Il y a eu les sheet masks pour le visage, les patches pour les seins, les crèmes pour le décolleté… Et voilà que nos fesses aussi réclament leur moment de gloire. Sérums, gommages, baumes raffermissants, masques en tissu en forme de lune : le booty care (ou « soin des fesses ») s’affiche désormais fièrement. À tel point que l’industrie de la beauté lui consacre des gammes entières. Un buzz cosmétique qui soulève quelques questions. S’agit-il d’un vrai besoin dermatologique ? D’un caprice esthétique de plus ? Ou d’un signe (enfin) tangible que le body positive a fini par atteindre le postérieur ?

Les fesses, ces grandes oubliées des soins

Soyons honnêtes : combien d’entre nous pensent à exfolier ou hydrater leur fessier après la douche ? À part pour lisser une cellulite tenace ou appliquer un autobronzant pré-vacances, la zone est rarement invitée à la table des grands. Et pourtant. « La peau des fesses est plus épaisse que celle du visage, mais elle est soumise à beaucoup de frottements et à l’humidité. Elle peut donc souffrir de sécheresse, de petits boutons, voire de kératose pilaire », explique le dermatologue Kenneth Howe dans Refinery29.

 

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Des problématiques bien réelles, mais souvent mises de côté, car invisibles. Et sans visibilité, pas de légitimité. Jusqu’à ce que quelques marques disruptives – comme Bawdy Beauty, pionnière new-yorkaise du booty mask – décident d’en faire un terrain d’expression esthétique à part entière.

Un masque pour vos fesses

Cela pourrait prêter à sourire, pourtant le marché explose. Aux États-Unis, des marques comme Maelys ou Megababe ont lancé des lignes entières de produits pour nos derrières : exfoliants à base de café, crèmes repulpantes, masques hydratants aux acides de fruits. Même Jennifer Lopez, reine autoproclamée du booty, a sorti son propre « booty balm » pour une peau plus ferme et satinée. L’objectif ? Atténuer les petits boutons, lisser le grain de peau, et sublimer cette partie du corps qui passe ses journées écrasée contre une chaise de bureau.

Si certains produits peuvent apporter un vrai bénéfice (notamment les gommages doux ou les soins hydratants à l’aloe vera), les dermatologues tempèrent. « Pour les cas d’acné ou de sécheresse sévère, des soins classiques suffisent. Inutile d’investir dans des crèmes marketingisées ‘spéciales booty’ à prix d’or », avertit le Dr Ankur Sarin, interviewé par HealthShots.

Business ou body positivisme ?

Alors, faut-il y voir une nouvelle manœuvre du marché de la beauté pour nous vendre une crème de plus ? Sans aucun doute. Elle a néanmoins le mérite d’amorcer un changement de regard sur nos corps. Les fesses sont encore trop souvent considérées (à tord) comme un tabou car trop sexuelles, trop honteuses ou trop volumineuses.

Aujourd’hui, le body positive a remis les fesses au centre du jeu grâce à des icônes comme Nicki Minaj, les Kardashians ou encore Megan Thee Stallion. Elles ne sont plus forcément à cacher, lisser, corriger, mais à montrer, assumer et surtout chérir. Dans ce contexte-là, le booty care s’inscrit dans une logique plus globale de bien-être, où chaque partie du corps mérite notre attention.

Oui, certaines marques cherchent évidemment à monétiser un nouveau segment. Mais appliquer une crème sur ses fesses peut aussi être un geste intime, un acte d’attention à soi, loin du regard d’autrui. Comme on le ferait pour son cuir chevelu, ses pieds ou ses mains.

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