Tournai a un avantage précieux pour un city trip : vous pouvez laisser la logistique au vestiaire. La Grand-Place, le beffroi et la cathédrale Notre-Dame sont séparés de quelques minutes à pied et l’Escaut, les musées comme les quartiers plus résidentiels restent facilement accessibles depuis le centre.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout caser en une journée. Certains lieux méritent que vous leur accordiez davantage qu’un passage éclair. La bonne stratégie consiste plutôt à commencer par les classiques, puis à garder quelques heures pour les endroits que vous n’étiez probablement pas venu chercher.

Commencer par les incontournables

1. Lever les yeux devant la cathédrale Notre-Dame

 

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Vous aurez du mal à la manquer. Avec ses cinq tours qui dominent le centre, la cathédrale Notre-Dame constitue le monument emblématique de Tournai.

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, elle a principalement été construite au XIIe siècle. Sa particularité tient notamment à la manière dont elle fait cohabiter plusieurs périodes architecturales : une vaste nef romane, un transept surmonté de cinq tours et un chœur gothique reconstruit au XIIIe siècle.

Autrement dit, même si l’architecture religieuse n’est habituellement pas votre grande passion, prenez quelques minutes pour entrer. Le passage du roman au gothique s’y lit presque directement dans la pierre.

L’accès à la cathédrale est gratuit hors offices. En revanche, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le Trésor de la cathédrale est temporairement fermé. Une précision utile si vous aviez déjà commencé à bâtir votre programme à partir d’anciens guides.

2. Monter dans le plus ancien beffroi de Belgique

Juste à côté, vous pouvez prendre un peu de hauteur.

Daté du XIIe siècle et haut de 72 mètres, le beffroi de Tournai est considéré comme le plus ancien de Belgique. Il appartient également à l’ensemble des beffrois de Belgique et de France inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après plusieurs mois de fermeture, il a rouvert au public le 14 juillet 2026. La visite libre demande environ 45 minutes et, surtout, quelques marches. La récompense se trouve tout en haut : une vue suffisamment dégagée pour repérer la cathédrale, ses cinq clochers et comprendre en quelques secondes comment s’organise le centre-ville.

Si vous ne devez choisir qu’un point de vue à Tournai, c’est probablement celui-ci.

3. Ne pas simplement traverser la Grand-Place

 

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C’est le piège classique : arriver sur la Grand-Place, photographier le beffroi, chercher une terrasse et repartir.

Prenez plutôt quelques minutes pour en faire réellement le tour. Sa forme triangulaire est déjà inhabituelle et les bâtiments qui la bordent racontent plusieurs époques de la ville. Vous y croiserez notamment la Halle aux Draps et l’église Saint-Quentin.

Surtout, la Grand-Place fonctionne comme une sorte de charnière : d’un côté, les grands monuments ; de l’autre, tout un réseau de rues dans lequel Tournai devient moins solennelle et beaucoup plus agréable à parcourir au hasard. Ici, pour une fois, vous pouvez donc vous perdre sans grand risque. Le centre n’est jamais très loin.

4. Longer l’Escaut jusqu’au Pont des Trous

 

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Après les pierres et les clochers, changez un peu d’horizon.

Depuis le centre, rejoignez les quais et suivez l’Escaut jusqu’au Pont des Trous. Cette ancienne porte d’eau appartenait à la seconde enceinte communale de Tournai. Ses deux tours médiévales datent respectivement de 1281 et 1304, tandis que les arches furent achevées autour de 1329.

Ne vous fiez toutefois pas à l’image d’un monument qui aurait traversé huit siècles sans bouger d’un centimètre. Le Pont des Trous a connu plusieurs transformations, notamment après la destruction de son arche centrale au début de la Seconde Guerre mondiale et, plus récemment, dans le cadre des travaux liés à la navigation sur l’Escaut (et c’est justement cette succession d’adaptations qui rend son histoire intéressante !).

En été, certaines visites guidées permettent par ailleurs d’accéder à la courtine reliant les deux tours. Si les dates coïncident avec votre passage, voilà un bon moyen de ne pas vous contenter de l’observer depuis le quai.

Maintenant, sortez un peu du parcours attendu

Les monuments sont faits. Gardez cependant vos chaussures aux pieds : une partie du Tournai le plus intéressant se trouve précisément dans les détails que l’on ne pense pas à chercher.

5. Repérer les petites bizarreries disséminées dans la ville

Vous pensiez probablement venir pour une cathédrale. Vous pouvez aussi repartir en ayant photographié des empêche-pipi.

Tournai a rassemblé plusieurs de ses curiosités dans une balade insolite d’environ 3,5 kilomètres. Au fil du parcours, vous partez notamment à la recherche d’un ancien boulet toujours fiché dans une façade, de la plus petite maison de la ville ou encore de dispositifs architecturaux autrefois destinés à décourager les messieurs un peu trop pressés de se soulager contre les murs. Le circuit se parcourt en environ deux heures et peut être récupéré auprès de l’Office du tourisme.

Ce n’est pas forcément le genre de patrimoine qui décroche une inscription à l’UNESCO. C’est aussi précisément pour cela qu’on aime le chercher.

6. Lever les yeux sur les façades Art nouveau

 

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Autre surprise : Tournai possède également un patrimoine Art nouveau.

Pour le repérer, éloignez-vous légèrement du cœur médiéval et dirigez-vous notamment vers le quartier de la gare. Autour de la place Victor Carbonnelle, de l’avenue Henri Van Cutsem ainsi que des boulevards des Déportés et du Roi Albert, plusieurs immeubles du début du XXe siècle conservent sgraffites, vitraux, ferronneries et détails caractéristiques du mouvement.

Vous pouvez évidemment suivre le circuit consacré à l’Art nouveau proposé par la ville. Mais même sans carte en main, prenez l’habitude de regarder au-dessus des vitrines : certaines des façades les plus intéressantes commencent précisément là où l’on cesse normalement de regarder.

7. Entrer dans un musée signé Victor Horta

Et puisque nous parlons d’Art nouveau, ne vous arrêtez pas aux maisons particulières.

Le Musée des Beaux-Arts de Tournai a été dessiné par Victor Horta et constitue le seul musée conçu comme tel par l’architecte belge. Son plan, souvent comparé à une tortue, avait notamment été imaginé afin de favoriser la diffusion de la lumière naturelle dans les salles. Le bâtiment vaut donc déjà la visite. Les collections permettent toutefois de dépasser rapidement le simple plaisir architectural. Elles comprennent notamment les œuvres issues de la collection d’Henri Van Cutsem et les deux seules peintures d’Édouard Manet conservées en Belgique.

Si vous devez choisir un seul musée et que la peinture ou l’architecture vous intéresse un minimum, placez celui-ci assez haut sur votre liste.

8. Tirer le fil de l’histoire textile chez TAMAT

Tournai a également une histoire à raconter en matière de textile.

À partir du XVe siècle, les ateliers tournaisiens deviennent d’importants centres de production de tapisseries, exportées bien au-delà de la région. Cette tradition ne s’est pas simplement retrouvée enfermée dans des vitrines : conservation, restauration et création contemporaine continuent aujourd’hui à dialoguer au sein de TAMAT.

Installé place Reine Astrid, le musée rassemble des tapisseries anciennes des XVe et XVIe siècles, des œuvres du XXe siècle ainsi que des créations contemporaines. Il comprend également un atelier de restauration.

Si vous pensiez que la tapisserie se résumait aux grandes tentures un peu poussiéreuses aperçues dans les châteaux, c’est probablement le bon endroit pour revoir votre jugement.

9. Découvrir la ville par ses objets du quotidien

Les grandes dates, les grands hommes et les grands monuments ont déjà eu leur tour. Au Musée de Folklore et des Imaginaires, le MuFIm, Tournai raconte plutôt sa vie quotidienne. Ses 23 salles réunissent des objets liés aux métiers, aux traditions et aux usages locaux. La collection comprend notamment une ancienne friterie ambulante, un corbillard et toute une série d’objets parfois beaucoup plus inattendus.

La visite permet surtout de remettre un peu d’humain dans l’histoire locale : après avoir regardé où vivaient les puissants, vous découvrez comment vivaient les autres.

Et côté bonnes adresses, ça donne quoi ?

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Suivez le guide ! : 24 heures à Tournai : où manger, flâner et faire du shopping – ELLE.be