Les célibataires de la génération Z sont 36 % plus hésitants que les millenials à entamer une conversation profonde dès le premier date. Pourtant, 84 % d’entre eux recherchent une connexion émotionnelle.
Séries, boulot, voyages… Parler de tout lors du premier rendez-vous, sauf de ce qui compte vraiment. Tel est le comportement adopté par bon nombre de célibataires. Derrière les discussions légères du premier date se cache parfois la peur de mal faire ou de s’épancher trop intensément. Selon un nouveau rapport Hinge 2025, 84 % des membres de la génération Z souhaitent explorer de nouvelles façons d’approfondir leurs relations, et développer une intimité émotionnelle. Pourtant, ils sont 36 % plus hésitants que les millennials à entamer une conversation profonde dès le premier rendez-vous. C’est ce que l’application de rencontres a baptisé le “gap de communication”. Alors, comment expliquer ce décalage entre le besoin de connexion et le manque d’intention ?
49 % des femmes hétéros attendent que l’autre personne approfondisse la conversation
Cette étude a été menée auprès de 30 000 utilisateurs et utilisatrices de la plateforme. D’après les réponses obtenues, ce fossé de communication serait lié à plusieurs facteurs : près de la moitié des femmes hétérosexuelles de la Gen Z (49 %) hésitent à entamer des conversations sérieuses lors du premier date car elles préfèrent que l’autre personne prenne l’initiative, tandis que 17 % des hommes hétérosexuels de la même tranche d’âge sont dans le même état d’esprit.
Par ailleurs, 42 % des femmes ont l’impression que les personnes avec lesquelles elles sortent ne souhaitent pas avoir d’échanges approfondis lors des premières rencontres, alors que 65 % des hommes hétérosexuels affirment le contraire. Autre frein : 48 % des jeunes hommes hésitent à exprimer une intimité émotionnelle car ils ne veulent pas donner l’impression d’en faire “trop”. Une crainte qui fait écho au “blues de la vulnérabilité”, ressenti par 52 % des personnes interrogées. Or, selon Moe Ari Brown, thérapeute conjugal, expert en amour et en connexion, « lorsqu’il y a un décalage entre la façon dont nous pensons devoir agir et communiquer, et la façon dont nous avons réellement envie d’agir et de communiquer, cela peut donner lieu à des rendez-vous très décevants, souligne-t-il dans un communiqué. Les rendez-vous sont plus réussis lorsque les deux personnes s’efforcent de contribuer comme elles le souhaitent vraiment. »
Gap de communication : comment oser les conversations profondes au premier rendez-vous amoureux ?
Ce gap de communication est souvent lié à une peur du jugement de l’autre si l’on se dévoile. Pour dépasser ces craintes, l’expert livre quelques clés, comme la cadence : « Commencez par des intérêts communs, puis passez aux valeurs et aux sujets qui vous tiennent à cœur. Dire des phrases comme “j’aime bien où ça va” lors des conversations sérieuses, rassure la personne en face, mais aussi votre propre système nerveux, indique-t-il.
Moe Ari Brown recommande aussi de se poser plusieurs questions pour dépasser ses propres préjugés : « Dans quelles situations est-ce que je m’empêche d’être pleinement moi-même par habitude, par peur ou à cause d’une vieille histoire dictant qui je suis “censé·e” être ? », « Si je mettais de côté les attentes liées au genre, les “règles” des rencontres amoureuses et les peurs anticipées, à quoi ressemblerait ma personnalité la plus authentique et spontanée ? », ou encore « Comment je veux me sentir à ce rendez-vous et quelle énergie je vais apporter pour créer ce sentiment ? » Et d’ajouter : « Reconstruisez votre tolérance. Entraînez-vous à vous confier par petites doses dans des espaces de confiance. Avec le temps, vous pourrez réapprendre à considérer la vulnérabilité comme quelque chose de sûr, voire d’enrichissant. »