12 sur 18. C’est le nombre de startups fondées ou cofondées par des femmes parmi les lauréats des premiers Belgian Startup Awards. Soit 66 % de visages féminins sur le podium — une proportion aussi inattendue qu’inspirante, et qui redonne un sérieux coup d’éclat à l’entrepreneuriat féminin en Belgique.

Un écosystème encore inégal… mais en pleine évolution

Longtemps cantonnées aux marges de l’écosystème tech et startup, les femmes reprennent peu à peu leur place dans le paysage entrepreneurial. En Belgique, elles représentent aujourd’hui 31 % des chefs d’entreprise, et leur nombre ne cesse de croître : en 2022, le nombre d’indépendantes est de 21 %, ce qui représente 417 610 femmes actives sous statut indépendant.

Et pourtant, dans le monde des startups — et a fortiori dans la tech —, les chiffres restent déséquilibrés. Selon une étude publiée par Innovation Origins, seulement 10 % des fondateurs de startups belges sont des femmes, et à peine 13 % occupent des postes de direction. Côté financement, la situation n’est pas plus équitable : à l’échelle européenne, les startups fondées par des femmes captent moins de 7 % des fonds de capital-risque (rapport European Institute of Innovation & Technology – EIT). Autrement dit : le plafond de verre est bien là, et il est encore solide.

66 % de lauréates : une rupture symbolique

C’est dans ce contexte que les Belgian Startup Awards — première édition, s’il vous plaît — créent la surprise. Sur 18 entreprises montées sur le podium (or, argent, bronze), 12 ont une femme parmi leurs fondatrices. À elles seules, elles redessinent la ligne de départ. Non, les femmes ne sont pas de simples participantes à la scène startup belge : elles en deviennent les figures de proue.

Parmi les 12 entreprises récompensées aux Belgian Startup Awards et fondées ou cofondées par des femmes, on retrouve In‑Between International, portée par  Rebeka Bahadorani, qui développe des solutions d’isolation naturelle et d’emballages durables.

La startup Lileo, active dans la FemTech, a été cofondée par Anastasia Luyckx. Dans le domaine de la santé, CBX Medical compte parmi ses cofondatrices Flora Mer et BuddyRise a été cofondée par Charline d’Oultremont et Céleste Cockmartin. L’univers de l’alimentation durable est représenté par Turtle – Better Breakfast, cofondée par Laurence Meeùs. Scopr.ai, dans le domaine de l’intelligence artificielle pour la rénovation immobilière, a été cofondée par Caroline Gysels.

La marque textile NOOSA, tournée vers la durabilité et l’artisanat, a été cofondée par Luna Aslan. La plateforme de séjours d’aventures en pleine nature Wildhartt a vu le jour sous l’impulsion de Marie Frère.

La plateforme de gestion de perosnnel eBloom a été cofondée par Margot Wuillaume. Seaman Solutions, dans le domaine maritime, a été cofondée par Selena Jones. Altheria, spécialisée en solutions B2B d’entrainement virtuel, compte Dimitra Manoliadis parmi ses cofondatrices. Enfin, Dockflow, acteur innovant du secteur logistique maritime, a été cofondée par Pauline Van Ostaeyen.

Douze femmes, douze visions fortes et incarnées, dans des secteurs aussi variés que la tech, la santé, la logistique ou l’alimentation. Et surtout, une même dynamique : celle d’un entrepreneuriat féminin qui ne se contente plus d’exister, mais qui performe, innove, et rafle les prix.

Et maintenant ?

Pour que ce 66 % devienne la norme plutôt qu’une exception, l’écosystème belge a tout intérêt à capitaliser sur cette dynamique. Concrètement, cela passe par :

  • Un meilleur accès aux financements pour les projets portés par des femmes, via des fonds dédiés ou des critères de diversité renforcés.

  • Des réseaux de mentorat plus inclusifs, où l’expérience des unes peut nourrir l’ambition des autres.

  • Une visibilité accrue pour ces rôles modèles, qui ouvrent la voie à la prochaine génération de fondatrices (comptez sur nous !)

Avec un score de 90/100 dans le dernier rapport Women, Business and the Law de la Banque mondiale, la Belgique figure déjà parmi les pays les plus avancés en matière de droits à l’entrepreneuriat féminin. Reste à faire en sorte que ces droits se traduisent pleinement en opportunités concrètes.

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