Du PDRN issu du riz à un antioxydant extrait de microalgues, la liste des ingrédients de votre sérum commence à ressembler à un cours de biologie. Mais si c’est la promesse d’une peau plus belle, nous sommes prêtes à tendre l’oreille.
Le rétinol, la vitamine C et l’acide hyaluronique ne sont pas près de perdre leur place dans nos salles de bains. L’industrie de la beauté, elle, a déjà enrichi son vocabulaire. Le fil rouge des innovations les plus récentes reste la longévité, le grand buzzword beauté de 2026. Plutôt que de simplement s’attaquer aux rides, les nouvelles formules s’intéressent à la manière dont les cellules cutanées communiquent et se protègent du stress. En somme, la régénération est le nouvel anti-âge.
Parallèlement, l’industrie cosmétique se tourne vers la nature pour mettre au point ses innovations les plus futuristes. Dior extrait des fragments d’ADN du riz, tandis que des marques comme Louis Widmer et La Mer misent sur les algues.
Le phyto-PDRN
Quiconque a passé ne serait-ce que quelques minutes sur BeautyTok au cours de l’année écoulée a probablement déjà entendu parler du PDRN. Cet ingrédient s’est fait connaître grâce aux fameux « soins du visage au sperme de saumon », même si ce surnom est quelque peu réducteur. Le PDRN — ou polydésoxyribonucléotide — se compose de petits fragments d’ADN utilisés pour leurs propriétés régénératrices.
Dior propose désormais une version végétale de cette tendance. Le Capture PDRN-Shot contient du phyto-PDRN obtenu à partir d’ADN de riz hydrolysé, en remplacement de l’ADN de saumon habituellement associé à cet ingrédient. Selon Dior, il agit notamment sur les mécanismes impliqués dans la régénération cutanée, la jonction dermo-épidermique et la barrière de la peau.
Le PDRN est par ailleurs encapsulé dans un liposome conçu pour le libérer progressivement pendant huit heures. De la vitamine Cg et de la niacinamide complètent la formule.
Les peptides facteurs de croissance
Filorga puise également son inspiration dans la médecine esthétique. Les ingrédients phares du Pro-Collagen Micro-Growth Factor Tightening Lifting Serum sont des peptides biomimétiques inspirés des facteurs de croissance.
Les facteurs de croissance sont des protéines qui transmettent des messages entre les cellules et interviennent notamment dans les mécanismes de croissance et de réparation. Les facteurs de croissance des fibroblastes, ou FGF, sont particulièrement intéressants pour la peau en raison de leur rôle dans les processus liés au collagène et à l’élastine. Problème : un facteur de croissance classique est une molécule de grande taille qui ne pénètre pas facilement dans la peau.
Filorga a donc développé un peptide beaucoup plus petit, capable de reproduire un message spécifique transmis par un facteur de croissance des fibroblastes. Le Micro-Growth Factor-Peptides Complex contient également d’autres peptides qui agissent sur l’élasticité, la texture cutanée et les rides. Il ne s’agit donc pas d’appliquer de véritables facteurs de croissance sur son visage, mais des peptides biomimétiques qui en reproduisent certaines fonctions.
Les postbiotiques
Nous connaissons les probiotiques comme des micro-organismes vivants qui soutiennent le microbiome. Les postbiotiques, eux, sont des substances produites pendant ou après la fermentation, telles que des peptides, des lipides et des sucres aminés. Ils ne sont pas vivants, mais peuvent contribuer à renforcer la barrière cutanée et à favoriser la réparation de la peau.
Dans la nouvelle version de son Super Serum [10] Longevity, Nuxe utilise un extrait postbiotique marin issu d’un microcoque, un micro-organisme qui aurait été découvert près des Tonga, selon la marque. Cet extrait est destiné à soutenir le renouvellement cellulaire, à renforcer la barrière cutanée et à stimuler la production d’élastine.
L’astaxanthine
La vitamine C voit surgir une concurrente inattendue. L’astaxanthine est un caroténoïde, autrement dit un pigment naturel rouge orangé produit notamment par la microalgue Haematococcus pluvialis. Celle-ci fabrique cette substance pour se protéger du stress.
Dans les soins de la peau, l’astaxanthine présente un intérêt pour ses propriétés antioxydantes. Louis Widmer l’associe à 0,3 % de rétinol pur dans son Proderm Sérum Rétinol. Le premier ingrédient cible le renouvellement cellulaire et le collagène, tandis que le second aide à protéger la peau du stress oxydatif. La teinte rouge orangé caractéristique de l’astaxanthine est même visible dans le sérum.
Fait intéressant, l’astaxanthine n’est pas la seule algue de cette liste. Les microalgues et les algues marines se révèlent être de véritables petites usines chimiques : pour se protéger du soleil, des variations de température et d’autres facteurs de stress, elles produisent des substances que les marques de cosmétiques s’empressent ensuite d’exploiter.
La téprénone
La téprénone est un ingrédient étudié pour ses propriétés protectrices au niveau cellulaire. Dermalogica l’utilise dans son FutureCode Booster, un sérum conçu pour rendre la peau plus résistante aux agressions et au stress quotidiens.
Associée à la niacinamide et à un extrait de pousses de tournesol, la téprénone compose le Longevity Renew Complex. Selon Dermalogica, celui-ci contribue à maintenir le taux de NAD+ dans la peau, une molécule dont les cellules ont besoin pour produire de l’énergie et assurer leurs mécanismes de réparation. Le principe de la formule ? Ne pas seulement corriger les signes visibles du vieillissement cutané, mais aider la peau à rester fonctionnelle plus longtemps.
La Clarity Algae
La Mer introduit la Clarity Algae dans la nouvelle formule de The Concentrate, un sérum apaisant qui aide la peau à se remettre des irritations et du stress quotidien. Ce nouvel extrait d’algue cible spécifiquement les marques pigmentaires susceptibles de persister après l’apparition de boutons ou une inflammation.
La Clarity Algae contribue à estomper les taches existantes tout en modérant les réactions cutanées pouvant provoquer de nouvelles marques. Selon La Mer, le contraste des marques post-imperfections diminue de 43 % après huit semaines.
L’acide succinique
Vous connaissez probablement l’acide salicylique, ce grand classique utilisé contre les pores obstrués et les imperfections. L’acide succinique est une alternative moins connue, dotée d’une action exfoliante douce.
Dans son nouveau Sérum Correcteur Peaux à Imperfections, Sisley utilise de l’acide succinique obtenu par biotechnologie. Celui-ci aide à désobstruer les pores et à prévenir l’apparition de nouvelles imperfections, sans décaper la peau.
La formule prend également en considération le microbiome cutané, avec notamment des extraits d’écorce de grenade, de grande bardane et de reine-des-prés. Un exemple révélateur de la nouvelle manière dont les peaux à imperfections sont aujourd’hui prises en charge : l’exfoliation reste de mise, mais avec une attention accrue portée à la barrière cutanée.