“Intersections”, la programmation musicale féministe du 8 mars

Mis à jour le 4 mars 2020 par Elisabeth Debourse
“Intersections”, la programmation musicale féministe du 8 mars Selon le premier rapport SCIVIAS, 18% des artistes programmés dans le réseau de salles de concert belge Club Plasma sont des femmes. 87% des postes de direction liés à la musique sont en revanche occupés par des hommes - © Unsplash

La collective Psst Mlle lance « Intersections » pour la journée internationale des Droits des Femmes : une programmation musicale éclectique et inclusive dans six lieux de la capitale.

Entre des droits et du bon son, Psst Mlle n’a pas voulu choisir. Plateforme féministe inclusive et intersectionnelle, ce consortium bruxellois tient depuis 2018 le haut du pavé des soirées dédiées à la création musicale féminine de la capitale. En deux ans d’activités, on y a découvert de jeunes pousses sûres telles que la rappeuse Blu Samu, la DJ Gayance, Lous and the Yakuzas ou encore Ana Diaz. S’il y a une initiative musicale par laquelle observer ce que créent les jeunes femmes — et identifiées comme telles — en Belgique, c’est donc bien celle-ci. Le 8 mars prochain, la collective soufflera sa deuxième bougie, mais aussi sur les braises du bûcher du patriarcat.

À l’occasion du 8 mars, journée internationale des Droits des Femmes, Psst Mlle organise en effet une série de six évènements répartis sur deux soirs, à travers tout Bruxelles. Le projet s’intitule « Intersections », « comme l’intersectionnalité dont le féminisme a tant besoin », « comme le croisement des genres musicaux » et « comme la connection entre les programmatrices ». Dix d’entre elles proposeront ainsi une série de line-ups exclusivement féminins, à l’Ancienne Belgique, au Beursschouwburg, au C12, au FFORMATT, à LaVallée et au VK. On y retrouvera, entre autres pépites, la chanteuse baroque-pop Mathilde Fernandez et son acolyte Amalyah, la DJ Marouchka dont les sets sont peuplés d’artistes féministes et queer, ou encore Pega, trio underground basse-batterie-guitare. De quoi rappeler, après la marche qui se tiendra dans les rues de Bruxelles, qu’il y a encore bien des talents féminins dans l’ombre des hommes — et qu’on aimerait voir les programmateurs « traditionnels » leur donner leur chance plus d’une fois par an.

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