On a testé pour vous: le régime de 8 heures

Mis à jour le 13 février 2018 par ELLE Belgique
On a testé pour vous: le régime de 8 heures

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Zéro interdit, zéro frustration et full énergie à la clé, le test était trop tentant !

  • C’est quoi ?

Le nouveau régime dont tout le monde parle ! Mise au point par deux journalistes américains du magazine Men’s Health, cette diète, facile, rapide, healthy, sans aucune restriction alimentaire, si ce n’est dans le timing, permettrait non seulement de perdre quelques kilos, mais aussi de réduire le stress et de retrouver de l’énergie.

  • Le principe ?

L’« intermittent fasting », c’est-à-dire une alternance de jeûne et d’alimentation. La règle d’or étant de ne manger que dans une fourchette de huit heures, entre 9 h et 17 h, entre 12 h et 20 h ou entre 15 h et 23 h. Dans ces plages horaires, aucun interdit… dans les limites du raisonnable, quand même. En dehors, on boit de l’eau, du thé ou du café, mais on n’avale rien de solide. Ce qui compte ici n’est pas tant ce que l’on mange, mais quand on le mange, parce que si on s’alimente huit heures et qu’on jeûne seize heures, le métabolisme s’accélère et on favorise le mécanisme de régénération cellulaire. On perd d’un demi-kilo à un kilo par semaine, on résiste mieux au stress et, à long terme, on développe une meilleure résistance aux maladies et on voit son espérance de vie augmenter.

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  • Comment ça marche ?

Des études ont démontré qu’avec un même apport calorique, des souris mangeant toute la journée grossissent, tandis que celles qui ne mangeaient que huit heures sur vingt-quatre gardaient un poids stable.  Chez l’être humain, ça fonctionne aussi, parce que ce mode de vie est inscrit dans nos gènes. Quand l’Homme vivait au rythme de la nature, il chassait et mangeait uniquement pendant les heures où il faisait jour. Ensuite, il dormait. L’invention de l’électricité aurait bouleversé ce schéma de vie en rendant possible de nouvelles habitudes de consommation qui iraient à l’encontre du fonctionnement naturel de notre organisme. Le régime de huit heures permettrait donc de revenir à un mode de vie plus proche de notre patrimoine génétique et de retrouver ainsi un organisme en pleine forme. Ce qui est certain, c’est qu’en jeûnant, on oblige le corps à puiser dans ses réserves et on diminue donc le stock de gras.

  • Et en pratique ?

Un régime comme ça, j’ai tout de suite eu envie de l’essayer pour perdre les cinq kilos pris ces derniers mois ! À première vue, ça me semblait vraiment facile à mettre en œuvre, puisqu’on est libre de choisir les tranches horaires pendant lesquelles on se met à la diète, et que ça, c’est pratique quand on a une vie sociale plutôt remplie, avec des déjeuners boulot et des enfants une semaine sur deux. J’ai donc alterné les jeûnes de 13 h à 21 h les semaines avec enfants et ceux de 8 h à 16 h. En bonus, j’ai aussi testé la formule « light » à certains moments, celle où on ne suit le régime que trois jours pendant la semaine. J’en ai profité pour aller faire mes deux à trois séances de sport hebdomadaires le ventre vide, et mon coach m’a félicitée pour mon regain d’énergie et mes performances à la hausse ! Je dois quand même préciser que je ne me suis pas ruée dans la première pizzeria ou le premier fast-food venu pendant les heures où je pouvais manger. J’ai plutôt essayé – et cela me semble avoir aussi été un élément déterminant – d’avoir une alimentation saine et équilibrée, majoritairement composée de légumes, de viande maigre et de poisson. Résultat : en deux mois, moins quatre kilos, un ventre beaucoup plus plat et, c’est vrai, plus d’énergie, moins de tensions musculaires liées au stress, le tout sans avoir eu à aucun moment le sentiment de me priver ou de « rater » une soirée entre amis ou un repas du soir avec mes enfants. Je pense même en faire, non pas un régime passager, mais un véritable mode de vie !

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  • Ca booste les effets du régime

> Manger des aliments sains et légers pendant les heures où l’alimentation est autorisée. On assure alors à l’organisme des apports optimaux de nutriments et on perd du poids sans perdre de muscles ni de tonus. On privilégie les viandes maigres, les viandes blanches, le poisson, les œufs, les fruits de mer, les légumineuses et les oléagineux (noix, amandes, noisettes), les céréales complètes, les légumes verts cuits à la vapeur plutôt qu’à l’huile, et les fruits de saison.

> Penser à faire du sport avant le premier repas, quand on est encore à jeun, ce qui permet d’activer le métabolisme.

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  • La journée type

> Soit on saute le petit déjeuner et on mange de 13 h à 21 h, ce qui convient tout à fait à celles qui veulent avoir une vie sociale et ont envie de continuer à partager le repas du soir en famille.

Exemple de menu : un sandwich dinde, bacon et fromage à 13 h, du houmous avec des morceaux de pita à 16 h, des amandes grillées à 18 h et du saumon avec un sauce au miel et des asperges grillées à 21 h.

> Soit on saute le repas du soir
et on mange de 8 h à 16 h, ce qui est idéal pour celles qui se lèvent très tôt et sont déjà habituées
à manger très léger le soir.

Exemple de menu : des œufs au plat avec du jambon et des toasts à 8 h, du guacamole avec des tortillas à 10 h, une salade de thon et avocat à 12 h 30 et un smoothie banane, lait et beurre de cacahuètes à 16 h.

  • L’avis de la pro

Talia Hendlisz, nutrithérapeute et créatrice du blog magicwakame.com

« Plus qu’un régime, c’est un véritable mode de vie qui peut être envisagé sur
le long terme, à condition, bien sûr, d’avoir une alimentation équilibrée pendant les huit heures où l’on mange : beaucoup de fruits et de légumes, sans oublier les protéines, animales ou végétales, les légumineuses, les céréales complètes…

C’est une manière de fonctionner qui convient particulièrement bien à celles et ceux qui ne prennent jamais de petit déjeuner, tout simplement parce qu’ils n’ont pas faim le matin, mais que je déconseille à celles qui morcellent leur alimentation en cinq ou six petits repas : elles auraient l’impression de se mettre en restriction, ce qui provoquerait un stress nerveux, négatif pour l’organisme. Je le déconseille aussi aux obèses chez qui le jeûne est une véritable souffrance. Quand on adopte cette manière de s’alimenter, la pratique régulière d’une activité physique est indispensable, pour éviter la perte de masse musculaire.

De manière générale, jeûner met le système digestif au repos, relance la sensibilité à l’insuline et permet une meilleure digestion des sucres, booste le métabolisme, ce qui permet au corps de mieux éliminer les graisses et, d’après certaines études, augmente la production de l’hormone catécholamine, ce qui donne plus d’énergie. Ceci dit, pour celles qui voudraient bénéficier des effets positifs du jeûne, il y a aussi d’autres manières de le faire : jeûner une journée par semaine, ou sauter un seul repas par jour… À chacune de trouver celle qui lui convient le mieux. »

Laurence Descamps