Paris ne manque certes pas de nouvelles tables, mais l’embarras du choix guette vite les amateurs. Ces huit adresses ouvertes en 2026 possèdent toutes ce supplément d’âme qui leur permet de sortir du lot : d’une rôtisserie abordable où l’on revient pour le croustillant de la poitrine de porc à une table turque bien loin des traditionnels mezzés, en passant par un repaire festif qui s’improvise club sitôt le dessert débarrassé.

Lotta

À deux pas du Palais-Royal, Lotta flirte avec un écueil bien connu : décor léché, faune branchée et assiettes soignées… mais qu’en est-il du goût ? Heureusement, la réponse est un oui franc et massif. Entre boiseries sombres, travertin et lignes seventies, la carte déroule des accents transalpins et méditerranéens réjouissants : des assiettes de pâtes franches, des plats à picorer et de réconfortantes madeleines tièdes nappées de caramel de coco. Si vous le pouvez, filez sur la mezzanine et laissez filer le temps jusqu’à ce que la lumière se tamise.

Lotta Paris

Lotta

Lotta Paris

Lotta © Romain Moriceau

Adresse : 8 rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris

Fat Belly

Un nom comme Fat Belly annonce d’emblée la couleur, et la cuisine ne fait pas mentir la promesse. Dans cette nouvelle rôtisserie du Marais, la part belle est faite aux viandes patiemment confites à la broche : canard laqué à la mode cantonaise, travers caramélisés et, surtout, poitrine de porc à la couenne soufflée et croustillante à souhait. Les nouilles fraîches maison et les raviolis wonton baignant dans une huile pimentée ne sont pas là pour faire de la figuration : ils offrent le prétexte parfait pour venir à plusieurs, avoir les yeux plus gros que le ventre et tout disposer au centre de la table. Une aubaine pour les gros appétits, l’addition restant particulièrement douce.

Fat Belly Paris, adresse asiatique

Fat Belly

Fat Belly, adresse à Paris

Fat Belly

Adresse : 57 rue Charlot, 75003 Paris

Selma

Selma emprunte son nom à la mère du chef Şahin Erdal, mais ne vous attendez pas pour autant à une carte postale nostalgique de la cuisine familiale anatolienne. Erdal a fait ses armes entre Shanghai et Malmö, et sa cuisine se nourrit de ces escales cosmopolites : en témoignent ses mantis roulés à la main, ses dolmas subtils et son épaule d’agneau fondante aux aubergines fumées. Les murs sont bruts, les vins nature et l’atmosphère résolument ancrée dans le 11ᵉ branché, mais l’assiette déploie heureusement bien plus de caractère qu’une simple posture décorative.

Selma

Selma

Selma Paris

Selma

Adresse : 128 rue du Chemin-Vert, 75011 Paris

L’Atlantic

L’Atlantic a réussi ce tour de force d’avoir l’air, dès le jour de son ouverture, d’être ancré sur le boulevard Saint-Martin depuis des décennies. Entre néons feutrés, miroirs piqués et grand comptoir en zinc, le ton est donné. Dans les assiettes défilent des moules de Galice charnues, un tarama d’oursin iodé et des brochettes qui lorgnent sans complexe du côté de l’Espagne et du pourtour méditerranéen. C’est le genre de bar où un simple verre commande une bouchée, puis une autre, jusqu’à ce que tout le monde réalise que personne n’a envie de rentrer. Même la présence insolite de la Jupiler à la carte sonne davantage comme un clin d’œil malicieux que comme un faux pas.

latlantic @jeannedamas

Adresse : 39 boulevard Saint-Martin, 75003 Paris

Bar Nomo

À quelques numéros du très prisé Bar Omi, Arthur Cohen ouvre un nouveau chapitre nippon entièrement dédié aux temaki. Au comptoir, les rouleaux d’algue croustillante sont façonnés à la minute et garnis de thon gras (toro), sériole (hamachi), anguille grillée ou bœuf wagyu, accompagnés de cocktails ciselés infusés notamment au yuzu kosho. Le décor est au moins aussi percutant que l’assiette, avec ses tables et tabourets où des fleurs semblent en apesanteur sous la résine, en hommage à la célèbre chaise Miss Blanche de Shiro Kuramata. Les portions sont comptées et les tarifs nettement moins, mais on ne réserve pas ici que pour calmer sa faim.

Bar Nomo

Bar Nomo

Bar Nomo

Bar Nomo

Adresse : 6 rue du Marché Saint-Honoré, 75001 Paris

Trente

 

Trente fait partie de ces adresses confidentielles qui n’ont nul besoin de faire des vagues pour afficher complet. Aménagé au sein de l’Hôtel Massé, à Pigalle, ce bar s’est mué en quelques mois en quartier général du milieu de la mode et du design, séduit par ses vinyles crépitants, ses flacons vivants et son allure de loft d’atelier. Côté cuisine ? De petites assiettes maraîchères de saison à partager, à l’exception de l’incontournable « Brioche Trente », seule résidente permanente du menu et valeur sûre à commander d’emblée. La platine tourne toute la soirée, glissant sans heurt de l’ambient au jazz avant de basculer vers la house et l’électro.

Le Trente à Paris

Trente © Cobey Arner

Le Trente à Paris

Trente © Cobey Arner

Adresse : 32 bis rue Victor Massé, 75009 Paris

Public Wine Bar

Les Parisiens ne plaisantent pas avec le vin, et Public le leur rend bien. Le jeune sommelier Léo Algret y défend une sélection pointue de quelque 300 flacons, tandis que le chef Charley Breuvart leur imagine des accords sur mesure en cuisine. À mesure que la nuit s’installe, les DJ montent le son et la température d’un cran. Une table chaleureuse et réjouissante, où il est bien difficile de s’arrêter à un seul verre.

Public Wine Bar Public Wine Bar

Adresse : 15 rue Choron, 75009 Paris

Orson

Sans verser dans l’emphase, Orson se pose comme la table la plus gastronomique de notre sélection. Le chef Esu Lee y réinterprète le terroir coréen en faisant dialoguer cuisson à la flamme et fermentations complexes.Parmi les passages obligés : les banchan minutieux, les sashimis maturés ou encore le tteokbokki au crabe.L’ambiance feutrée et intime de Saint-Germain, tout comme le niveau d’addition, invitent à une soirée pensée et réservée pour l’occasion. Ce n’est pas un lieu où l’on entre par hasard, mais un secret d’initiés que les esthètes du goût se refilent sous le manteau.

Orson Paris

Orson

Orson Paris, nouveau restaurant

Orson

Adresse : 5 rue du Dragon, 75006 Paris

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