Dans l’esthétique, le mot de 2026 est en réalité un acronyme : XERF, pour eXperience Exponential RF, un appareil à radiofréquence conçu pour raffermir, lifter et stimuler le collagène. Kim Kardashian l’a qualifié de « nouveau chouchou ». Priyanka Chopra y a aussi eu recours. Et, visiblement, les dermatologues ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Après des tests rigoureux menés par trois rédactrices, XERF a été récompensé par ELLE US dans le cadre des Tools & Treatments Awards, dans la catégorie meilleur traitement raffermissant de l’année.
Mais tout le monde n’est pas convaincu. La podcasteuse beauté et journaliste Kirbie Johnson a récemment exprimé ses réserves, tandis que le chirurgien plasticien du visage Amir Karam a expliqué sur sa chaîne YouTube qu’il ne recommanderait pas ce traitement pour l’instant. Alors, qu’en est-il vraiment ?
XERF fait partie des tout derniers traitements à énergie venus de Corée. Son atout : là où la plupart des traitements par radiofréquence fonctionnent uniquement à 6,78 MHz, il utilise une double fréquence afin d’atteindre plusieurs couches de la peau. « Il utilise 6,78 et 2 mégahertz, ce qui permet un raffermissement superficiel, tandis que les 2 mégahertz pénètrent beaucoup plus en profondeur sous la graisse pour un effet liftant », explique David Kim, dermatologue à New York et fondateur de Soho Derm. « C’est ce qui le rend si unique et si différent des autres traitements par radiofréquence monopolaire disponibles. »
C’est précisément la profondeur d’action du XERF qui rend certaines personnes nerveuses à l’idée de l’essayer. La crainte ? Que la radiofréquence puisse faire fondre la graisse sous-cutanée du visage, cette graisse que l’on perd naturellement avec l’âge, mais qui contribue entre-temps à donner au visage son aspect jeune, avec des joues plus pleines, par exemple. Ces inquiétudes ne sortent pas de nulle part : certains traitements peuvent perturber cette couche graisseuse. « Tout ce qui chauffe la peau, qu’il s’agisse de RF, d’ultrasons ou de tout autre traitement basé sur la chaleur, peut affecter la qualité de la graisse et des tissus si l’on va plus loin que le niveau du collagène, selon l’énergie utilisée », explique Ramtin Kassir, chirurgien plasticien basé à New York.
Mais lorsqu’il est question d’une éventuelle perte de graisse, la température est déterminante. « Les recherches montrent que le remodelage du collagène se produit entre 42 et 55 degrés Celsius, tandis que la perte de graisse survient entre 65 et 70 degrés », précise Kim, en ajoutant que XERF ne dépasse pas 42 degrés. Michelle Henry, dermatologue à New York, affirme que les données scientifiques actuelles ne suggèrent pas que XERF entraîne une perte de graisse, en référence à une étude publiée en 2025 dans Lasers in Medical Science. Selon elle, l’étude a montré que les cellules graisseuses restaient intactes et structurellement saines après un traitement XERF. « Cela dit, l’appareil peut être utilisé à différentes profondeurs », ajoute-t-elle. « Si la préservation de la graisse est une préoccupation, il suffit d’opter pour des réglages superficiels ou intermédiaires et d’éviter le mode profond, dominé par la fréquence de 2 MHz, sur les zones où l’on souhaite préserver le volume sous-cutané, même si le risque reste faible. »
Certaines personnes craignent aussi que des traitements comme XERF puissent provoquer des tissus cicatriciels susceptibles de compliquer un lifting par la suite. Selon Kim, si l’on prévoit un lifting dans l’année à venir, il est peut-être préférable d’éviter non seulement XERF, mais aussi toutes les procédures cosmétiques non invasives dans l’intervalle. « Je ne dirais pas que les traitements anti-âge à base de radiofréquence sont une contre-indication à un futur lifting », précise-t-il. Il faut toutefois garder à l’esprit que XERF ne reproduira pas les résultats d’une intervention chirurgicale. « Si l’on utilise des appareils à énergie sur une personne qui a réellement besoin d’un lifting, on ne verra aucune différence », affirme Kassir.
Reste la question de la douleur, surtout pour celles et ceux dont l’expérience de la radiofréquence est associée à Thermage, réputé particulièrement douloureux pour certaines personnes. XERF est généralement beaucoup plus tolérable. « Il n’y a pas d’anesthésie », explique Kim. « Certaines zones chauffent davantage, là où il y a peu de tissu, comme sous la mâchoire ou juste sous les pommettes, mais dans l’ensemble, la douleur est très supportable, autour de deux sur dix. » Pour avoir testé XERF, je peux le confirmer : si le traitement chauffe par moments, je ne l’ai pas du tout trouvé douloureux.
Comme pour toute procédure esthétique, si l’on souhaite essayer XERF, mieux vaut consulter un praticien de confiance, qui maîtrise parfaitement la radiofréquence. « Je dis toujours aux gens que les appareils à énergie ne sont que des outils », conclut Kassir. « Les résultats dépendent de la main qui les utilise. »