« Ils abusent grave » d’Erell Hannah et Fred Cham
Avec un titre qui claque comme un slogan de manif, “Ils abusent grave” est une gifle graphique à la culture du viol. Erell Hannah balance des témoignages crus, Fred Cham les illustre avec une énergie brûlante. C’est frontal, percutant, jamais moralisateur, et ça fout un peu en rogne il faut le dire, autant que ça libère la parole. Une BD essentielle pour comprendre, ressentir et surtout ne plus jamais fermer les yeux.
« Ils abusent grave » d’Erell Hannah et Fred Cham
« Femme vie liberté » de Marjane Satrapi
Marjane Satrapi revient avec un cri du cœur en images, un hommage à la lutte des Iraniennes après la mort de Mahsa Amini. En quelques traits noirs, elle capte l’urgence, le courage et la douleur de cette révolution féministe. Chaque page résonne comme un poing levé, une ode à celles qui se battent pour leur liberté. Comme un manifeste dessiné.
« Femme vie liberté » de Marjane Satrapi
« Le Choeur des femmes » d’Aude Mermilliod
Adapter le roman culte de Martin Winckler en BD ? Pari réussi. Aude Mermilliod redonne chair et émotions à l’histoire de Jean, jeune interne en gynéco, confrontée à un médecin qui l’initie à une autre façon d’écouter les femmes. Dessin doux, propos puissants : une BD qui démonte les violences médicales et réhabilite la parole féminine. À mettre entre toutes les mains.
« Le Choeur des femmes » d’Aude Mermilliod
« À corps et à cris » d’Eve Cambreleng
Une BD coup de poing qui plonge dans l’intime des troubles alimentaires, sans fard ni détour. Ève Cambreleng raconte son propre combat, celui d’un corps en guerre contre lui-même et d’une société qui en rajoute une couche. Le dessin brut, parfois violent, capte l’obsession, la honte, la résilience. Un récit aussi viscéral que nécessaire, qui libère un peu.

« La voix des harpies » de Noémie Fachan
Elles ont été traitées de folles, de monstres, de sorcières, parce qu’elles dérangeaient. Noémie Fachan redonne voix à ces figures féminines réduites au silence, des harpies mythologiques aux militantes féministes d’aujourd’hui. Son dessin nerveux, presque incantatoire, mêle histoire et engagement, retraçant les mille et une manières dont les femmes ont été diabolisées pour mieux les écarter du pouvoir. Mais ici, elles crient, elles existent, elles prennent toute la place. Un livre envoûtant, brûlant d’intelligence et de rage.
« Les sentiments du prince Charles » de Liv Strömquist
Au pays des féministes illustrées, Liv Strömquist est une reine. Bédéiste suédoise, forcément en avant sur son temps, elle crève la page avec ses « Sentiments du prince Charles », un recueil d’analyses ultra-progressistes qui mêle études de genre et histoires révélatrices de pop stars. Depuis lors, elle a publié une flopée d’autres critiques bien balancées, dont certaines ont été traduites en français.

« Les sentiments du prince Charles » de Liv Strömquist
« Culottées » de Pénélope Bagieu
La Française Pénélope Bagieu est l’actrice d’un véritable best-seller du genre, baptisé « Culottées ». Dedans, on retrouve des femmes qui ont fait l’Histoire sans presque jamais y être citées. Négligées, oubliées, voire même malmenées, l’autrice braque les projecteurs de son stylo graphique sur Ninga, reine du Ndongo et du Matamba, Giorrgina Reid, gardienne de phare, ou encore l’activiste Naziq al-Abid. La BD a également été adaptée en série animée et diffusée sur France 5.

« Culottées » de Pénélope Bagieu
« Peau d’homme » de Fred Zanzim
En 2020, cette BD au thème improbable fait un véritable buzz avec plus de 100 000 exemplaires vendus. Même les amateurs de littérature pas très fans des images s’arrachent le livre. “Peau d’Homme”… il faut dire que le titre titille la curiosité. En réalité, cette BD tente une exploration de la condition de la femme et de la notion de genre à travers une histoire bien barrée. En effet, la famille de Bianca détient un étrange secret : les femmes se transmettent de génération en génération une peau d’homme qui leur permet de se transformer. En l’enfilant, Bianca est l’amant comblé de son époux et profite de la liberté. En enlevant sa peau, elle redevient une femme délaissée par son mari, et soumise aux conventions du genre féminin. Forcément, elle va tout mettre en œuvre pour sortir de cette impasse.
“Peau d’Homme” de Fred Zanzim et Hubert
« Commando culotte » de Mirion Malle
Mais où est le féminisme dans nos séries télé et films préférés ? C’est la question que Mirion Malle — un pseudonyme —, amatrice de « Buffy contre les Vampires » et de la « Revanche d’une blonde », se pose tout au long de « Commando culotte ». D’abord publiées sur son blog, ses planches qui explorent les dessous du genre et de la pop-culture font autant de bien qu’elles secouent.
« Commando culotte » de Mirion Malle
« Menses ante rosam » de Aurélie William Levau
Illustratrice belge, Aurélie William Levau fait de l’intime une œuvre d’art. Dans « Menses ante rosam », son expérience de la maternité devient une tapisserie moderne, une « bande dessinée » qui illustre la solitude de la femme qui possède un être qui grandit en elle. Un sublime livre, qu’on garde précieusement dans sa bibliothèque.

« Menses ante rosam » de Aurélie William Levau
“George Sand : fille du siècle” de Séverine Vidal & Kim Consigny
“George Sand est née en 1804, à une époque où dans le code civil, les ‘débiles mentaux, les mineurs, les criminels et… les femmes’ étaient privés de droits juridiques”. C’est par ce pitch qui annonce la couleur que Séverine Vidal et Kim Consigny nous présentent l’autobiographie d’une des plus grandes figures du féminisme. Avant ça, elles s’étaient déjà attaquées à un autre caractère fort, Françoise Dolto, célèbre pédiatre et psychanalyste française du XIXème siècle. Une autre bad girl de son temps.

“George Sand : Fille du siècle”, Séverine Vidal & Kim Consigny
“Fun Girl” de Elizabeth Pich
C’est irrévérencieux sans être too much, engagé sans être donneur de leçon. “Fun Girl”, de l’autrice germano-américaine Elizabeth Pich – qui avait déjà co-signé l’excellent Des sorcières et des hommes – nous emmène dans les sombres et drôles pérégrinations de Fungirl. Ce “petit” être maladroit et décalé nous raconte avec un humour noir sans pareil sa relation compliquée avec son ex, qui est aussi sa coloc, ou encore avec son patron qui travaille dans les pompes funèbres. Jouissif.

“Fun Girl” d’Elizabeth Pich
“Une farouche liberté – Gisèle Halimi”
Quelle figure a aussi bien représenté la cause des femmes ? Dans le cas de Gisèle Halimi, on ne naît pas féministe, on le devient. Cette BD retrace son enfance en Tunisie, le refus d’un destin assigné par son genre et son rêve de devenir avocate, la défense indéfectible des militants des indépendances tunisienne et algérienne soumis à la torture, l’association Choisir la cause des femmes, et, bien sûr, les combats pour le droit à l’avortement, la répression du viol, la parité. Une vie de combats, de passion et d’engagement au service de la cause des femmes savamment illustré pour comprendre soixante-dix ans de combat.
“Une farouche liberté – Gisèle Halimi, la cause des femmes” d’Annick Cojean, Gisèle Halimi, Sophie Couturier et Sandrine Revel
“L’homme pénétré” de Martin Py
Ici, on parle évidemment de pénétration masculine (on ne peut rien vous cacher), mais la BD questionne également sur toute une série de concepts directement reliés aux femmes : la notion de virilité, de féminité, d’amitié ou encore de respect du corps. Concrètement, on suit la conversation entre quatre personnages autour de la très sensible question de la pénétration anale masculine au sein du couple hétéro. Une pratique qui, si on la décortique “en profondeur”, recoupe bon nombre de problématiques clés de notre société contemporaine (genre, consentement, droit à la différence, respect de l’autre…). Didactique et rafraîchissant.

“L’homme pénétré” de Martin Py
