Les trois grandes victoires féministes et inclusives des Magritte

Publié le 3 février 2020 par Elisabeth Debourse
Les trois grandes victoires féministes et inclusives des MagritteLe Magritte du meilleur documentaire a été attribué à "Mon nom est clitoris". ©Iota Production

Avec ses neuf éclatantes victoires aux Magritte, le film « Duelles » a presque réussi a éclipser le reste du palmarès. C’était sans compter ces trois lauréates remarquables qui font bouger les choses dans le petit monde du cinéma belge.

Mya Bollaers, meilleur espoir féminin

L’histoire de « Lola vers la mer », qui retrace le roadtrip d’une jeune fille obligée de voyager avec son père qu’elle ne voit plus, a été salué de toutes parts pour son portrait fin du parcours — souvent « fantasmé » — d'une personne transgenre. À l’inverse du « Girl » de Lukas Dhont, il donnait aussi à voir la prestation d’une véritable femme trans. Et samedi soir, en montant sur la scènes des Magritte pour recevoir son trophée du meilleur espoir féminin, Mya Bollaers a tenu à marquer l’occasion en tenant un discours touchant de soutien et d’inclusion : « Ce prix, c’est le mien, mais ce n’est pas le mien. Je le dédie à toutes les personnes trans et LGBTQ qui souffrent de discriminations », a-t-elle tenu à dire, alors que la musique de la cérémonie repartait maladroitement. S’il reste encore du chemin à parcourir, des réalisateurs et actrices comme Laurent Micheli et Mya Bollaers montrent la voir.

« Mon nom est clitoris », meilleur documentaire

« C’est la taille d’un pénis, ce qu’on a à l’intérieur ! Onze centimètres, on le sous-estime complètement… » Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’opportunité de parler de clitoris, alors imaginez le voir sacré grâce à un documentaire belge… « Mon nom est clitoris », le film de Lisa Billuart Monet et Daphné Leblond, est reparti avec un Magritte, et ce que ça fait du bien de voir le sujet du corps des femmes et de leur plaisir respecté, pour une fois. Loin d’être anecdotique, ce documentaire est un dialogue vivant sur la sexualité féminine, entre humour, charisme et courage. Nécessaire.

« Matriochkas », meilleur court-métrage

À 16 ans, Anna vit avec sa mère Rebecca — et ses conquêtes —. Descendante de fille-mère, Anna va découvrir cet été-là la force d’un certain déterminisme filial, alors même qu’elle découvre sa propre sexualité. Pour présenter cette histoire de femmes, Bérangère McNeese, une cinéaste belge sur laquelle il faudra désormais compter avec ce prix du meilleur court-métrage et un long en préparation. De quoi rappeler que oui, le cinéma se conjugue aussi au féminin — et que ce n’est pas près de s’arrêter. « Matriochkas » est à voir sur le site d’Arte jusqu’au 7 février.