Avec Cirque, Djebril signe un morceau court, mais chargé d’intention. Sous ses airs d’hymne pop vitaminé, c’est un vrai manifeste déguisé en spectacle. Il y emprunte les codes du cirque – les costumes, les lumières, la mise en scène outrancière – pour parler de ce que la société préfère souvent planquer sous le tapis : la marginalisation des identités queer, la peur de la différence, le besoin viscéral d’être vu autrement que comme “celui qui fait le show”.
Djebril, lui, renverse la logique. “Je suis trop content d’avoir tourné ce clip à Bruxelles, dans un lieu mythique comme l’Atomium. L’architecture du lieu correspondait parfaitement à l’univers du clip et à ce que je voulais raconter”, confie-t-il. Et en effet, entre les reflets métalliques et les perspectives infinies de l’Atomium, le message résonne : l’artiste s’y met à nu – au sens figuré – et renvoie au public son propre regard, démultiplié par les miroirs du monument.
De la Star Ac’ à l’Accor Arena
Le parcours de Djebril, c’est un peu la revanche du garçon “trop discret pour oser s’affirmer”. Né près de Nice, ce fils d’origine algérienne a longtemps cherché sa place avant de la fabriquer lui-même. À 18 ans, il file à Vancouver, découvre sa voix (et sa voie), puis revient en France pour se lancer sérieusement dans la musique.
En 2023, il entre à la Star Academy. C’est là qu’il explose. Sur scène, le public découvre un artiste queer, intense, habité, entre pop urbaine et performance à l’américaine. La tournée qui suit, plus de 80 dates, le propulse dans une autre dimension — Zéniths, Bercy, télé, tout le package. Depuis, il enchaîne les singles (Privilèges, Muse, J’irai danser), chacun plus affûté que le précédent.
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L’Atomium, miroir d’un monde en transformation
Le clip de Cirque, dispo sur YouTube, joue sur le contraste entre grandiose et vulnérabilité. On y voit Djebril danser, incarner, provoquer, mais surtout se réapproprier l’espace. Et c’est là tout le propos : transformer un monument figé en scène vivante, un symbole national en manifeste identitaire. L’Atomium devient ici le reflet d’un monde qui change, lentement, parfois à contretemps, mais sûrement. Et si ce Cirque-là fait un peu de bruit, tant mieux : le vacarme, c’est souvent le début du dialogue.