Hier soir, l’éclat du défilé Saint Laurent rivalisait avec celui de la tour Eiffel illuminée en arrière-plan. Sous une série de lustres gigantesques, la maison française ouvrait une nouvelle ère d’opulence, entièrement drapée d’or. Une collection digne de Dynasty à l’époque de Joan Collins, mais pensée pour 2026. Silhouettes safari, manches oversize et blousons d’aviateur se paraient de finitions métalliques qui semblaient rayonner de l’intérieur. Même les détails étaient recouverts d’or. Gros boutons, ceintures-écharpes et cols sculpturaux adoptaient tous cette teinte dorée. Hailey Bieber, Zoë Kravitz, Post Malone et Rosé étaient assis au premier rang. Les créateurs Donatella Versace et Pierpaolo Piccioli étaient également présents pour lui témoigner leur soutien.
Les teintes intenses allaient d’un or jaune 24 carats à des nuances antiques plus profondes. Les immenses robes virevoltantes en organza, les vestes en velours à gros boutons dorés et les imposants nœuds transparents affichaient aussi une forte influence années 80. Rien d’étonnant puisque le directeur artistique Anthony Vaccarello puise souvent dans les archives et l’histoire de la maison. Les notes du défilé citaient Yves Saint Laurent : « J’aime l’or. C’est une couleur magique. Lorsqu’il reflète une femme, c’est la couleur du soleil. »


Vaccarello affectionne pourtant les répétitions délibérées, surtout ces derniers temps. Ici, il a pleinement déployé sa créativité. Il a montré de combien de façons robes, vestes, ensembles jupe et manteaux pouvaient se métamorphoser en or. Grâce à la diversité des matières, la collection ne devenait jamais monotone. Leur exécution était si riche et précise qu’on avait presque l’impression de pouvoir les toucher à distance. Le lamé et le latex aux accents disco étaient recouverts d’une épaisse couche de feuilles d’or, créant un effet presque joaillier. La dentelle guipure et le brocart sont déjà travaillés en eux-mêmes. Mais lorsqu’ils sont entièrement plongés dans l’or, ils dépassent sans effort le registre du quotidien.


Effets froissés, vestes oversize portées ouvertes, boucles d’oreilles lustre aux proportions colossales et turbans sertis de bijoux comptaient parmi les autres détails soigneusement étudiés qui renforçaient cette esthétique fastueuse.
Ce soir-là, Vaccarello célébrait ses dix ans au sein de la maison. Il y a imprimé à Saint Laurent une signature très personnelle, tout en continuant à rendre hommage à Yves sans jamais faire un faux pas. Dans sa vision de Saint Laurent, les épaules sont puissantes, la robe de soirée n’a jamais disparu et tout ce qui brille est d’or.