Kyoto ne manque pas d’hôtels, mais aucune ouverture n’a autant attiré l’attention ce printemps que celle de Capella. Niché à Miyagawa-cho, le quartier historique des geishas où geiko et maiko arpentent encore les rues en kimono, avec vue sur un temple bouddhiste, l’hôtel mêle culture japonaise et luxe sans compromis jusque dans les moindres détails.

L’arrivée donne immédiatement le ton. À l’aéroport ou à la gare, un chauffeur vient vous chercher en Range Rover Sport. Une fois à l’hôtel, vous êtes accueilli par une sculpture incurvée en paille de riz signée par l’artiste japonaise Momoko Fuji. Il s’agit d’une réinterprétation contemporaine du « shimenawa », ou « corde sacrée », suspendu dans le shintoïsme au-dessus de l’entrée des temples et sanctuaires pour marquer la frontière entre le monde quotidien et celui de la contemplation.

Les entrées sont également ornées de rideaux « noren » saisonniers créés par l’artiste textile néerlandaise Mae Engelgeer à partir de tissus de kimonos trouvés dans la région. Près des ascenseurs se déploie une imposante installation en bambou du maître vannier Tanabe Chikuunsai IV.

Un ancrage culturel profond

L’attention portée à l’artisanat local ne s’arrête pas aux installations artistiques. Capella Kyoto est profondément ancré dans le quartier et la culture japonaise, jusque dans ses fondations. L’hôtel cinq étoiles occupe ainsi l’ancien site de la Shinmichi Elementary School, qui a fermé ses portes il y a quelques années. De l’autre côté de la rue se trouvent le théâtre Miyagawa-cho Kaburenjo, où sont organisés des spectacles de geiko, et la Maiko Performance School, qui forme de jeunes femmes au métier de geisha.

Le bâtiment a été conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma, à qui l’on doit notamment le Japan National Stadium, en collaboration avec Brewin Design Office, un studio singapourien. Le résultat : une réinterprétation stylisée de la « machiya », la maison de ville japonaise traditionnelle.

Des matériaux artisanaux

L’identité historique du bâtiment et du quartier se lit partout dans les intérieurs. Le restaurant japonais a conservé les luminaires d’origine de l’ancienne école primaire, tandis que les lames de parquet d’époque ont été réutilisées pour habiller le bar. Dans les chambres, chaque lit est doté d’une tête de lit en tissu ornée de motifs de geishas et d’une maxime zen différente. Bambou, bois, papier et textile, quatre matériaux emblématiques de l’artisanat japonais, se retrouvent dans tout le bâtiment.

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Ici, pas de lobby traditionnel. Un couloir bordé de panneaux shoji mène à la « Living Room », un salon où s’effectue l’enregistrement, mais où l’on peut aussi venir s’installer tout au long de la journée. Certains soirs, une « maiko », une geisha en apprentissage, y donne une courte performance avant de répondre aux questions des clients lors d’un meet & greet. Et ce n’est pas la seule façon de découvrir la culture japonaise sans quitter l’hôtel. Le matin, il est notamment possible de participer à un cours de karaté ou à une séance de « Radio Taiso », la gymnastique matinale japonaise, suivie d’un bain sonore relaxant.

Pour pousser l’expérience zen un peu plus loin, direction l’Auriga Spa. Outre quatre cabines de soins, des saunas humides et secs et une salle de fitness accessible 24 h/24 et 7 j/7, il abrite trois salles d’onsen privées. Un onsen est un bain japonais traditionnel rempli d’eau chaude provenant de sources thermales naturelles, au cœur d’un rituel culturel vieux de plusieurs siècles. Pensez à réserver à l’avance : il s’agit de l’une des expériences les plus demandées de l’hôtel.

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Le zen dans les moindres détails

L’eau traverse par ailleurs l’hôtel comme une artère. À l’étage inférieur, une véritable cascade se déverse sur de grands blocs rocheux provenant de Gifu, tandis que son murmure se diffuse à travers les cloisons en papier jusqu’au lobby et aux couloirs. Le jardin intérieur central, ou tsuboniwa, abrite également un étang entouré de cerisiers et de camélias, dans lequel se reflètent les nuages.

Les 89 chambres sont particulièrement spacieuses pour Kyoto, avec une superficie minimale de cinquante mètres carrés, et dégagent toutes un calme absolu. Bois de cyprès, papier washi et pierre naturelle en constituent les principaux matériaux. La lumière tamisée qui filtre à travers les panneaux shoji crée, au fil de la journée, un subtil jeu d’ombre et de lumière.

Chaque chambre offre une perspective particulière : la skyline de Higashiyama, le temple bouddhiste Kenninji, la nouvelle école de maiko ou le jardin privé de l’hôtel, qui semble presque prolonger la suite grâce aux grandes baies vitrées. Six suites vont encore plus loin en proposant un onsen privé dans la chambre. La plus prestigieuse, la Capella Suite, offre un panorama complet sur les collines de Higashiyama.

Gallery Preview

Le service en chambre complète le tableau. À chacun de vos retours, une nouvelle attention vous attend. L’après-midi, une coupelle de poires japonaises ou de friandises est déposée dans la chambre et, le soir, un thermos de dashi apparaît sur la table de chevet pour faciliter la digestion. Sans oublier les pyjamas Capella : confectionnés à la main en Italie et doux comme de la soie, ils donnent envie de ne plus jamais les quitter.

À table

Kyoto est une capitale gastronomique mondiale, et Capella en tire pleinement parti. L’hôtel compte quatre adresses culinaires, chacune dotée de sa propre identité : une brasserie française, un restaurant japonais, un bar où dîner tard et son fleuron gastronomique, SoNoMa by SingleThread.

Lanterne : brasserie française

Le petit-déjeuner est servi chez Lanterne, la brasserie française de l’hôtel, qui dispose de sa propre terrasse. Omelettes japonaises parfaitement aériennes, pancakes au matcha et pain perdu à la banane caramélisée : le menu à la carte, qui complète un buffet déjà généreux, offre suffisamment de choix pour ne pas s’en lasser, même après une semaine.

Et si une envie de sucré se fait sentir plus tard dans la journée, Lanterne a encore de quoi faire. La vitrine propose une sélection de pâtisseries délicates, présentées comme de petites œuvres d’art sucrées. Le soir, la carte comprend notamment du bar poêlé avec racine de lotus et beurre blanc, une ballotine de poulet accompagnée de topinambour et de sauce bordelaise, ainsi que du chevreuil grillé au charbon de bois avec du céleri-rave, le tout accompagné d’une carte des vins comptant près de mille références.

Intérieur de Lanterne au Capella Kyoto
Cuisine française de Lanterne au Capella Kyoto

Yoi : cuisine « kappo » & cocktails

Vous préférez savourer la cuisine japonaise le soir ? Rendez-vous chez Yoi, qui dispose d’un chef’s counter où la cuisine « kappo » s’accompagne de cocktails préparés par des mixologues chevronnés. La carte réunit des sashimis et sushis classiques, mais aussi des incontournables de la street food comme le katsu sando et les yakitoris de langue de bœuf, préparés dans les règles de l’art. Pour terminer, place au cheesecake au camembert, un dessert aussi inattendu que savoureux.

Intérieur de Yoi au Capella Kyoto
Cocktails de Yoi au Capella Kyoto

SoNoMa by SingleThread : la Californie à Kyoto

La tête d’affiche de l’offre culinaire est SoNoMa by SingleThread, la première adresse internationale du restaurant trois étoiles de Healdsburg, en Californie. Le chef Keita Tominaga a grandi à Sonoma dans une famille de restaurateurs japonais et s’est formé à Tokyo, notamment auprès du chef Ryohei Hayashi, avant de revenir au Japon pour diriger ce projet.

L’approche californienne farm-to-table y rencontre les produits japonais de saison. Une association qui résume à elle seule la philosophie de tout l’hôtel.

Intérieur de SoNoMa au Capella Kyoto
Cuisine de SoNoMa au Capella Kyoto

Capella réussit à transposer les standards internationaux du luxe qui ont fait la réputation de la marque dans la culture locale, sans jamais tomber dans les clichés. Une formule à découvrir, après laquelle il devient difficile de se contenter de moins.

Plus d’informations sur capellahotels.com.