Les conservateurs sont-ils à bannir des produits cosmétiques ?

Mis à jour le 27 mai 2021 par Malvine Sevrin
Les conservateurs sont-ils à bannir des produits cosmétiques ? © Shutterstock

Régulièrement au cœur du débat, les conservateurs présents dans nos cosmétiques sont-ils tous bons à jeter ? Naturels ou synthétiques, antibactériens, antioxydants… On fait le point sur ce qu’il faut savoir.

C’est quoi un conservateur ?

Un conservateur est un composant que l’on va intégrer à un produit cosmétique afin d'assurer, d’une part, la stabilité du produit dans le temps et, d’autre part, prévenir le développement des microbes (bactéries et champignons). Ils permettent donc d’assurer la conservation du produit avant et pendant l’utilisation tout en garantissant l’innocuité pour le consommateur. 

On en retrouve également dans les denrées alimentaires et les médicaments. 

Il existe deux types de conservateurs : 

  • les antibactériens (également appelés antifongiques ou antimicrobiens) -> leur rôle est d'empêcher les germes de proliférer dans la phase aqueuse du produit.
  • les antioxydants -> leur rôle est d'empêcher l'oxydation des phases huileuses présentes dans un produit et de lutter contre la formation de radicaux libres. 

D’où proviennent les conservateurs ?

Les conservateurs peuvent être d’origine naturelle ou synthétique.

Les conservateurs d’origine naturelle sont transformés chimiquement. C’est par exemple le cas de l’acide benzoïque ou de l’acide salicylique.

Les conservateurs synthétiques sont issus de différentes familles chimiques (aldéhydes, parabènes, phénoxyéthanol, acides organiques). Les plus connus sont les parabènes qui sont souvent pointés du doigt par rapport à leur potentiel cancérigène, et/ou leurs rôles de perturbateurs endocriniens.

Les conservateurs sont-ils dangereux ?

Accusés d'être allergènes, irritants voire carrément cancérigènes, les conservateurs ont mauvaise réputation. Pour autant, il ne faut pas tous les mettre dans le même panier.

Au début des années 2000, une polémique a éclaté autour d’une famille de conservateurs en particulier : les parabens, souvent utilisés dans les produits cosmétiques et également très présents dans l’industrie agroalimentaire. À l’époque, une étude a mis le feu aux poudres en mettant directement en relation les parabènes présents dans les cosmétiques et le cancer du sein. Quelques mois après la sortie du rapport initial, la communauté scientifique a invalidé cette étude puisque le protocole comprenait une dose de paraben beaucoup plus élevée que l’exposition moyenne constatée dans des cellules cancéreuses. 

Mais entre temps, de nombreuses marques en avaient déjà profité pour surfer sur ce "bad buzz" en proposant des produits garantis “sans paraben”. Un argument marketing qui se veut rassurant, mais qui malheureusement n’est pas toujours gage de formule propre pour autant.

Rien n'est donc tout blanc ou tout noir, ce qui est sûr c'est qu'il serait impossible de bannir complètement tous les conservateurs au vu de leur fonction essentielle. C'est pourquoi les conservateurs utilisés en cosmétique sont aujourd'hui strictement encadrés par la réglementation et font régulièrement l'objet d'études scientifiques.

Comment distinguer les conservateurs ?

La première bonne nouvelle, c’est que l’usage des conservateurs est désormais très encadré. Le Parlement Européen a d’ailleurs dressé une liste de 59 conservateurs autorisés (dont cinq sont autorisés pour les cosmétiques bio) et a défini un seuil de concentration maximale. Ce cadre strict vise à protéger le consommateur. 

L’autre bonne nouvelle est qu’en tant que consommateurs, nous pouvons désormais mieux nous informer en scrutant les étiquettes des produits ou en utilisant des applications qui décryptent les cosmétiques (même si les données de celles-ci ne sont pas toujours à prendre au pied de la lettre). Enfin, de plus en plus de marques optent pour la transparence, c’est notamment le cas de L’Oréal qui a dédié un site à destination des consommateurs via lequel on peut en apprendre plus sur la formulation des produits, y compris sur les conservateurs utilisés. Autre exemple, celui de Lush qui fournit sur son site la liste complète des ingrédients de chaque produit et aborde en toute transparence la question des conservateurs dans sa FAQ

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