En juillet, Paris ne se contente jamais d’un seul programme. Il y a les terrasses, les touristes, les musées que l’on croit connaître, et puis, en toile de fond, l’agitation de la couture. Mais entre deux rendez-vous mode, la ville propose aussi d’autres raisons de pousser une porte : expositions temporaires, maisons de joaillerie, pop-ups et accrochages qui ne restent parfois que quelques jours. De Pomellato à Matisse, de Lee Miller à Leonora Carrington, voici six expositions à voir ce mois-ci à Paris. Aucune Joconde au programme, et c’est très bien comme ça.
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« Pomellato : Le Joaillier Révolutionnaire » au Palais de Tokyo
La maison milanaise y a organisé son gala le 23 juin, avec Catherine Deneuve, Carla Bruni, Kerry Washington et tout le gotha. Le même soir, elle dévoilait « Stile Libero », une collection de haute joaillerie composée de 65 nouvelles pièces. Pour le reste d’entre nous, il reste la toute première exposition parisienne de Pomellato : une plongée dans l’histoire de la maison depuis 1967, à travers ses révolutions en matière de couleur, de savoir-faire et, surtout, de rapport aux femmes. Le tout sous le commissariat d’Alba Cappellieri. Le fil rouge ? La photographie, avec Helmut Newton, Snowdon, Herb Ritts et Michel Comte. L’entrée est gratuite, et le Palais de Tokyo, heureusement, ne ferme jamais trop tôt.

Arnold Jerocki
3 avenue du Président-Wilson, jusqu’au 20 juillet.
« Matisse, 1941-1954 » au Grand Palais
Oui, c’est l’exposition événement dont tout le monde parle déjà. Mais certaines têtes d’affiche méritent leur statut. Le Grand Palais consacre ses espaces aux dernières années de Matisse, incandescentes : les papiers découpés, la chapelle de Vence, les œuvres tardives réalisées en grande partie depuis un lit ou un fauteuil roulant, et pourtant parmi les plus joyeuses de sa vie. Si vous ne devez affronter qu’une seule exposition bondée cette semaine, que ce soit celle-ci.

Centre Pompidou
25 avenue du Général-Eisenhower, jusqu’au 26 juillet.
« Fragile Beauté » au Jeu de Paume
Depuis 30 ans, Elton John et David Furnish ont constitué l’une des plus grandes collections privées de photographie au monde, avec plus de 7 000 images. La sélection qu’en a tirée le V&A traverse aujourd’hui la Manche. Au programme : 300 tirages, 90 photographes, de Mapplethorpe et Arbus à l’installation monumentale « Thanksgiving » de Nan Goldin, organisés autour du désir, de la mode, de la célébrité, de l’identité et du photojournalisme. Un conseil : l’avertissement de sensibilité à l’entrée n’est pas là pour la forme. Ce n’est pas une exposition pour l’heure des enfants.

Jeu de Paume
1 place de la Concorde, jusqu’au 27 septembre.
« Lee Miller » au Musée d’Art Moderne de Paris
La première de deux expositions consacrées à des femmes à qui l’on avait assigné le rôle de muse, et qui l’ont renvoyé à l’expéditeur. Formée auprès de Man Ray, Lee Miller est ensuite devenue l’une des premières correspondantes de guerre, photographiant la libération de l’Europe pour Vogue tout en documentant de l’intérieur l’ensemble du cercle surréaliste. La France n’avait plus accueilli de rétrospective de cette ampleur depuis 20 ans : près de 250 tirages. À voir en parallèle avec Carrington, ci-dessous. Les deux se font en un après-midi, avec de bonnes chances d’en ressortir légèrement changé.

Lee Miller Archives England 2026
11 avenue du Président-Wilson, jusqu’au 2 août.
« Leonora Carrington » au Musée du Luxembourg
L’autre moitié de ce double programme muse-devenue-artiste. Amante de Max Ernst avant de s’en échapper, Carrington s’installe au Mexique où, aux côtés de Remedios Varo et Kati Horna, elle devient l’une des « trois sorcières ». Elle y développe une mythologie intime, nourrie de magie et de mysticisme, qui ne ressemble à rien d’autre dans son siècle.

Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris
Musée du Luxembourg, jusqu’au 19 juillet.
« Style not com : Past, Present and Future »
Le phénomène culte de commentaire mode lancé par Beka Gvishiani fête ses cinq ans, et Meta soutient son exposition dans le faubourg Saint-Honoré. Cinq jours seulement, exactement le type de rareté sur lequel la marque a toujours bâti son aura. Au programme : des œuvres en 3D et un mur d’aimants amovibles, dont les bénéfices seront reversés à la promotion sortante de l’Institut Français de la Mode, dont le défilé aura lieu pendant la Fashion Week de Paris en juin prochain. Il y aura évidemment un bar éphémère Caviar Kaspia, ainsi qu’une pochette surprise remplie d’objets customisés dans une seule couleur, choisie avec soin. Indice : elle est bleue. Pour le reste, allez voir par vous-même.

Courtesy of Style Not Com
85 rue du Faubourg-Saint-Honoré, du 6 au 10 juillet.