Si Lozen Club s’impose comme l’un des lieux les plus attendus du printemps, c’est grâce à son positionnement radical, mais révélateur d’un besoin bien réel : un espace entièrement pensé pour les femmes, sans regard extérieur, sans pression et sans mise en scène.
Car derrière cette ouverture très commentée, il y a un constat que beaucoup ne connaissent que trop bien. Dans les salles mixtes, l’entraînement n’est jamais totalement neutre. Entre les zones de musculation largement investies par les hommes, les conseils non sollicités et cette sensation diffuse d’être observée, parfois sans pouvoir le prouver. Résultat, on adapte insidieusement sa tenue, son attitude, voire carrément son programme. Puis, progressivement, sans s’en rendre compte, on finit par faire avec.
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Une safe place
Installé à Etterbeek, dans un espace de 385 m², Lozen suit la tendance des autres clubs dans son genre : un endroit qui fait davantage penser à un lieu de vie qu’à une salle de sport. Ici, tout a été pensé pour que le corps soit perçu pour ce qu’il est, un outil, et non un objet de regard. Adieu les miroirs omniprésents par exemple. L’idée n’est pas de performer pour être vue, mais de progresser pour soi.
Fondé par Anabelle, ancienne athlète, le projet s’inspire d’une figure aussi symbolique que méconnue : Lozen. Une guerrière apache célèbre pour son rôle dans la résistance contre l’invasion mexicaine et américaine dans le sud-ouest des États-Unis.
Si le concept « women-only » crispe déjà certains, le lieu assume pleinement son positionnement. L’idée n’est pas d’exclure, mais de créer les conditions d’un environnement différent, façon « safe place », où l’on peut s’entraîner sans réajuster constamment son legging, surveiller son reflet ou anticiper le regard de l’autre.
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Du sport, mais pas que
Au-delà du débat, Lozen coche toutes les cases du club nouvelle génération : salle équipée pour le renforcement, avec machines de musculation, poids libres et zones dédiées au training fonctionnel. Côté cours, l’offre est large : allant du HIIT au yoga, en passant par la boxe, la danse, la mobilité, le stretching ou le pilates (mat et reformer), sans oublier des sessions plus holistiques comme le sound healing. Le tout complété par un espace bien-être avec sauna, et un café pensé pour prolonger l’expérience, avant ou après l’entraînement.
Comme Animo ou le Mix avant lui (pour ne citer qu’eux), Lozen a l’ambition de dépasser la simple pratique sportive. Le club veut créer une communauté autour de workshops, d’événements, de rencontres… Un lieu où l’on vient autant pour bouger que pour se reconnecter à soi et aux autres.
Là où Lozen se distingue en revanche, c’est que dans un secteur où tout est souvent calibré, optimisé et marketé, il mise sur quelque chose de plus difficile à quantifier : le sentiment de sécurité. Celui qui permet, enfin, de lâcher prise. Et, paradoxalement, de progresser.
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Une tendance qui en dit long
Plus globalement, l’essor des salles women-only n’est pas anodin. Il traduit une opportunité de marché évidemment, mais aussi et surtout à une culture du sport encore marquée par des déséquilibres. Alors on vous voit venir. Non, les femmes ne manquent pas d’accès aux salles, mais elles manquent certainement d’espaces où s’y sentir à leur place.
Et si certains voient dans la non-mixité une forme de ségrégation, celles qui en bénéficient y lisent surtout une évolution regrettable mais nécessaire tant que le harcèlement, la sexualisation et le « male gaz » pollueront les salles de port.
Bref, si Lozen ne prétend pas résoudre à lui seul les biais du fitness, il a le mérite de mette en lumière une réalité que beaucoup préféraient ignorer. Et propose, en creux, une autre manière de faire du sport. Moins performative, plus sereine.
Infos :
Où ? Rue Gray 56, 1040 Etterbeek
Quand ? Ouverture le 18 mai 2026. En semaine de 6h45 à 21h15 et le week-end de 8h à 18h