On n’exagère à peine si l’on vous dit que les astrologues sont à deux doigts de descendre dans la rue, chaque fois que vous leur posez l’une de ces questions. Et cet article ne vaut pas uniquement pour les astrologues professionnels, mais aussi toutes les personnes (autodidactes ou non) assez calées en astrologie pour être le réceptacle d’une avalanche de questions hebdomadaires. Croyez-nous, lorsque vous commencerez à accumuler assez de savoirs sur le sujet, vous le saurez très vite. Parce que votre amie Gémeaux ascendant Balance vous déclarera comme son « astrologue privée » d’office, mais aussi parce que les personnes que vous rencontrerez vous poseront l’une de ces questions assez rapidement
« Est-ce que tu peux deviner mon signe ? »
Juin 2019, Rennes. Je me trouve à la table de quatre Sagittaire (ce qui est déjà assez traumatisant comme ça) sans le savoir. Tous me demandent de deviner leurs signes et tous sont de mèche. Le souvenir est encore douloureux, mais pour que cela n’arrive plus jamais à un fan d’astrologie ou à un astrologue, je me dois de parler : par pitié, il faut cesser de nous demander de deviner votre signe astrologique. Déjà, parce qu’il y en a douze et que la vie est trop courte pour avoir cette conversation. Ensuite, parce que si vous nous posez cette question, c’est que l’on vient de se rencontrer. Par conséquent, nous ne possédons aucun indice pour deviner quoi que ce soit. Notez par ailleurs qu’astrologiquement parlant, il y a bien plus de chance que l’on devine votre ascendant. Faisons un pact de politesse : vous arrêtez de nous demander de deviner votre signe, et nous on ne vous le demande pas automatiquement pendant les présentations de manière intrusive.
« Si les constellations se sont toutes décalées depuis l’Antiquité, ça veut dire que j’ai changé de signe astrologique ? »
À peu près une fois par an, la toile s’empare du sujet et découvre l’inimaginable. Oui, depuis que l’astrologie occidentale existe : le ciel, lui, a changé. Coup de massue. Tonnerre sous les tropiques. Les articles affirmant que « votre signe astrologique n’est en fait pas le vôtre » affluent. Certes, le zodiaque s’est décalé d’environ un signe astrologique, en l’espace de 2000 ans. C’est à l’origine de la différence entre astrologie tropicale et sidérale : les deux modes de calcul les plus courants. Fun fact, selon les pays, tout le monde n’utilise pas le même et il se peut que vous n’ayez pas le même ascendant pour les américains, par exemple. Même s’il n’existe pas de bon ou de mauvais calcul, tout est affaire d’école de pensée astrologique, en France, on considère que le décalage actuel des constellations n’est pas pertinent. Après tout, l’astrologie n’est pas une affaire de science, mais de symboles. Alors non, votre signe n’a pas changé. Tâchez de vous en souvenir dans un an.
« Est-ce que mon crush et moi, on est compatibles ? »
On vous le dit tout de go : nous refusons formellement de prendre sur nous la responsabilité de cette question. La plupart du temps, les personnes qui la formulent connaissent leur signe astrologique et celui dudit crush, peut-être leurs ascendants respectifs. Et non, navrées de vous le dire, en astrologie : cela ne constitue pas une base (même frêle) pour connaître le potentiel d’une relation. Une compatibilité amoureuse dans les règles de l’art, cela s’appelle une synastrie. Et à moins de connaître votre heure de naissance, celle de votre crush ainsi que son lieu de naissance : impossible de savoir si vous êtes même un petit peu compatibles. Sans même parler du contexte de la rencontre et de vos propres impressions qui entrent en jeu. Notez également que ce travail (car c’en est un) est long et pointilleux. Alors à moins que votre meilleure amie fan d’astrologie ne vous dresse cette compatibilité complexe de bon cœur, ce travail mérite salaire. Un astrologue, ça ne vit pas que d’étoiles et d’eau fraîche.
« Est-ce que tu savais qu’il y avait un nouveau signe astrologique ? Tu connais le Serpentaire ? »
Celle-ci, on l’a gardée pour la fin, et il y a une bonne raison : c’est la pire de toutes. Oui, on connaît le Serpentaire. Comme tous les astrologues ou personnes qui s’intéressent un peu aux astres. Ce qui ne veut pas dire qu’il gagne à être connu. Le Serpentaire, pour les adeptes de l’astrologie, c’est un peu comme votre pire ex ou ce collègue que vous ne pouvez pas sentir : vous préféreriez ne jamais avoir entendu parler de lui. Mais vous n’avez pas le choix, il est partout. Pour les fans de la série « The Office », imaginez que vous êtes Michael Scott et que le Serpentaire, c’est Tobby. Chaque année, on nous demande si « on en a entendu parler » (malheureusement, oui) et ce qu’on en pense (pas du bien). Que ce soit dit une bonne fois pour toutes : il n’y a pas de treizième signe astrologique. Ce n’est pas parce qu’une constellation existe (comme il en existe des centaines) qu’elle fait partie du zodiaque. C’est un club fermé, n’entre pas qui veut. Le prochain qui nous demande pourquoi il ne peut pas être Serpentaire, on lui répond qu’il est sûrement ascendant Grande Ourse.