Le chiffre paraît abstrait, une femme sur huit est touchée par un cancer du sein, jusqu’au jour où il a un visage. Le sien. Le nôtre. Celui de quelqu’un qu’on aime. Chaque jour en Belgique, 32 personnes reçoivent ce diagnostic. Et pourtant, derrière l’angoisse et l’incertitude, il existe aussi de la solidarité, de l’espoir et des gestes concrets qui changent le quotidien. C’est là qu’intervient Think Pink, l’organisation nationale de lutte contre le cancer du sein qui met tout en œuvre pour informer, soutenir et inspirer.
Toutes les nuances de rose
Parler de dépistage, c’est une chose. Le faire, c’en est une autre. Selon les derniers chiffres de 2022, la participation des femmes concernées par le Mammotest reste très faible : 8,6 % à Bruxelles et seulement 4,3 % en Wallonie. Pourtant, cet examen gratuit, proposé tous les deux ans entre 50 et 69 ans, peut vraiment sauver des vies. Détecter la maladie tôt, c’est augmenter les chances de guérison et alléger les traitements : aujourd’hui, 93 % des femmes sont encore en vie cinq ans après le diagnostic, lorsque le cancer est détecté à temps. Pour convaincre davantage de femmes de franchir le pas, Think Pink relance sa campagne « J’peux pas, j’ai mammo », une accroche simple qui dit pourtant l’essentiel : prenez rendez-vous, car votre santé en dépend. Dans cette même volonté d’être plus proche et plus représentative, l’organisation dévoile aussi un ruban revisité, modernisé et décliné en plusieurs nuances de rose, pour refléter la diversité des cancers mais aussi celle des parcours. Vendu 2 €, il garde son rôle de symbole, tout en devenant un signe fort de reconnaissance et de solidarité.
©Think Pink
Des projets concrets pour adoucir le quotidien
Au-delà des campagnes, Think Pink agit chaque jour auprès des personnes touchées. Dès le diagnostic, la Think Pink Box, offerte gratuitement par Think Pink via les Cliniques du Sein agréées, apporte des repères précieux : informations médicales, conseils financiers, adresses utiles, mais aussi de petites attentions pour alléger le quotidien. À cela s’ajoutent trois fonds essentiels : Share Your Care, pour offrir un moment de répit comme un soin ou une sortie ; Coupe d’Éclat, qui offre un soutien financier pour l’achat d’une perruque ou d’un bonnet ; et Support Them, qui aide à l’achat de lingerie adaptée après une opération. Des gestes concrets pour redonner un peu de souffle quand tout s’accélère.
La communauté peut aussi être un puissant levier d’accompagnement. L’annonce d’un cancer du sein soulève mille questions et émotions. Pour briser l’isolement, Think Pink anime le groupe fermé Facebook « Think Pink pour victorieux(ses) », un espace bienveillant où patient·e·s et ex-patient·e·s échangent, s’encouragent et trouvent des réponses concrètes. Lire « moi aussi » ou pouvoir poser une question sans crainte, c’est parfois ce qui fait toute la différence.
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L’importance d’en parler
Certaines trouvent du réconfort dans un forum, d’autres en partageant leur histoire sur Instagram ou TikTok. Louve, 29 ans, indépendante dans le marketing digital et créatrice de contenu, fait partie de celles qui ont choisi d’en parler ouvertement. « Sur ma biographie Instagram il y est d’ailleurs écrit Future soignée d’un cancer du boobs (rires) ». Suivie par plus de 80.000 personnes, elle raconte sans filtre les étapes de son parcours. Trois jours avant Noël, à 28 ans, elle découvre par hasard son diagnostic en ouvrant son dossier médical en ligne. « J’ai lu pour la première fois de ma vie le mot carcinome. Après une petite recherche sur Internet, j’ai tout de suite compris que ce n’était pas bon signe. »
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Cette petite boule de la taille d’un raisin, palpée par sa compagne, lui a sauvé la vie. Mais l’annonce a été un choc, d’abord pour elle-même, puis pour son entourage. « C’est l’étape la plus compliquée de tout le parcours. Savoir qu’en leur annonçant ça, ils allaient être anéantis, c’était insupportable. Tout le monde a pleuré, mais ça je l’ai su plus tard. » Pour ses proches, elle a choisi de rassurer coûte que coûte. « Je me rappelle avoir envoyé un message à mes amis en précisant qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter, que tout allait bien, que j’étais forte. En réalité, c’est moi qui ai énormément rassuré les autres, plus qu’eux ne me rassuraient. »
Sa voix résonne d’autant plus fort qu’elle fait écho à une réalité trop souvent invisibilisée, celle de la maladie chez les jeunes femmes. « Selon moi, ça reste tabou parce qu’on s’imagine qu’il faut s’en préoccuper seulement à partir de 50 ans. La plupart des campagnes mettent en avant des femmes qui ressemblent à nos mamans ou nos grands-mères, et très peu des filles de notre âge. » Elle aurait aimé lire plus tôt des témoignages positifs. « Trop souvent, je tombais sur des histoires qui expliquaient à quel point la chimio avait été horrible, et c’est super angoissant. Dans mon cas, ça s’est très bien passé. »
Ce besoin de représentation l’a poussée à transformer ses réseaux en espace d’information et de soutien. « J’avais envie d’expliquer, avec des mots simples, ce par quoi je suis passée, et surtout montrer qu’il est possible que ça se passe bien. Je crois vraiment que le savoir, c’est le pouvoir. » Une démarche qui lui a permis non seulement d’être actrice de son traitement, mais aussi de créer du lien. « Pendant mes soins je me suis fait deux copines, Aurélie et Katia, qui ont aussi une trentaine d’années. On a commencé nos chimios la même semaine et on a terminé en même temps. C’était précieux de pouvoir se parler en sachant exactement ce que l’autre vivait. »
Soutien médical, familial, amical, mais aussi communautaire, pour Louve chaque geste compte. « C’est important de se sentir soutenue par une association comme Think Pink, parce qu’on peut parfois se sentir seule ou remplie de questions. Leurs outils, que ce soit leur site, leur page Instagram ou leurs livres, sont clairs et rassurants. Ça enlève beaucoup de peurs. »
Comment s’engager ?
Octobre est le mois parfait pour rejoindre le mouvement. Porter le ruban, faire un don (dès 40 €, il est déductible), acheter un produit solidaire dans la boutique en ligne, ou même créer sa propre action. Et puis, il y a la Race for the Cure®, cette marche et course qui, chaque automne, rassemble des milliers de personnes partout en Belgique. Du 20 septembre au 2 novembre 2025, avançons ensemble pour soutenir, honorer, se souvenir et financer la recherche.
Un autre geste de soutien ? Participez à notre enquête en ligne pour libérer la parole autour du cancer du sein. Votre voix compte !
Cet article a été rédigé en étroite collaboration avec Think Pink.