, le café, les mosquées, ainsi que dans les célèbres fragrances d’Amouage, la maison de haute parfumerie omanaise qui met en flacons des trésors locaux comme la rose, l’encens et l’oud, convoités dans le monde entier.
Tout au long de l’année, une certaine fraîcheur règne dans les montagnes, où les températures oscillent autour de vingt degrés, même en juillet. Sur les terrasses escarpées, grenades et abricots à la réputation presque mythique mûrissent grâce aux falaj, ces canaux d’irrigation millénaires classés au patrimoine mondial de l’UNESCO dans des villages comme Misfat Al Abriyeen et toujours opérationnels aujourd’hui. C’est ici aussi que l’on peut admirer les gorges du Wadi Nakhar, souvent surnommées le Grand Canyon du Moyen-Orient.
La terre de l’encens
Cap au sud pour découvrir l’un des phénomènes les plus spectaculaires du pays. De juin à septembre, la mousson du khareef métamorphose totalement la région du Dhofar. Le désert aride se couvre d’un tapis de verdure, des cascades dévalent des collines et la température chute à 25 degrés en moyenne. En été, Salalah, la capitale régionale, est en pleine floraison. Palmiers, bananiers et papayers bordent les plages, tandis que des effluves d’encens flottent dans les souks. Depuis des millénaires, le Dhofar est, en effet, la capitale mondiale de l’encens. La réserve naturelle du Wadi Dawkah qui figure, depuis l’an 2000, au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite encore les arbres séculaires dont est extraite la résine.
Les fjords du Nord
À l’extrémité nord, la péninsule de Musandam offre un spectacle naturel exceptionnel. Les montagnes se jettent littéralement dans l’océan, découpant des fjords escarpés le long du littoral. Ce paysage impressionnant vaut à Musandam le surnom de « Norvège du Moyen-Orient ». Une croisière en dhow entre les parois rocheuses, ponctuée de plongeons pour explorer les fonds marins et du spectacle des dauphins batifolant dans les eaux cristallines, reste l’une des expériences les plus mémorables d’un périple à Oman.
Wadis, nuits en plein désert et tortues
Oman, c’est aussi la magie des wadis, ces oasis d’eau douce et de fraîcheur nichées au creux des rochers, entre montagnes et littoral. Le Wadi Bani Khalid, avec ses piscines naturelles vert émeraude bordées de palmiers, et le Wadi Shab, dont la grotte cache une cascade secrète, sont les deux joyaux incontestés de la région. Plus loin, les dunes orangées des Wahiba Sands invitent à une nuit sous la Voie lactée, dans un campement bédouin traditionnel sans wifi ni pollution lumineuse, après un coucher de soleil spectaculaire. Le Sultanat autorise d’ailleurs officiellement le camping sauvage, une liberté rare accordée par peu d’autres pays.
Direction les rives de la mer d’Arabie, à la pointe la plus orientale de la péninsule arabique, pour découvrir la réserve de tortues de Ras Al Jinz. Entre juin et septembre, près de trente mille tortues vertes viennent y pondre leurs œufs sur la plage, un spectacle naturel à observer de nuit, en petits groupes accompagnés d’un guide. Les amateurs de fonds marins trouveront leur bonheur aux îles Daymaniyat, une réserve naturelle au nord de Mascate, où coraux, raies manta et poissons multicolores peuplent les fonds marins.
Oman l’authentique
Ce qui fait le caractère unique du Sultanat, c’est le respect de son identité. Pas de gratte-ciels, ni de complexes hôteliers titanesques, ni de files d’attente interminables. Le tourisme y est délibérément dosé, l’hospitalité chaleureuse mais jamais ostentatoire, et la sécurité primordiale. Un vendredi matin, au milieu des éleveurs et des marchands d’un marché aux chèvres local, se dévoile l’essence d’un Oman préservé : pur, authentique, loin de toute mise en scène.
Depuis Bruxelles, comptez environ sept à huit heures de vol vers Mascate, avec une escale à Doha ou Istanbul. Meilleure période : d’octobre à mai pour les montagnes et le désert ; toute l’année pour le Jebel Akhdar et la côte nord ; de juillet à septembre pour vivre l’expérience de la mousson verdoyante (khareef) du Dhofar.
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Cet article a été rédigé en étroite collaboration avec Oman.