La rentrée, c’est le moment idéal pour se replonger dans des pages qui captivent dès la première ligne. Cette année, plusieurs nouveautés s’annoncent déjà incontournables.
Au grand jamais – Jakuta Alikavazovic (Gallimard)
À la disparition de sa mère, Jakuta Alikavazovic remonte le fil d’une vie discrète, celle d’une femme qui avait fui la Tchécoslovaquie pour s’installer à Paris. Derrière une figure maternelle effacée se dessine le portrait d’une grande poétesse, presque entièrement dévouée à sa famille. Un texte intime et poétique, où mémoire et transmission se confondent.
Trois fois la colère – Laurine Roux (Le Sonneur)
Plongée dans le Moyen Âge, ce roman suit une lignée marquée par les fautes, les injustices et les réparations impossibles. Chez Laurine Roux, la justice a toujours un prix, et ses personnages en portent le poids. Une langue foisonnante, vibrante, qui fait naître un récit où la vitalité n’empêche pas la noirceur.
Nous serons tempête – Jesmyn Ward (Belfond)
Avec Jesmyn Ward, double lauréate du National Book Award, la littérature américaine retrouve sa puissance. Ici, l’autrice revisite l’histoire de l’esclavage à travers une fresque romanesque qui donne chair à la souffrance et à la résilience de ses personnages. Une tempête de mots et d’émotions qui bouleverse et captive.
Un monde nouveau – Jess Now (Albin Michel)
Première incursion en littérature et déjà une œuvre magistrale : Jess Now propose une vaste fresque familiale new-yorkaise, entre identité juive, crises intimes et fractures sociales. Chaque voix apporte sa nuance dans ce roman admirablement construit. Un nom à retenir, un talent à suivre de près.
Aimer – Sarah Chiche (Julliard)
Sarah Chiche capture l’histoire de deux êtres liés par un souvenir d’enfance : celui d’un premier amour, pur et lumineux. À travers les années, le cynisme et la distance n’effacent jamais totalement cette promesse d’espérance. Un roman intense, une véritable claque qui explore le pouvoir tenace de l’amour.
Au fond des années passées – Jens Christian Grondahl (Gallimard)
Le narrateur, atteint de Parkinson et quitté par sa femme, croise par hasard son amour de jeunesse dans un parc de Copenhague. L’occasion de revisiter le premier amour, celui qui ne s’efface jamais. Une méditation douce-amère sur le temps, les pertes et la mélancolie qui, malgré tout, n’empêche pas d’avancer.
La maison vide – Laurent Mauvignier (Minuit)
À travers l’héritage familial, Laurent Mauvignier brosse les portraits de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère, deux destins brisés par la guerre et par la place réduite accordée aux femmes au siècle dernier. Un texte prodigieux, sensible et puissant.
À la table des loups – Adam Rapp (Seuil)
Voici l’un des grands romans américains de cette rentrée. Avec une puissance rare, Adam Rapp plonge dans les origines du mal et signe un texte inoubliable, sombre et nécessaire.

Malu à contre-vent – Clarence Angles Sabin (Le Nouvel Attila)
Face à l’effondrement des corps et du monde, une femme lutte avec ses armes : la sensibilité et la poésie. Un texte bouleversant, dans la lignée de Sandrine Collette ou Franck Bouysse.
Caledonian Road – Andrew O’Hagan (Métailié)
Le portrait incandescent d’un historien de l’art britannique, membre de la haute société, qui sombre dans un effondrement psychologique. Une écriture tendue, vibrante, parfois hallucinée. Jubilatoire.
Les sœurs – Jonas Hassen Khemiri (Actes Sud)
À Stockholm, un jeune homme observe la vie de trois sœurs et de leur mère, issues de l’immigration tunisienne et frappées par une étrange malédiction. Un roman ample, sensible et mélancolique, porté par une plume magistrale.
L’entroubli – Thibault Daelman (Le Tripode)
Premier roman marquant, construit en fragments du quotidien d’un garçon en périphérie de Paris. Une écriture subtile et poétique qui accompagne son éveil au monde.
Je ne te verrai pas mourir – Antonio Muñoz Molina (Seuil)
Deux anciens amants se retrouvent après des décennies de silence. Entre oubli et souvenir, rancune et pardon, ce texte vertigineux explore la mémoire et le temps qui passe.
Les éléments – John Boyne (Lattès)
Quatre récits entremêlés autour de l’enfance blessée : traumatismes, résilience, vengeance. Boyne signe un texte implacable et d’une efficacité redoutable.
Le palmier – Valentine Goby (Actes Sud)
Dans un jardin méditerranéen lumineux, une petite fille découvre la douceur et la brutalité du monde. Un roman poétique et poignant, qui confirme le talent immense de Valentine Goby.
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