Smokings de fêtes pour pépettes

Mis à jour le 13 janvier 2019 par Elisabeth Clauss
Smokings de fêtes pour pépettes

Pour  les Magritte du cinéma belge le 2 février ou pour un premier rencard de Saint Valentin - autant être claire tout de tout de suite sur qui porte le pantalon - longtemps l’apanage des hommes, symbole de luxe et d’influence, le smoking change de mains. Comme le pouvoir.

On est plus à l’aise en costard qu’en fourreau. Elégant, fonctionnel et sexy, le smoking a été interprété au féminin pour la première fois au cinéma en 1930, par Marlene Dietrich dans « Morocco ». La révolution androgyne a commencé avec une veste à revers de satin de soie et un pantalon à bande portés avec une chemise blanche. Il faudra ensuite attendre les années 60 pour qu’Yves Saint-Laurent « démocratise » ce vêtement statutaire, en brouillant les codes genrés.

Puisque le clivage masculin/féminin s’étiole

et que les nouvelles générations ne définissent plus leur rôle social en fonction de leurs chromosomes, le vestiaire militaire étant largement passé du vocabulaire viril aux contingences girly, il était temps que le costume suive, et pas seulement sur les stars de cinéma aux remises des oscars. Cette saison, le smoking est partout, avec rigueur et satin, conférant autorité aux femmes libres qui le conjuguent avec séduction.

Pour démocratiser cet attribut de pouvoir

les Belges Allison Mc Greal et Marc Gysemans ont lancé A/MG Suits, des costumes en création semi-mesure à prix ajustés, eux aussi. L'idée? Offrir un produit fabriqué façon « tailleur », adapté à chaque client, avec un service exclusif et personnalisé, à un prix abordable.

 

Smokings de fêtes pour pépettes - 1
A/MG Suits

 

Allison Mc Greal décode cette pièce de niche : « ce qui m’intrigue avec le costume, c’est son caractère obligatoire dans certains domaines professionnels. Les gens ont le choix entre s’offrir du sur mesure – mais tout le monde n’y a pas accès – et un prêt-à-porter de moindre qualité. Ça a été le point de départ de mon envie de proposer une alternative qualitative et transparente. Pour les femmes, j’ai voulu faire du costume un habit de super-héros. Pour beaucoup de femmes, le costume représente un argument d’autorité vis-à-vis de leurs homologues masculins, et un boost à leur confiance. Pour les femmes, le smoking est devenu un élément d’égalité, la suite logique d’une évolution sociologique ».

 

Smokings de fêtes pour pépettes - 3
A/MG Suits

 

Cette saison, Paul Smith qui excelle dans l’art d’accommoder les couleurs a lui aussi choisi entre « smoking or not smoking » : « quand j’ai commencé à concevoir des vêtements pour femmes, c’était motivé par la demande de clientes qui n’avaient d’autre choix que de porter des pièces du vestiaire masculin après avoir vu le travail de stylistes comme Grace Coddington, qui photographiaient régulièrement des vêtements pour hommes dans Vogue. Depuis le début, j’ai porté un regard masculin sur mes collections féminines. Cette ligne de smoking s’inscrit dans l’air du temps, car on observe une augmentation notable du nombre de femmes portant des costumes sur les tapis rouges, et je pense que cela reflète les mouvements sociétaux des douze derniers mois ».

 

 

Alors le smoking, #youtoo ?

 

Christian Wijnants

 

« Je m’habille pour l’image. Pas pour moi-même, par pour le public, pas pour la mode, pas pour les hommes ». Marlene Dietrich

 

Natan Collection