Comment choisir la meilleure protection solaire ?

Mis à jour le 14 juin 2019 par Marie-Noëlle Vekemans
Comment choisir la meilleure protection solaire ?

Pour profiter de l’été sans regret ni danger, il est temps de revoir ses classiques et de choisir la meilleure protection solaire pour bronzer en toute sécurité. 

Qui dit période estivale, dit lunch en terrasse, chill l’après-midi au bord d’un lac, danse sur la plaine d’un festival. Pour éviter les coups de soleil et leurs conséquences (parfois graves), il est indispensable d’adopter une attitude responsable face aux rayons. Un domaine dans lequel nous, Belges, n’excellons pas.

Thomas Maselis, dermatologue : « L’hiver, le Belge moyen ne met pas beaucoup le nez dehors. Nous montons dans notre voiture le matin et passons toute la journée au bureau. Une fois en vacances, nous voulons profiter du soleil coûte que coûte. Résultat : nous nous exposons parfois jusqu’à huit heures par jour en négligeant les précautions en matière de protection. » Les chiffres sont édifiants : on enregistre chaque année près de 39.000 nouveaux cas de cancer de la peau, soit une augmentation de pas moins de 350 % depuis 2004. De plus, l’exposition aux rayons ultraviolets provoque le vieillissement prématuré de la peau, avec l’apparition de taches pigmentaires et de rides. 

Le soleil est-il devenu plus agressif qu’avant ? La faute au réchauffement climatique ou à la pollution ? Pour Edouard Mauvais-Jarvis, directeur de la communication scientifique et de l’environnement chez Dior, le problème n’est pas là. « En général, les coups de soleil sont dus à une mauvaise utilisation des produits solaires. La population ne se protège pas assez, tout simplement. Qu’il fasse 30 ou 50 degrés, la dose de rayons UV à laquelle on est soumis est la même. Attention à ne pas confondre réchauffement climatique avec dangerosité solaire. Le soleil n’est pas plus aggressif aujourd’hui qu’avant. Et concernant la pollution, plus l’air sera pollué, plus il filtrera les UV. Par contre, c’est l’équation “ accumulation de soleil + pollution” qui accélère le vieillissement cutané.  Malgré tout, on vieillit mieux aujourd’hui. C’est le fruit de nombreuses années d’éducation tant de la part de l’industrie que des médias pendant lesquelles la population a pris conscience de la nocivité des rayons UV, mais il reste encore du chemin à parcourir. » 

On ne le répètera jamais assez, la règle d’or c’est pas d’exposition sans protection. On glisse ses tubes de crème solaire un peu partout (un dans chaque sac, un autre dans la voiture, et encore un dernière dans un tiroir au bureau) et on se tartine le visage et le corps régulièrement et avec minutie. On se protège à l’ombre pendant les heures où le soleil est à son apogée et on porte des vêtements de protection (surtout les enfants). Bronzer, c’est bien. Mais bronzer sans se flinguer la santé, c’est mieux. 

UVA vs UVB

« La lumière du soleil est composée de différents types de rayonnement, dont les rayons ultraviolets ou UV, en abrégé. Ceux-ci se subdivisent à leur tour en UVA et UVB », explique Barbara Geusens, docteur en sciences dermatologiques et fondatrice de la marque de soins Nomige. « Les UVB sont responsables du bronzage mais aussi des brûlures en cas d’exposition trop longue au soleil. Ils favorisent par ailleurs la production de vitamine D. Les UVA sont plus nocifs. Ils pénètrent plus profondément dans la peau et provoquent le vieillissement cutané prématuré ainsi que certains cancers de la peau. »

Filtres chimiques vs filtres minéraux

Ces derniers temps, la qualité et la sécurité des filtres UV sont sur toutes les lèvres. Certains filtres prétendent être meilleurs que d’autres, mais on ne dispose d’aucune preuve irréfutable pour en attester. Les deux types présentent des avantages et des inconvénients. 

Filtres chimiques

« Les filtres solaires chimiques (issus de la pétrochimie) sont composés de molécules organiques qui captent les rayons UV, les convertissent en énergie inoffensive. Au contact des UV, ils subissent donc une transformation chimique qui leur permet d’être absorbés par la peau. » Ces filtres peuvent être allergisants, mais ils ne présentent pas de réels risques pour la santé. Par contre, ils ont un impact sur l’écosystème marin. Ils sont efficaces 30 minutes après l’application.

Filtres minéraux

« Les filtres solaires minéraux renferment deux substances inorganiques, comme le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc. Ils déposent une sorte de bouclier sur la peau, qui agit comme un miroir et assure la réflexion des UV. Ils présentent souvent l’inconvénient d’être plus épais – donc moins faciles à appliquer –  et de laisser un film légèrement blanchâtre sur la peau. » Néanmoins, ils sont efficaces immédiatement, sont non allergènes et n’impactent pas directement les algues et les coraux.

SHOPPING : Les meilleures protections solaires de l'été

Jeune femme exposée au soleil.

Vitamine D

La lumière du soleil ne présente pas que des dangers. Elle est aussi nécessaire à la production de vitamine D. C’est la raison pour laquelle il est bénéfique de sortir au grand air chaque jour pendant 15 à 30 minutes (selon la carnation). La vitamine D renforce la solidité des os, réduit le risque de dépression et stimule entre autres le système immunitaire et la mémoire.  

Attention à la conservation

Les crèmes solaires, comme tout produit cosmétique, ont une durée de vie limitée. Pour s’assurer de leur efficacité, il est recommandé d’éviter de les utiliser plus d’un an après leur ouverture.

Pour les distraites, une fois les vacances terminées, il est intéressant d’aposer une petite étiquette avec le mois et l’année de l’ouverture pour éviter toute hésitation. Ou alors, on copie Kourtney Kardashian qui recycle ses restes de crèmes solaires en crèmes pour les mains pour prévenir le vieillissement prématuré et l’apparition de taches pigmentaires sur cette zone particulièrement exposée. 

Sous l'océan

Outre la protection cutanée, de plus en plus de marques veillent à ce que leurs soins solaires soient les moins nocifs possible pour la faune et la flore marines. Chaque année, pas moins de 25.000 tonnes de crème solaire se retrouvent dans les récifs coralliens, provoquant leur mort à petit feu. Ils détruisent les microalgues responsables de la survie du corail et causant alors sa perte. Ils engendrent également le blanchiment du corail, car ils empêchent les rayons du soleil de l’atteindre.

C’est donc une catastrophe écologique, quand on sait que les coraux sont l’un des piliers de l’écosystème de notre planète. Actuellement, de plus en plus de régions interdisent l’utilisation de produits solaires à base de filtres chimiques sur leurs plages (Hawaii, Costa Rica, Guatemala, Australie...).

Le label Ocean Protect garantit l’absence de filtres ayant un impact négatif sur l’environnement, tels que l’oxybenzone et l’octinoxate. La marque française de soins de la peau Caudalie lance quant à elle une nouvelle génération de produits solaires. Leur développement est le fruit d’un processus de longue haleine, comme l’explique Mathilde Thomas, cofondatrice de la marque : « Je refusais de devoir choisir entre protection de la peau et protection de la nature. Nous avons travaillé pendant plusieurs années sur des formules à la fois très sensorielles et respectueuses de l’environnement. » La gamme de Caudalie ne contient que quatre filtres, alors qu’un produit solaire conventionnel peut en renfermer jusqu’à neuf.

« La cosmétique est un écosystème complexe qui évolue en permanence. La plupart des groupes reposent sur un nombre limité  de fournisseurs, donc les infos sur les innovations sont partagées. Nous sommes nombreux à travailler sur les filtres biodégradables », annonce Edouard Mauvais-Jarvis. « Des efforts sont faits tout le temps pour limiter l’impact de nos produits sur la planète : tant au niveau des formules que des ingrédients choisis, du transport et du packaging. Seulement, il y a aussi de nombreuses contraintes. Il faut que le produit reste stable, sécure et efficace dans le temps. Les attentes du consommateur sont nombreuses, élevées et parfois contradictoires. Ils attendent des galéniques (préparations au principes actifs, NDLR) innovantes, des beaux parfums, des hautes protections, une durée de vie de plusieurs mois au minimum avec des ingrédients les plus naturels possible. Il y a malheureusement des limites à l’écoconception. Le produit idéal n’existe pas encore. Un énorme chantier de recherche est en cours dans toute l’industrie. Chez Dior, pour 2020, toutes nos formules seront exemptes du moindre ingrédient controversé. Les produits actuels ne font courir aucun risque au consommateur, mais il en veut plus. Nos produits, leurs formules et notre catalogue de matières premières changent sans cesse. Ils s’adaptent en fonction des nouvelles alertes. »

Tips pour les kids

Les enfants sont un public fragile à tenir sous haute surveillance. « Je ne préconise pas l’utilisation de produits spécifiques, même si certaines galéniques sont plus adaptées à ce public particulier. Mais il faut par contre en appliquer en plus grande quantité et bien plus souvent. Les enfants se moquent complètement d’être bronzés ou pas, l’idéal est donc de les couvrir au maximum avec des vêtements adaptés, même si rien ne permet de garantir une protection écran totale. Le plus gros danger pour les enfants, ce sont les risques de brûlures au niveau des yeux. Les dommages des UV sur la peau sont les mêmes sur le cristallin, avec des risques d’apparition de cataracte précoce », prévient Edouard Mauvais-Jarvis.

Sans virer à la paranoïa, on part donc en vacances l’esprit léger mais bien équipées. Hasta la vista !

Traduction : Virginie Dupont 

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