10 bonnes façons de faire des économies pendant les soldes

Mis à jour le 29 juin 2018 par Elisabeth Clauss
10 bonnes façons de faire des économies pendant les soldes

Comment gérer cette période d’euphorie où une paire de cuissardes en peau de dragon vous paraît soudain indispensable alors que vous aviez juste besoin de chaussettes ? Avec détermination. A épargner sans mérite, on claque sans gloire.

1 - Ne visez que des boutiques chères

En matière d’économie, il convient d’avoir de l’ambition. Tous les ministres des finances vous le diront. On ne va pas bondir de joie parce qu’on a obtenu une ristourne de quinze euros sur une jupe, même en coton fairtrade, dans le mass market, alors qu’on peut économiser jusqu’à mille boules sur une seule robe portefeuille en cuir faite main soldée à 50% dans une enseigne de luxe. Les gens ne réfléchissent plus…

2 – Préparez une liste de vos besoins

Puis laissez-la à la maison. Ce dont vous avez vraiment besoin, vous le commanderez sur Internet. Les soldes sont un formidable exercice d’ouverture d’esprit : on n'achète que des trucs auxquels on n’aurait jamais pensé avant. Un nuisette en dentelle turquoise, une blouse oversize bouffante en toile parachute, un trench en vinyle ? N’envisagez pas ce que ça vous coûte, mais ce que ça va vous rapporter : le respect de vos amis tristement conventionnels qui se demanderont dans votre dos, par modestie « Mais comment ose-t-elle ? » La jupe crayon et le jean bleached que vous pensiez indispensables paraissent soudain bien mainstream. Voilà encore environ deux cents euros d’économisés, continuez comme ça.

3 - Ne mangez rien de la journée

Le calcul est simple : un lunch + une boisson + un desserts pris sur le pouce dans un piège à touristes = le prix d’une paire de compensées en cuir nude et talon rouge. S’alimenter pendant les soldes est une notion surfaite, surtout quand on considère que le ventre vide, vous fermez un jean 38. L’hypoglycémie aidant, vous commettrez des achats déraisonnables, comme une énième sac seau fabriqué en France par un sellier célèbre. Alors que digérer une pita avalée en fendant une foule dense un samedi de janvier, peut-être le seul où il ne tombera pas des hectolitres de glace liquide, pour ramener trois culottes en coton blanc à -20%, on est d’accord que c’est utile, mais si futile.

4 – Etablissez un budget

Que vous plafonnerez très haut, douze mille euros, pour vous remonter le moral en réussissant l’exploit de ne pas le dépasser. Sur le terrain, l’idéal est de ne partir qu’avec du cash, même si le fait d’obtenir des vêtements réels avec de l’argent virtuel continue de vous faire l’effet d’un petit miracle. Un bon truc pour vous constituer une réserve qui ne grèvera pas votre épargne retraite : à chaque fois que vous faites vos courses, retirez à la caisse de quoi obtenir à peu près un chiffre rond. Par exemple, si vous en avez pour 42,50 euros, demandez-en dix de plus, et glissez-les dans une enveloppe. Vous ne le sentirez pas trop passer sur le coup, mais vous serez surprise du montant après quelques mois. Sans compter que grâce à cette méthode artisanale, bien malin sera le conjoint qui pourra dire exactement combien vous avez flambé.

5 – Préparez-vous comme pour une opération militaire

C'est-à-dire avec l’équipement ad hoc : bottes compliquées à lacer, pantalon slim qu’il faut quarante minutes pour passer aux chevilles, et chemisier à boutonnage inversé. Pourquoi ? Pour vous décourager de vous déshabiller quinze fois dans la journée, pardi ! N’en déduisez pas qu’il faut acheter sans essayer (deuxième cause d’argent jeté par la fenêtre pendant les soldes, juste derrière la dismorphophobie qui vous fait encore craquer pour une mini robe moulante en sequins rouges alors que vous êtes enceinte de huit mois). Etablissez un plan d’attaque de votre boutique favorite, celle où les vendeuses vous tutoient (mais c’est parce qu’elles sont payées à la commission). Commencez par envoyer un espion en repérage une semaine à l’avance (votre mère), puis un trouble-fête qui fomentera une révolution anti-capitaliste depuis les cabines (votre belle-mère), et présentez-vous le jour J en pacificatrice. On vous fera un prix de gros, pour peu que vous débarrassiez les rayons de trois palettes de stock et de votre famille.

6 - Faites des achats groupées

C’est-à-dire, avec vos copines. En matière de shopping, les conseilleuses sont aussi les acheteuses. Lorsque vous aurez toutes les quatre jeté votre dévolu sur le même jean surteint doré et que vous aurez constaté que seule la plus famélique d’entre vous n’a pas l’air du pot d’échappement du hummer de Karl Lagerfeld en l’enfilant, vous bénirez vos amies de vous avoir aidée à réfréner vos pulsions. En outre, vous perdrez tellement de temps à vous attendre les unes les autres, un faux air de bienveillance tatoué sur le visage alors que vous écumez de ne pas pouvoir enchaîner les magasins à cause de ces boulets, qu’au moment de la fermeture, vous n’aurez que deux petits sacs en main.

7 – Soyez altruiste

Rhabillez vos enfants pour cet été et le printemps prochain, rapportez à votre homme cette veste en maille lilas à coudes renforcés Liberty dont il rêvait, offrez à votre meilleure amie ce serre-tête incrusté de pierreries à -50% dont elle parle depuis des mois, et de façon générale, entasser les futurs cadeaux que vous apporterez aux nombreuses invitations qui pleuvront toute l'année. Vous aurez ainsi investi dans vos bonnes relations avec votre entourage éperdu de reconnaissance – qui sème du brole en promotion récolte plus d’étrennes – et tout ce que vous avez dépensé aujourd’hui, vous n’aurez plus à le sortir demain.

8 – Arrêtez de ne penser qu’aux vêtements

C’est vrai à la fin, c’est quoi cette obsession ? D’abord, une robe ultra longue en mousseline supiquée de fleurs tissées à la main, c’est pas des fringues, c’est de la mode. Des baskets Yeezy en série limitée, c’est pas des accessoires, c’est un moyen de transport. Ensuite, les soldes sont aussi l’occasion de faire de substantielles économies sur des objets de déco et du gros mobilier. Sur le coup, ça fait comme un trou sur le compte en banque, mais ça remplit le salon. Bilan : économie d’espace à aspirer.

9 – N’avouez JAMAIS

A la façon d’un trader véreux, commencez par nier, puis accusez quelqu’un d’autres (la vendeuse, par exemple). Enfin, amoindrissez. Les choses ne sont que ce qu’on croit qu’elles sont. Les centrales nucléaires ? Sûres et écologiques. L’économie ? Maîtrisée. Les OGM ? Salvatrices pour nourrir toute la planète. Vous voyez, non seulement tout va bien, mais en plus l’écran de fumée des convictions marketées compose un matelas moelleux à vos angoisses bâillonnées. Appliquez le principe à votre dressing, au moment où vous escamotez le ticket de caisse du sac dont vous extrayez une étole en toile d’araignée de cachemire tellement subtile que même Raf Simons la prendrait pour une couverture de survie : votre mari vous croit quand vous dîtes qu’elle a coûté trente euros ? Vous en avez économisé cinq cents dans son esprit. C’est tout ce qui compte.

10 - Faites une brocante avant. Et après.

Avant, c’est pour avoir une idée claire de ce qui vous manque pour que chaque pièce de votre placard soit coordonnable avec les autres. Vos achats peuvent être impulsifs, du moment qu’ils sont intelligents. Comme vous. Quand vous vous serez allégée des 18 pulls en angora dont vous bouffez les poils quand vous les enfilez, quand vous vous serez débarrassée des 4 salopettes en jean qui vous font des hanches comme un couloir de bus, et que vous aurez largué les 12 chemises d’hommes de votre crise boyish qui vous font une silhouette de thonier, que tout cela vous aura rapporté 34 euros (soit le millième de ce que vous les avez payés), après une journée à périr d’ennui sous la drache et les quolibets des passants, vous aurez moins de scrupules à racheter de belles pièces intemporelles. Et quand vous réaliserez au retour des soldes que vous avez encore dérapé, refaites une brocante pour vous donner bonne conscience. On ne va pas faire l’économie de la spiritualité, non plus.

Illustrations : Valentin de Port