Il y a vingt ans, Namur ne savait pas encore qu’elle s’apprêtait à accueillir un lieu qui changerait la façon dont on parle — vraiment — de plaisir. Lovely Sins ouvrait ses portes en 2005, avec une ambition simple et radicale à la fois : faire de l’intimité un territoire où l’on peut entrer sans honte, sans performance, sans normes écrasantes. Une boutique, oui. Mais surtout un espace de respiration.
Nous avons suivi leur aventure dès les premiers pas. Année après année, nous observions ce concept namurois s’affirmer, se nuancer, s’élargir. Nous avons même eu la chance d’accueillir Adnane Kabaj comme chroniqueur sexo dans nos pages. Son approche, précise et bienveillante, nous a appris qu’on peut parler du corps avec autant de science que de douceur, et que la connaissance est souvent la première forme de liberté.
Une identité forgée dans l’éducation et la rigueur
Leur ligne n’a jamais dévié : le plaisir mérite une information fiable, un cadre sécurisé et un accueil inclusif . Deux décennies plus tard, les résultats sont là : des centaines d’événements éducatifs, des centaines de milliers de conseils personnalisés, des collaborations solides avec les acteurs majeurs de la santé sexuelle — SSUB, UCLouvain, CLE Liège, de nombreux GLEM (groupe local d’évaluation médicale) et plannings familiaux, pour ne citer que ceux-là .
Ce lieu est une vigie dans un paysage où le discours sur la sexualité reste encore trop souvent brouillé par la désinformation, les clichés ou la gêne. Lovely Sins défend un rapport au plaisir qui s’appuie sur la physiologie, l’ergonomie, l’hygiène, la rigueur des matériaux et une vulgarisation scientifique structurée. Le tout, en refusant la norme comme point d’arrivée. « Valoriser les corps quels qu’ils soient », écrivent-ils. « Les identités multiples. Les pratiques variées » .
Un lieu devenu repère
Avec le temps, Lovely Sins s’est imposé comme un refuge. Un espace safe pour déposer ses tabous, ses questions, ses hésitations. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’ampleur silencieuse de leur influence : un e-commerce développé, des collaborations internationales, un podcast éditorial (Extralabial·e), une gamme intime propre (Inty Essentials), et toujours cette volonté de rester accessible, utile, incarné .
Vingt ans plus tard, l’intuition de départ est devenue un écosystème.
Trois jours pour célébrer la communauté
Pour cet anniversaire, les 12, 13 et 14 décembre 2025, Lovely Sins organise trois journées qui reflètent parfaitement son ADN avec un programme pensé comme un hommage à la pédagogie, à la culture et aux conversations qui défont les habitudes :
— une soirée Safe Sex menée par O’Yes et une performance de l’autrice Nora Gaspard ;
— un atelier d’Edwige Fleury (Wicul) autour des zones érogènes, suivi d’une discussion sur le passage « du point G au point P »
— une journée de rencontres et de dialogue avec les client·es, retour aux sources, aux coulisses, au parcours qui a façonné l’adresse .
Une conviction inchangée
Dans leur déclaration officielle, Adnane Kabaj et Kévin Larose rappellent ce qui les anime depuis le premier jour : « Le plaisir et la santé sexuelle méritent une information fiable, un accompagnement de qualité et une approche inclusive. Lovely Sins n’a jamais été un simple sex shop » . Vingt ans après, la phrase sonne comme un manifeste.
Et nous, qui les avons vus grandir, évoluer et s’imposer, savons une chose : Lovely Sins n’a pas seulement accompagné les transformations du plaisir. Il en a été l’un des artisans. Joyeux Anniversaire !
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