Assita Kanko: l’histoire d’une vie excisée

Mis à jour le 16 février 2018 par ELLE Belgique
Assita Kanko: l’histoire d’une vie excisée

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Son témoignage en tant que femme excisée. Poignant. "Oui, on peut être excisée et heureuse".

C’était en 1985, dans un village du Burkina Faso. Une fillette, envoyée chez une amie, se fait attraper en chemin par deux vieilles femmes. Trahie par ses propres parents, la petite est prise au piège. Les vieilles l’empoignent, lui écartent les jambes, lui coupent un bout de chair. Elle n’a que cinq ans et se dit, avec effroi, qu’il s’agit peut-être de cannibales qui
vont la dévorer par petits morceaux.

C’était des années plus tard. Une jeune fille insoumise vit ses premières expériences sexuelles. Elle se demande – plus encore que n’importe quelle autre adolescente – si elle est bien « normale ». Un garçon peut-il se rendre compte qu’elle est mutilée ?

C’était il y a tout juste un an, dans ELLE Belgique. Assita Kanko, conseillère communale à Ixelles, accepte, pour la première fois, d’évoquer son excision. Elle dénonce l’horreur de l’acte mais refuse la victimisation : on peut encore être heureuse et bien dans sa peau. Lorsqu’elle voit, dans les kiosques, ce magazine qui fait de son histoire intime un témoignage public, elle sait qu’elle n’arrêtera plus le combat.

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Aujourd’hui, Assita Kanko sort un livre (« Parce que tu es une fille ! Histoire d’une vie excisée ») sur son expérience douloureuse et sur ce « chemin progressif vers la lumière », qui lui a permis de se reconstruire. « Je ne suis plus une victime, mais une femme debout qui témoigne d’un vécu. Ce vécu ne détermine pas qui je suis. »

Céline Gautier