Congeler ses ovocytes : comment ça marche?

Mis à jour le 16 février 2018 par ELLE Belgique
Congeler ses ovocytes : comment ça marche?

Thousands Of Adult Cumulous Cells Surrounding A Live Oocyte Cumulous Cells Are Somatic Cells That W

La Belgique fait partie de ces quelques pays qui autorisent la congélation d’ovocytes. Une pratique dont on ne parle pas beaucoup mais qui devient de plus en plus répandue. Pourquoi, comment, à quel prix ? Le ELLE.be vous explique tout. 

Pourquoi congeler ses ovocytes?

Où le faire?

Jusqu'à quel âge?

Comment ça se passe?

C'est douloureux?

Il y a des risques?

Ça coûte combien?

Pourquoi congeler ses ovocytes?

Pour des raisons médicales : les femmes qui doivent subir un traitement lourd ont la possibilité de préserver leurs ovocytes qui risquent d’être endommagés et de garder l’espoir d’avoir un enfant après leur traitement.

Pour des raisons « sociétales » : dès 35 ans, les chances d’avoir un enfant chutent drastiquement. Cet âge ne coïncide pas nécessairement avec « le bon moment » pour avoir un enfant. « Certaines n’ont pas trouvé l’âme soeur, d’autres ont d’autres priorités, comme leur vie professionnelle », nous explique Anne Vansteenbrugge, responsable du laboratoire de procréation assistée du CHU de Namur. Pour pouvoir remettre une grossesse à plus tard, il est donc possible de prélever ses ovocytes tant qu’ils sont encore de bonne qualité, avant qu’il ne soit trop tard. Néanmoins, la biologiste met en garde: « la congélation ne garantit pas à 100% une grossesse, même si les méthodes deviennent de plus en plus performantes ».

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Où le faire?

Dans les centres de procréation médicalement assistée (PMA). La liste des centres est disponible ici.

Pour des raisons éthiques, certains centres décident de ne pas pratiquer la congélation d’ovocytes. D’autres le font uniquement pour des raisons médicales. Selon le Docteur Lejeune, chef du département PMA de la Clinique Edith Cavell, la pratique devient de plus en plus courante mais reste assez discrète: « la VUB le fait de manière officielle et publicitaire, ils en ont peut-être congelé des milliers. Il y d’autres cliniques comme nous qui le faisons de manière plus discrète. Sur deux-trois ans, on a dû en conserver une trentaine ». Quant au centre PMA du CHU de Namur, la congélation des ovocytes n’y est pratiquée qu’à titre sociétal car la stimulation hormonale, nécessaire pour pouvoir prélever des ovocytes, peut par exemple réactiver un cancer du sein. Vous devrez donc peut-être passer plusieurs appels avant de trouver le centre qui vous convient.

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Jusqu’à quel âge?

Concernant la congélation des ovocytes, il n’existe pas de conditions imposées par la loi. Il existe tout de même un cadre légal concernant le prélèvement de gamètes (ovules et spermatozoïdes). Selon le Docteur Lejeune, « on ne prélève pas avant 18 ans, ni après 45 ans. Les gamètes peuvent être conservés pendant 10 ans maximum et on peut transférer les embryons jusqu’à 47 ans. ».

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L'âge limite pour réimplanter les embryons fait débat. Halle Berry a pourtant accouché de son deuxième enfant à 47 ans, sans problèmes.

Il ajoute qu’« à 30 ans, on leur explique qu’elles ont encore du temps devant elles. En général après 42 ans on refuse ». Mais pour Anne Vansteenbrugge, responsable du laboratoire de procréation assistée de Namur, « médicalement parlant, l’âge fait débat. On sait qu’aujourd'hui que les femmes ont un mode de vie moins stressant et qu’une femme de 45 ans a un organisme plus jeune qu’avant ». Tout dépend donc de votre âge et de votre santé.

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Comment ça se passe?

1. La stimulation ovarienne : il faut d’abord suivre un traitement hormonal pour stimuler les ovaires pour obtenir une ovulation. 

2. La ponction : les ovocytes sont prélevés par le vagin à l’aide d’une aiguille.

3. La congélation : les ovocytes sont sélectionnés par les biologistes en laboratoire. Ensuite, ils les congèlent très rapidement les ovocytes pour éviter la formation de cristaux qui pourraient endommager.

C’est douloureux?

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Les témoignages sont très variés. La ponction peut engendrer des douleurs et de légers saignements mais cela dépend d’une personne à l’autre. Une anesthésie serait possible. Donc pas de panique mais parlez-en à votre médecin.

Il y a des risques?

« À partir du moment où c’est une intervention, il y a des risques mais ils sont très bien contrôlés », explique Anne Vansteenbrugge. « Le traitement hormonal peut créer une hyperstimulation, c’est-à-dire que l’ovaire ‘galope’, grossit et crée une déstabilisation au niveau de l’organisme. La ponction est une intervention chirurgicale, avec une aiguille, cela peut donc causer une infection mais c’est très rare ».

Il faut signaler que faire prélever ses ovocytes n’a pas d’influence sur sa fertilité future. Ce n’est pas parce que vous les avez mis de côté qu’il ne pourra plus rien arriver! Quand aux femmes qui veulent en faire don, elles pourront donc encore avoir des enfants.

Enfin, il existe des risques liés à l’âge: une grossesse après 40 ans est plus « dangereuse ». C’est physiquement plus difficile et cela peut entraîner, entre autres, des risques d’hypertension.

Ça coûte combien?

La mutuelle ne prend pas en charge la congélation d’ovocytes. Pour ce qui est des consultations, prises de sang, frais d’hôpitaux,… c’est remboursé. Il en est de même pour le prélèvement. Il reste donc à payer la stimulation hormonale et le laboratoire. Autrement dit, ce qui coûte le plus cher. Selon Anne Vansteenbrugge, il faut compter entre 1.000 et 1.500 euros pour le traitement hormonal, 200 euros pour la congélation et encore 200 euros par an pour la conservation. « Mais je sais que certains demandent 500 euros ». Il faudrait donc compter en moyenne 2.000 euros au total, voire plus. « C’est très cher… »

Si vous l’avez raté, nous vous parlions du don d’ovocytes dans le numéro de mai 2014 du ELLE Belgique. Notre journaliste, Céline Gautier, vous expliquait comment le don d’ovocytes se fait le plus souvent entre proches (soeurs, cousines, amies). Cela engage une grande charge émotionnelle et est parfois psychologiquement dur à vivre. De plus, les donneuses sont rares.

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Recourir à la congélation de ses ovocytes permet donc d’éviter ce genre de complications et pourrait permettre de créer une réserve anonyme d’ovocytes.

Maude Lebon