L’image de l’échelle de carrière qu’on gravit avec une loyauté aveugle envers son employeur a officiellement pris un coup de vieux. En 2026, la Gen Z a décidé de troquer l’ascension verticale contre une trajectoire plus fluide, plus agile et, osons le mot, beaucoup plus maline : le “lilypadding”.
Adieu l’échelle, bonjour le nénuphar
Le concept est simple mais radical : au lieu de viser la promotion interne à tout prix, le “lilypadder” saute d’un poste à l’autre (souvent latéralement ou vers des secteurs totalement différents) pour collectionner des compétences spécifiques.
Contrairement au “job hopping” classique, qui est souvent une réaction à une mauvaise ambiance de travail, le lilypadding est une démarche proactive. On ne part pas parce qu’on en peut plus, mais parce qu’on a “réussi le niveau” et qu’on veut débloquer de nouvelles compétences (le fameux skills stacking).
L’objectif : se rendre indispensable sur le marché en devenant un véritable couteau suisse ultra-qualifié. On passe par exemple d’une multinationale à une start-up sociale, puis à une mission freelance dans l’IA, le tout en conservant parfois le même niveau de salaire, mais avec un bagage technique décuplé.
@lynda.leads Gen Z isn’t climbing the corporate ladder the way older generations did — they’re using the lily pad career strategy to move faster, earn more, and grow smarter. This video breaks down why job-hopping is a strategic advantage for Gen Z, how it shortens the time to promotion, and what leaders need to understand about modern career mobility. If you manage Gen Z or work with them, this is the career insight you need. #lyndasays ♬ original sound – Lynda | Manager Guru
Pourquoi ça cartonne en 2026 ?
Si le lilypadding cartonne autant aujourd’hui, c’est que le monde du travail traverse une crise de sens. Plusieurs facteurs expliquent ce saut de nénuphar généralisé. D’abord, la “Culture Rot”. Selon une étude récente, 54 % des professionnels estiment que la culture d’entreprise se dégrade, minée par des coupes budgétaires (81% des employeurs admettent que les économies ont affaibli l’esprit d’équipe). Face à un environnement toxique, la Gen Z préfère sauter sur un autre nénuphar plutôt que de couler avec le navire.
Ensuite, il y a l’obsolescence des compétences. Avec l’évolution fulgurante de l’IA, rester 5 ans au même poste, c’est prendre le risque de devenir “has-been”. Sauter de projet en projet permet de rester à la page. Enfin, ayant vu leurs parents s’épuiser pour des médailles en chocolat, les jeunes actifs de 2026 privilégient leur santé mentale et leur équilibre de vie.
@thecareerdecoded Gen Z Isn’t Job Hopping…They’re Using the Lily Pad Effect (According to Forbes) Gen Z employees are often labeled as disloyal for leaving jobs after roughly a year. But what many leaders call “job hopping” is actually something else entirely: the Lily Pad Effect. According to Forbes, Gen Z isn’t moving from role to role for fun. As Forbes explains, they’re navigating the professional world with the mindset of entrepreneurs intentionally avoiding the risk of putting all their eggs in one basket, only to lose it all. The Lily Pad Effect describes a deliberate career strategy where each role is a stepping stone, not a destination. Gen Z uses jobs to gain skills, experience, and leverage, then jumps to the next opportunity when growth stalls. This mindset didn’t come from entitlement. It came from observation. Forbes notes that Gen Z grew up watching older generations give years of loyalty to companies, only to face layoffs, limited advancement, and minimal reward for staying put. That experience shaped a generation that values adaptability, security, and optionality over tenure alone. Here’s what typically triggers a jump to the next lily pad: • Lack of growth — When roles become repetitive and stop developing new skills, Gen Z looks elsewhere (Forbes). • Unclear career paths – Vague promotion criteria signal limited long-term opportunity (Forbes). • Feeling undervalued- Infrequent feedback and recognition lead to disengagement (Forbes). • Skepticism about loyalty- Past layoffs and broken promises reinforce a self-preservation mindset (Forbes). From a management perspective, this behavior can feel disruptive. But Forbes frames it not as rebellion but as strategic career navigation. Retention doesn’t come from asking Gen Z to slow down. It comes from giving them a reason to stay. Forbes highlights that managers who successfully retain Gen Z focus on: Investing in development, not just output Providing frequent, real-time feedback Creating transparent career paths Building coaching-style manager relationships When employees can clearly see their next “lily pad” inside the organization – the next skill, role, or opportunity- they’re far more likely to stay. Gen Z isn’t rejecting work. They’re rejecting stagnation. As Forbes makes clear, companies that understand the Lily Pad Effect won’t fight it… they’ll design for it. Managers and Gen Z’ers does this align with what you’re seeing ? Would love to hear your feedback! ⬇️ #leadership #career #jobs #jobtips #genz ♬ Vaporwave Dreams (Lofi) – ProdbySkyJackson
Les pièges à éviter (pour ne pas finir à l’eau)
Si la stratégie est séduisante, elle demande une certaine discipline pour ne pas passer pour un éternel indécis auprès des recruteurs. Le premier risque est le manque de profondeur. À force de sauter trop vite, on risque de ne jamais maîtriser un sujet à 100 %. Les experts recommandent de “poser ses valises” au moins assez longtemps pour obtenir des résultats concrets à présenter.
Aussi, sauter de nénuphar en nénuphar demande de l’énergie pour reconstruire son cercle pro à chaque fois. Sans parler des banques qui, contrairement aux algorithmes LinkedIn, aiment toujours autant la stabilité pour les prêts immobiliers.
On valide ?
Absolument. Le lilypadding est la réponse saine à un marché du travail devenu imprévisible. C’est reprendre le pouvoir sur sa carrière en se disant que notre valeur ne dépend pas d’un badge d’entreprise, mais de ce qu’on a dans la tête (et dans les mains). Bref, un geste d’indépendance pile dans l’ADN 2026.