Les saisons s’enchaรฎnent, se ressemblent souvent, mais laissent une empreinte singuliรจre. Un show d’รฉmotion, une silhouette qui bouscule ou un nouveau talent รฉmergent : qu’est-ce qui nous a รฉmu ? Vivement l’hiver prochain.

Le meilleur des Belges (et assimilรฉs)

 

 

Marine Serre : l’avant-gardiste

En ouverture de cette fashion week, la jeune Franรงaise laurรฉate du prix LVMH en 2017, diplรดmรฉe de La Cambre, a livrรฉ sa vision mode d’un monde post-apocalyptique, secouรฉ par les dรฉfis environnementaux. Codes urbains revisitรฉs au laser phosphorescent, son dรฉfilรฉ a fait rรฉfรฉrence toute la semaine, par sa frondeur subversive maรฎtrisรฉe. Toute la review du dรฉfilรฉ, ici.

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

Y/Project : l’opulence Renaissance

 

 

Glenn Martens, le directeur artistique de la maison franรงaise devenue l’emblรจme de la Renaissance mode flamande, poursuit son histoire de rรฉinvention des volumes, passรฉe au filtre d’une excentricitรฉ moderne et dรฉsirable.

Il dit : “chaque piรจce de cette collection est un challenge de construction”. C’est aussi un dรฉfi aux conventions, avec des robes d’รฉtรฉ qu’on porterait sur la plage, mรชme si ce sont en rรฉalitรฉ des fourreaux en lamelles vernies ; des ensembles jupes/top en laniรจres de similicuir tressรฉes, des jupes ouvertes ร  doublure de fourrure, des robes de laines recouvertes d’un film de tulle. Cuissardes oversized (on frรดle les bottes de pรชche, ce qui est parfait pour attraper les petits poissons qui manqueraient d’imagination), et en guest star du dรฉfilรฉ, la chanteuse irano-hollandaise Sevdaliza en robe plissรฉe en faux-cuir et fausse-fourrure dโ€™inspiration Marie Tudor, mais elle รฉtait trรจs รฉveillรฉe.

 

 

Glenn Martens, invitรฉ du Pitti Uomo en janvier, offre une alternative au prรชt-ร -porter qui se marche sur l’ourlet : c’est le futur, si on n’a pas trop froid aux yeux.

 

 

Toutes les images :

 

Saint Laurent : la collection รฉpaulรฉe-sculptรฉe

 

 

Aux pieds de la Tour Eiffel illuminรฉe ร  20h pile pour l’occasion (du moins en avait-on l’impression), Anthony Vaccarello pour Saint Laurent poursuit sa mission d’empowerment des femmes, jouant sur la rigueur et la sรฉduction, en augmentant par exemple l’envergure des รฉpaules des vestes et des manteaux de 2 cm. Rรฉsultat : une silhouette redessinรฉe, dramatisรฉe, mais pas oversized. Du vinyle et des fourreaux en rappel ร  Betty Catroux, et une partie de la collection pensรฉe en hommage au parfum Opium, avec des accents orientaux et des broderies.

 

 

Bien sรปr, des piรจces trรจs “Anthony Vaccarello”, avec profusions de sequins, des lignes architecturales, des moulages de bustes dรฉmesurรฉs, des jupes ร  volants en cuir, et plus marquรฉs encore cette saison, des dรฉcolletรฉs dรฉcoupรฉs en forme de cล“ur ou de pรฉtales de fleurs. Le pouvoir vient du plexus, et la confusion des genres de vestes de costumes portรฉes en robe.

 

 

L’autre point saillant de ce show – et on ne parle pas des escarpins plates-formes, chaussures imaginรฉes pour que les jambes semblent encore plus interminables – รฉtait ce passage tout en plumes, comme dans la chanson de Zizi Jeanmaire, mais en phosphorescent dans le noir. Vestes en plumes de marabout, fluo, avec des brillants, au cas oรน on ne les aurait pas remarquรฉes dans la nuit. Un travail sur la rayure, trรจs annรฉes 80, dรฉclinรฉe en stabilo. Une robe qui nโ€™รฉtait quโ€™un gros nล“ud orange fluo ou un perfecto de serpent verni tachetรฉ ร  la main, on complรจte ces silhouettes de fรชte avec des petits bonnets brodรฉs de pierreries. Tout ce qui brille, le jour, la nuit.

 

 

Saint Laurent par Vaccarello nous passe de l’air sur les jambes, et s’il y a beaucoup de court, les idรฉes sont longues.

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Cรฉdric Charlier : les univers parallรจles (et superposรฉs)

 

 

Le crรฉateur s’inscrit dans une chaleur du Nord, dรฉploie les ailes de l’รฉpure “ร  la belge” en ornements merveilleusement valorisants sans trahir l’รฉpure de sa culture.

Les accessoires rรฉpondent ร  la Couture, chaque coupe est une rรฉflexion urbaine en rรฉponse ร  l’รฉlรฉgance. Cรฉdric Charlier dรฉvoie le cuir, le teint en camaรฏeu de bleu Mer (du Sud ?), il dรฉtourne l’androgynie en miracle de fรฉminitรฉ assertive. Les couleurs chaudes et glacis se rรฉpondent, et les asymรฉtries inventent une nouvelle silhouette. Les cuissardes n’en sont pas, guรชtres ajustรฉes ร  des souliers doublรฉs de bon sens, et les รฉcharpes en duvet molletonnรฉ nous protรจgent du commun.

Rien n’est “simple”, tout est รฉvident : discret et en perpรฉtuel recommencement, Charlier est un grand.

 

Images du dรฉfilรฉ :

 

 

Dรฉtails par Pierre Mouton :

 

 

Dries Van Noten : “Mignonne, allons voir si la rose”

 

 

Rose est une rose est une rose est une rose”. Gertrude Stein l’a รฉcrit dans son poรจme “Sacred Emily” en 1913, et Dries Van Noten l’a interprรฉtรฉ en collection รฉpurรฉe, pastel et subtilement brodรฉe de fleurs pour la saison prochaine. Une collection qui emballe au sens figurรฉ, et qui enveloppe dans son acception premiรจre. Ou le contraire.

Lignes fifties et tons naturalistes (mauve des fleurs de sous bois et chรขtains d’automne, gris nuageux, ardoise et รฉtain, fausse fourrure, dรฉcouvrez en images le processus de crรฉation de ces imprimรฉs picturaux :

https://vimeo.com/319713792/8665890bf8

 

 

 

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

Ann Demeulemeester : Sa vie en rose

 

 

Sรฉbastien Meunier, pour l’une des Maisons belges emblรฉmatiques, a invoquรฉ la plus extrรชme lรฉgรจretรฉ, structurรฉe en volumes architecturaux et soutenue par des brocards qui racontent une histoire. On retrouve les noirs et blancs iconiques de son identitรฉ historique, mais Ann Demeulemeester se pare de rouges provocants et de roses รฉloquents : cette collection est taillรฉe pour le plaisir. De s’exprimer, et d’admirer.

 

 

 

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

Olivier Theyskens : univers hors champs

 

 

Le crรฉateur atemporel poursuit son รฉcriture poรฉtique d’une histoire moderne de collections victoriennes, imaginant pour la saison prochaine des empiรจcements de vรชtements inspirรฉs ร  la fois des jarretelles et des gibeciรจres de cuir. Un romantisme exacerbรฉ, servi par des silhouettes dramatiques, pour des sorties spectaculaires.

 

Christian Wijnants : l’รฉmotion technicolor

 

 

Cette collection, c’est la lumiรจre dans l’hiver. Des couleurs fortes assumรฉes, traitรฉes en matiรจres rรฉconfortantes qui donnent du culot et de l’รฉlan. Les motifs rayรฉs barrent la route ร  la fatigue de saison, la fluiditรฉ ultra-fรฉminine s’accorde aux nouveaux accessoires chamarrรฉs, qui รฉvitent soigneusement l’รฉcueil de la facilitรฉ.

 

 

Vert bonbon et rose tendre, mauve รฉlectrique et bleu ciel, le total look en tricot rappelle les grandes annรฉes 70, et ajoute de la douceur ร  une dรฉsinvolture soignรฉe.

Silhouettes aux tons intenses et aux coupes anti-timiditรฉ, on plรฉbiscite la structure et on adopte sans discuter cette allure sans concessions, rien que des fleurs, par millions.


Toutes les images par Alberto Maddaloni :

 

 

A.F. Vandevorst : les essentiels

 

 

An Vandevorst et Filip Arickx ont dรฉveloppรฉ une collection fondรฉe sur leur identitรฉ premiรจre : le jeu de miroir des vรชtements, superposables et ร  la coupe irremplaรงable, avec une envie de Far West.

Des cow-girls impeccables, aux jupes de pied de poule colorรฉ anglais cรดtoient des Calamity Jane sans gรชne, portant des boots aux imprimรฉs zรจbre et serpent, auxquelles on n’a mรชme pas essayรฉ de rรฉsister.

Pour illustrer cette extrรชme fluiditรฉ des inspirations, le duo flamand quoique trรจs californien si on y rรฉflรฉchit bien, a collaborรฉ avec le photographe et cinรฉaste new-yorkais Steven Sebring, pour une matรฉrialisation en hologrammes de cette mode du futur incarnรฉe.

 

 

La mode est-elle un art ? Appliquรฉ sans doute, impliquรฉ certainement, et flirtant avec les nouveaux moyens de mixer les disciplines, obligatoirement… Le monde change, mais ร  un certain niveau, la mode l’a prรฉcรฉdรฉ.

 

 

 

 

 

Haider Ackermann : la rigoureuse simplicitรฉ

 

 

Souvent enclin ร  une sexyness dramatique et paradoxalement pudique, Haider Ackermann a livrรฉ pour l’hiver prochain une vision sophistiquรฉe de l’รฉlรฉgance structurรฉe.

 

 

 

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

Le meilleur des collections pour se distinguer

 

Lutz Huelle

 

Lutz Huelle : le streetwear hors codes du genre

Le designer allemand, rรฉcemment nommรฉ directeur artistique de la marque espagnole Delpozo, poursuit pour sa maison propre son exploration du cรดtรฉ “street” sans les codes du genre, avec la perfection de la Couture.

Une attention portรฉe ร  la libertรฉ de mouvement, et un art de la coupe. Un plaisir ร  dรฉtourner les piรจces de leur usage attendu, ร  l’image de son “bomber blanket coat”.

 

 

L’hiver prochain sera une fois encore l’expression de la philosophie issue de son expรฉrience intime : “Comme je voyage constamment, cette collection est nรฉe de lโ€™idรฉe de concevoir des vรชtements pratiques, sans quโ€™on voit quโ€™ils le sont. Des lignes sophistiquรฉes, mais pensรฉes pour รชtre faciles ร  adopter, et pour les adapter ร  la vie de tous les jours. Jโ€™aime lโ€™idรฉe de porter du beau dans des endroits communs. Cโ€™est par exemple le parti pris dโ€™un tissu froissรฉ permanent. Cette matiรจre ne sโ€™utilisait plus, mais cโ€™est si pratique ! On peut sโ€™asseoir des heures ou dormir dedans, รงa ne sera pas plus froissรฉ. Cette collection, cโ€™est lโ€™exceptionnel pour allumer le quotidien, avec le confort de la capuche de hoodie, et lโ€™enveloppement des capes. Cโ€™est lโ€™anti-รฉtriquรฉ du quotidien. Le vรชtement doit suivre la vie des gens, mais ne doit pas รชtre fade : le beau, le glamour, le sexy doivent รชtre accessibles ร  chaque heure de notre vie.”

 

Toutes les images :

Rochas : le retour aux sources

 

 

 

Streetwear en filigranes mais lignes Couture impeccables, la Maison franรงaise a dรฉclinรฉ les tissus prรฉcieux (Chantilly, tulle, soie et organza) en silhouettes รฉpurรฉes pour tous les moments de la journรฉe.ย  Cette collection revendique l’intemporel chic, dans des tons sombres et รฉlรฉgants, รฉclairรฉs d’un รฉclat de rose (aux joues).

 

 

Les volumes gonflent, les jupes s’ouvrent, et on ne s’est toujours pas remises des cuissardes-collants, flamboyante sรฉduction qui s’extrait d’une allure trop sage pour รชtre premier degrรฉ. Si on ne devait retenir qu’une idรฉe forte de ce dรฉfilรฉ : cultiver le feu sous la glace, en vernis sexy et l’air de ne pas y toucher.

Toutes les images :

 

Balmain : droit dans les annรฉes 80

 

 

Cloutages, transparences plastifiรฉes, รฉpaules ร  angles droits et jeans drapรฉs : Olivier Rousteing, lโ€™ultra-mรฉdiatique directeur artistique de Balmain aux 5 millions dโ€™abonnรฉs Instagram, installe l’allure emblรฉmatique dโ€™une silhouette rock ultra-structurรฉe aux accents militaires. Le designer conรงoit des armes de sรฉduction massives destinรฉes ร  des amazones modernes qui nโ€™ont froid ni aux yeux, ni ailleurs.

 

 

L’hiver prochain, Balmain reste thรฉรขtrale, avec des manches comme des ailes asymรฉtriques, des robes ร  pointes punks et des plumes “cabaret”, hommage aux iconiques divas des dรฉfilรฉs-spectacles qui marquรจrent un clivage entre lโ€™รจre des ยซ couturiers ยป, et celle des ยซ directeurs artistiques ยป.

 

 

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

Issey Miyake : gรฉnรฉration pixels

 

 

Quand les effets d’optique s’appliquent ร  la fois aux mouvements des piรจces – le plissรฉs se croise et devient trompe l’oeil cubique – et aux motifs : les patchworks vibrionnent, et les fans de couleurs mixรฉes respirent.

 

 

 

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

 

https://vimeo.com/isseymiyake/review/320853956/3a18034633

 

Dior : ร  nu

 

Photo Adrien Dirand

Nouvelle saison pour le fรฉminisme stylisรฉ de Maria Grazia Chiuri, qui a dรฉclinรฉ le thรจme british-punk en rappel aux nouveaux codes de l’anticonformisme : subculture et luxe mรชlรฉs, pour rรฉpรฉter qu’on peut dรฉcliner plusieurs messages et mener autant de vies qu’on le veut. Le dรฉcor ? un abรฉcรฉdaire du corps fรฉminin. Pour lire, relire ou รฉcrire notre roman.

Tous les dรฉtails du dรฉfilรฉ, ici.

 

 

Thom Browne : les trompe-l’oeil

 

 

Ses dรฉfilรฉs sont des performances oniriques ou provocantes – les deux quand on a de la chance. Cette saison, Thom Browne a prรฉsentรฉ sa collection sous forme de scรฉnographie de vie de bureau surrรฉaliste et cadencรฉe, entre dรฉlire monthy pythonesques et imagerie futuriste du Wall des Pink Floyd.

Le designer amรฉricain a dรฉtournรฉ les codes du vestiaire de banquiรจre (tendance 16รจme graffรฉe-rapiรฉcรฉe), en tailleurs imprimรฉs, renversant son message statutaire. Une rรฉbellion cousue de fil blanc.

 

 

 

(Photos : Etienne Tordoir / Catwalk Pictures)

Les shows plus attendus de la saison

Chanel : l’hommage ร  Karl

 

Photo Olivier Saillant

 

Ce ne sera sans doute pas le dernier. Mais lors du dรฉfilรฉ Chanel automne/hiver au Grand Palais, une minute de silence rompue par une minute d’enregistrement de souvenirs de Karl Largerfeld ont matรฉrialisรฉ l’รฉmotion qui planait sur le village de ski reconstituรฉ sous la coupole du monument parisien.

Tous les dรฉtails, ร  lire ici.

Peu aprรจs la disparition du designer, les ventes sur le site de sa marque รฉponyme ont explosรฉ, ainsi que les enchรจres sur les plateformes de seconde main, Vestiaire Collective, spรฉcialisรฉ dans les produits de luxe, notamment. Les crรฉations du crรฉateur allemand pouvaient-elles รชtre encore plus collectors ? Ce n’est qu’un dรฉbut, et pour la maison Chanel, le dรฉfi de l’รฉcriture d’une nouvelle page de son histoire.

Celine : le retournement de situation

 

 

La saison derniรจre, le premier dรฉfilรฉ d’Hedi Slimane pour Celine avait partagรฉ. ร‡a tombait parfaitement, mais un peu trop comme du Saint Laurent. C’est peu dire que cette fois, presse et acheteurs attendaient le studio de crรฉation au tournant. Personne n’a รฉtรฉ dรฉรงu : mannequins descendant sur le podium dans une vitrine illuminรฉe, activรฉe par un invisible bras mรฉcanique, le ton รฉtait donnรฉ : cette collection a รฉtรฉ pensรฉe pour รชtre portรฉe, pas indรฉfiniment commentรฉe.

Accents littรฉralement bourgeois-bohรจme, rรฉfรฉrences seventies et “chic Madame” version urbaine sexy, toutes les femmes croisรฉes ร  la sorties du dรฉfilรฉs s’esbaudissaient. Infaillible baromรจtre.

 

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Le Nina Ricci de Lisi et Rushemy

 

 

Le couple de crรฉateurs – ร  la ville comme au studio – prรฉsentait sa premiรจre collection pour Nina Ricci. Un monument de la Couture franรงaise confiรฉe ร  deux jeunes trentenaires surdouรฉs. Rushemy Botter est diplรดmรฉ de l’Acadรฉmie d’Anvers, sa compagne de l’รฉcole de mode d’Amsterdam, et ils ont remportรฉ ensemble en 2018 le Grand Prix du Festival d’Hyรจres.

Leur propos invite chacun ร  prendre ses responsabilitรฉs face ร  la surconsommation et aux dรฉfis รฉcologiques. Un postulat nรฉcessaire, qui s’est traduit dans leur dรฉfilรฉ par une รฉpure sophistiquรฉe, une parfaite maรฎtrise du “flou” (les piรจces souples et vaporeuses), une interprรฉtation moderne du luxe qui se dispense de blinguer.

Transparence du tulle face aux drapรฉs rigoureux qu’on ne demande qu’ร  s’approprier en fonction de notre sensibilitรฉ, leur coup d’essai est un coup de maรฎtre. Spectaculaire dans la forme, humble dans le fond. La nouvelle gรฉnรฉration Ricci est riche.

 

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