Sa nomination, annoncée le 11 novembre, marque une nouvelle orientation pour la maison fondée en 1945 par Pierre Balmain : moins tournée vers le spectacle, davantage centrée sur la coupe, la matière et le savoir-faire. Voici cinq choses à retenir sur celui qui présentera sa première collection Balmain en mars 2026, à Paris.

1. Un créateur français formé à Anvers

Antonin Tron a étudié à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, l’une des écoles les plus respectées du monde de la mode, connue pour son exigence conceptuelle et son approche rigoureuse du vêtement. Il appartient à cette génération de designers pour qui la création repose avant tout sur la construction, la technique et la compréhension du corps.

2. Un parcours construit dans les plus grandes maisons

Avant de fonder sa propre marque, Tron a travaillé dans plusieurs maisons majeures. Il fait ses débuts chez Raf Simons, puis rejoint les studios de Louis Vuitton et Givenchy, où il collabore avec Riccardo Tisci. De 2012 à 2016, il intègre Balenciaga, où il perfectionne son approche du tailoring et du mouvement. Ces années de formation lui ont permis d’acquérir une vision précise du vêtement, à la croisée du luxe et de la recherche formelle.

 

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3. Le fondateur d’Atlein, label salué par la critique

En 2016, Antonin Tron fonde Atlein, sa propre marque indépendante. Son travail y explore les notions de mouvement, de fluidité et de durabilité, à travers des drapés sophistiqués réalisés principalement en jersey. Le nom – Atlein – est un clin d’œil à l’Atlantique, référence directe à sa passion pour le surf. Son approche responsable et sensorielle du vêtement lui vaut d’être finaliste du prix LVMH en 2017, puis lauréat du Grand Prix de l’ANDAM en 2018.

4. Une esthétique fondée sur le drapé et la matérialité

Loin des logiques de logo ou de narration marketing, Antonin Tron se distingue par une approche sensible du vêtement, centrée sur le geste et la matière. Son travail s’ancre dans la citation fondatrice de Pierre Balmain : « La couture est l’architecture du mouvement. » Il aborde la création comme une discipline physique : comprendre comment le tissu vit sur le corps, comment il accompagne le geste. Une vision qui s’inscrit dans la continuité du patrimoine de Balmain, tout en annonçant un retour à une mode plus construite, plus silencieuse, plus incarnée.

5. Une nouvelle ère pour Balmain

Le départ d’Olivier Rousteing, après quatorze ans à la tête de la maison, marque la fin d’un cycle et l’ouverture d’un autre. Sous sa direction, Balmain s’est imposé comme un acteur global du luxe contemporain : un style reconnaissable, une communauté fidèle, une visibilité sans précédent. L’arrivée d’Antonin Tron devrait repositionner la maison autour d’un discours plus centré sur le savoir-faire et la création pure, tout en préservant l’énergie et l’élégance qui font partie de son identité.
Son premier défilé pour Balmain, prévu en mars 2026 pour la saison automne-hiver 2026-2027, sera observé de près. Après l’ère de la communication et de l’expansion, Balmain semble vouloir renouer avec son architecture originelle : celle du vêtement.