La fille du vendredi : Amanda de Jungle Society

Publié le 10 août 2018 par Isabelle Vander Heyde et Virginie Dupont Photos: Julie Saverys
La fille du vendredi : Amanda de Jungle Society

Si la Belgique et le Brésil se sont opposés sur un terrain de football en Russie, les deux pays filent le parfait amour plus près de chez nous grâce à une nouvelle marque de maillots de bain : Jungle Society !

Une rencontre avec Amanda Cortez de Murga, la fondatrice du label, ne pouvait se dérouler que sous une chaleur brûlante. La jeune femme d'origine brésilienne nous accueille par une chaude journée d'été dans le bureau moderniste qu'elle partage avec son mari de nationalité belge dans la périphérie de la forêt de Soignes, au sud-est de Bruxelles. Entre la vue sur les bouleaux et le papier peint à motifs palmiers, elle évoque sa jeunesse dans des contrées quelque peu plus exotiques et explique comment ces origines l'ont inévitablement poussée vers l'industrie du maillot de bain. « Le bikini est l’uniforme national au Brésil. J'ai été en contact avec son aspect technique dès mon plus jeune âge. Ma grand-mère concevait et confectionnait des costumes sophistiqués pour le carnaval, des bikinis minuscules à des parures volumineuses en passant par des coiffes gigantesques. Cela demande énormément de savoir-faire – saviez-vous que la plupart de ces costumes sont fabriqués en papier mâché ? – et j'ai grandi dans un studio rempli de perles, de paillettes et de plumes. Le rêve pour un enfant ! L'idée de me lancer dans le swimwear a toujours été présente, mais je ne l'ai pas concrétisée tout de suite. J'ai travaillé pendant plusieurs années dans les affaires internationales en tant que représentante d’entreprises belges dans mon pays d'origine, mais aujourd’hui, je suis prête à lancer ma propre société. »

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Résultat : un label tout frais, au propre comme au figuré, baptisé Jungle Society et spécialisé en maillots de bain aux couleurs acidulées de l'arc-en-ciel. Le pilier de la marque est le savoir-faire brésilien qui, selon Amanda, est le plus performant au monde. « Je crois que les industries nationales sont très influencées par la demande du consommateur. Vous aimez la bière et aucun pays ne peut égaler vos brasseries. Les Français vivent pour la couture et leurs ateliers de haute couture sont uniques. Au Brésil, les femmes se baladent sept jours sur sept en bikini ou en maillot de bain, ce qui a donné naissance à une industrie du maillot de bain extrêmement pointue. Nous ne voulons pas seulement un bikini à porter deux mois l'été, nous souhaitons un modèle doté d'une protection solaire et conçu pour durer. Des matières qui ne se détendent pas, et qui peuvent survivre à la fois à 500 lavages et à la transpiration… Les usines brésiliennes ont une longueur d’avance sur le plan de la durabilité. C'est pourquoi j'ai établi mon atelier à Rio où des experts fabriquent mes pièces à la main. En termes de création, je puise mon inspiration dans de vrais vêtements. Pour la collection hiver par exemple, j'ai imaginé un slip de bikini sur la base d’un pantalon clochard, un modèle à plis. Je pensais que ma modéliste allait me tuer, mais ça s’est bien passé. Je viens de lancer ma toute première collection. La deuxième suivra plus tard dans l’année et sera agrémentée de quelques vêtements de sport. J'ai moi-même l’habitude de porter un maillot de bain au-dessus de mon legging à la salle de sport. La collection démarre à petite échelle, parce que je veux d’abord mieux connaître mon public cible. »

Réservez les culottes de grand-mère au jour numéro trois…

Le mode de vie brésilien (aka la plage) et le style belge ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde, ce qui donne parfois du fil à retordre à Amanda… « J'ai hésité à ajouter un onglet blog sur le site pour expliquer comment porter le maillot de bain. C'est tellement différent ici, c'est trop drôle. Prenons l'exemple des traces de bronzage : au Brésil, on les évite à tout prix, alors qu'ici, on ne voit que ça. J’ai du mal à croire que vous trouviez ça beau . J’ai déjà entendu dire que c'était culturel : le soleil se fait si rare en Belgique que ces marques procurent un sentiment de vacances instantané, mais je trouve ça bizarre. Mon conseil : portez votre plus petit bikini les deux premiers jours de vos vacances et laissez le soleil faire son job. Ensuite, vous pouvez passer à une culotte taille haute ou à un maillot une pièce, mais les deux premiers jours sont cruciaux : si vous chopez des marques de bronzage, elles vous accompagneront pendant plusieurs semaines. Je souhaite aussi encourager les femmes à porter leur maillot de bain ailleurs qu’à la piscine : au Brésil, un soutien-gorge visible ou un maillot échancré sous une chemise oversized ne choque personne. Heureusement, cette tendance commence également à percer en Belgique. Mon uniforme, c’est un maillot de bain combiné à un pantalon : aéré et confortable ! »

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Tu n’es pas content !? Change de plage !

Amanda tient absolument à proposer un large éventail de modèles. « Jungle Society ne se cantonne pas à un style particulier et je veux m'adresser à un groupe aussi diversifié que possible. C'est pourquoi je crée des modèles pour toutes les tailles et toutes les morphologies. Je réfléchis également à la possibilité de vendre des pièces dépareillées, mais c'est compliqué pour l'instant en termes de logistique. Grande, petite, grosse, mince, enceinte... Chaque corps est différent et tous les goûts sont dans la nature. De nombreuses marques ne proposent pas de grandes tailles – surtout de profondeur de bonnet – et c'est dommage. On parle beaucoup de l'émancipation des femmes et de la fin des diktats de la beauté, mais trop peu d'actions sont mises en place dans la pratique. Malgré toutes ces belles paroles, seules les jolies poupées osent se pavaner en bikini, les autres optant pour un modèle qui camoufle leurs formes. J'adore mes courbes latines, mais 80 % des gens ici estiment que je ne devrais pas porter de bikini car c'est trop sexy. « Je pense que l’on peut voir tout et tout le monde, malgré ce que les autres en disent. Tu n’es pas content ? Alors change de plage ! À Rio, toutes les formes et toutes les tailles se baladent en tenues légères et personne ne s’en étonne. La confiance en soi rend la femme sexy, pas besoin de plus. »

Une vision étonnamment rafraîchissante en cette chaleur caniculaire. Il est temps pour moi d’enfiler un bikini sous ma tenue de bureau pour écrire cet article...

Envie d’en savoir plus ? Jetez un œil sur l’e-shop de Jungle Society pour inviter Rio dans votre dressing...

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