La cosmétique éthique est-elle vraiment possible ?

Publié le 24 avril 2018 par Marie-Noëlle Vekemans
La cosmétique éthique est-elle vraiment possible ?

Tests sur les animaux, pollution et destruction de l’environnement, exploitation humaine... En 2018, il est toujours possible de fermer les yeux mais pas de dire que l’on ne savait pas. Acheter des cosmétiques éthiques : perspective ou utopie ?

Derrière les jolis packagings de certains produits de beauté se cachent des vérités pas toujours belles à voir. Pourtant, le changement est en marche. Et il s’accélère. La nouvelle génération, Internet et les réseaux sociaux y sont pour beaucoup.

Hilary Jones, directrice de l’éthique chez Lush et activiste se réjouit des progrès actuels : « Aujourd’hui, et depuis quelques années déjà, la communication au public sur ce qui se passe dans les usines et les laboratoires est plus facile, plus rapide et plus massive. Notamment grâce à la diffusion de photos et vidéos sur les réseaux sociaux. Par exemple, les tournages en caméra cachée sont devenus bien plus simples à réaliser. On filme, on poste et en quelques heures, ça peut devenir viral et toucher des milliers de personnes. »

C’est quoi un cosmétique éthique ? 

« C’est compliqué parce que c’est beaucoup de choses à la fois. Il y a toutes sortes d’éthique. Pour les fondateurs de Lush, ça commence avec la base du produit, à savoir les ingrédients, comment ils sont plantés, où, comment sont traitées les personnes qui les cultivent, quid du transport, de la transformation en produit fini, du packaging, de la distribution et même de ce qui est fait avec l’argent ­résultant de la vente. Lush est une marque engagée et nous contrôlons régulièrement l’ensemble de nos filières pour nous assurer que nos valeurs sont respectées. Nos critères sont stricts. Nous ne vendons pas nos produits dans les pays qui pratiquent les tests sur les animaux et si un de nos fournisseurs vend un ingrédient (que nous n’achetons même pas) à une autre marque qui pratique les tests sur les animaux, nous cesserons de travailler avec lui. Au-delà de ça, je ne pense pas que le produit 100 % éthique existe car il y a toujours quelque chose à améliorer. Le challenge est de s’assurer que nous sommes toujours à la pointe de ce qui se fait en termes d’innovation green. » 

Concernant les tests sur les animaux, c’est une question de mentalité plus que d’argent 

« Le problème est que les scientifiques ont toujours fait comme ça. Mon espoir est que la nouvelle génération de chercheurs va tout simplement refuser de perpétuer ce genre de pratiques cruelles. Il va devenir de plus en plus difficile de trouver des jeunes qui se moquent du sort réservé aux animaux. D’autant plus que des alternatives existent ! »

Comment le consommateur peut-il faire bouger les choses ?

« Le pouvoir du consommateur est son argent. Chaque euro dépensé a son importance. Acheter un produit testé sur les animaux c’est envoyer un message à la marque et lui dire : ce que vous faites est O.K. pour moi. Or, ça ne l’est pas. Les labels peuvent aider à savoir ce que l’on achète et surtout, il ne faut pas hésiter à poser des questions via les réseaux sociaux, à interpeller les marques. S’ils ne veulent pas avoir l’air stupide, il va falloir qu’ils vous répondent. Le changement vient de la sphère privée, jusqu’à devenir un phénomène de société que les politiques et les industriels ne pourront plus nier. »

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